Il y a un peu plus d'une année, la secrétaire d'Etat américain Condolezza Rice déclarait à la face du monde que les livraisons d'armes pour le Proche-Orient allaient atteindre 46 milliards d'euros au cours des dix prochaines années dont 30 milliards de dollars pour le seul allié dans la région : Israël. Un allié qui n'a jamais signé le Traité de non-prolifération des armes conventuelles et qui compte parmi son arsenal de guerre plus de 200 ogives nucléaires. En 2008, Israël est passée premier pays militarisé dans la région du Proche-Orient. L'Etat hébreu, client et fournisseur d'armements, consacre une part de plus en plus importante de son budget à l'industrie militaire. Durant l'année 2008, il a réservé pour son budget défense environ 12 milliards de dollars dont 2,4 milliards de dollars proviennent de l'aide américaine. Une étude du Congressionnal Resarch Service (CRS) américain montre que pendant les années 1997 à 2004, Israël a acheté pour un total de 8,4 milliards de dollars de fourniture d'armes dont 7,1 milliards uniquement des USA soit 84,5% du total des achats. Fort du soutien actif des Etats-Unis, Israël est devenu d'office le bras armé des Etats-Unis par la grâce de la Foreign Military Finacing (FMF) qui consacre annuellement à Israël des subventions. Une manne conditionnée par une loi américaine qui impose que 47% de ces subventions doivent servir à la dépense militaire faisant de la sorte de l'Etat d'Israël une puissance potentiellement dévastatrice dans une région maintenue comme un marché porteur pour écouler toute la production militaire pourvoyeuse de plus-value économique pour le premier fournisseur américain et laboratoire d'essais à ciel ouvert dans lequel rivalisent américains et israéliens. En Irak, les USA ont testé les F16. Le Sud-Liban a servi à Israël en 2006, pour tester avec fierté les missiles Delilah, pouvant être lancés des airs, du sol ou de la mer. A Ghaza, l'armée israélienne est toute aussi fière de faire des essais sur la population, de sa dernière acquisition américaine : les bombes GBU 39 à l'uranium appauvri. Début décembre dernier, Israël entre en guerre au lendemain des premières livraisons de 1000 GBU 39 acquises trois mois plus tôt. Au moment où Ghaza comptait ses premières victimes, l'armée israélienne appréciait avec cynisme et arrogance la précision de frappe de ces bombes utilisées contre des cibles souterraines et des tunnels sur la frontière égyptienne. La violence des attaques ce premier samedi de guerre leur est essentiellement due. Ce n'est pas tout. Le stock des armes à fragmentation est également mis à contribution par Israël dont l'industrie militaire à la pointe de la technologie comme le confirme l'intensité du pilonnage dans le ciel de Ghaza, par les drones également made in Israël. Avec une population ne dépassant pas les huit millions de personnes et une position encore instable dans la région, Israël entre dans la course à l'armement pour prouver une supériorité vis-à-vis du monde mais surtout comme solution de change pour assurer sa sécurité constamment menacée. Israël est devenu le quatrième exportateur mondial d'armes, derrière les Etats-Unis, la Russie et la France. En 2007, les ventes d'armes légales ont rapporté plus de 5 milliards de dollars. Désorientés par l'incertitude économique actuelle, les maîtres du monde, s'embarquent dans l'aventure militaire, les armes auront plus de chances de se vendre contrairement aux véhicules, les avions civils, l'acier et même le blé. Les ingrédients dans la région du Proche-Orient ne manquent pas, facilitant l'entrée en scène du complexe militaro- industriel, étouffé par l'effet de la crise économique. Où vendre son arsenal de guerre, devient la solution par excellence à une crise sans précédent et l'expression prononcée d'une suprématie qui tient à cœur les puissants de ce monde. La guerre devient l'alternative. Plus qu'un porte-voix, Israël est devenu l'instrument de pression américaine dans la région. Mais pas seulement puisque à l'intérieur même des territoires américains, le groupe sioniste AIPAC s'est constitué ces dernières années en force de pression redoutable pour chapeauter la défense des intérêts du complexe militaro-industriel américain et par conséquent influer sur la politique étrangère des Etats-Unis. Ainsi le lien israélo-américain prend de la consistance avec les sous des géants de l'industrie américaine, il revenait aux politiques de trouver les marchés pour écouler la production des géants de l'armement américains concentrés entre les mains de six sociétés dont Lockheed-Martin, Boeing, Northrop-Grumman, Raytheon, General Dynamics et United Technologies qui, pèsent de tout leur poids dans les équilibres macroéconomiques américains. Ces sociétés totalisaient 500 000 emplois en 1993, sous l'effet de la concentration des six, le nombre total d'emplois a augmenté à 800 000 personnes actuellement. Dans une économie où le taux de chômage est en chute drastique soit 9,2%, les sociétés de l'armement se présentent comme une issue salutaire. Pour se faire, l'Administration américaine ne lésine pas sur les moyens pour prêter main-forte afin d'opérer des débouchés. Le recours à l'industrie de l'armement reste la solution américaine à tous toutes ses difficultés. En l'espace dix ans, le nombre des fabricants d'armes a été multiplié par dix maintenant dans un rythme croissant des exportations. Une guerre à Ghaza, c'est aussi une possibilité, par la vente d'armes pour éponger le déficit causé par la guerre en Afghanistan et en Irak et qui a coûté globalement 6 000 milliards de dollars. Ceci en plus de la dette américaine qui s'évalue à 3 trillions de dollars faisant triste mine devant les 14 milliards de dollars enregistrés au titre du PIB de 2007.