Militant secrètement jusqu'en 1946, il se porta lors des préparatifs des élections législatives et fut élu député de 1948 à 1953. Parmi les 120 députés, treize seulement étaient algériens, le reste des Français «pieds noirs» représentant l'Algérie. Avec lui, siégeaient Larbi Demagh El-Atrous, Ben Khedda et bien d'autres. En 1952, la révolution égyptienne éclate. Le Maghreb est en ébullition. Mustapha Ferroukhi édite un journal en langue arabe, la Voix du peuple et en 1954, en collaboration avec cinq rédacteurs, il édite la Nation algérienne. Tout ses amis militaient dans l'organisation secrète. Après six mois de parution, le journal est confisqué. C'était en novembre 1954, au début du déclenchement de la Révolution algérienne. Mustapha Ferroukhi et ses amis sont jetés en prison. A sa sortie, en 1955, il reste trois mois en résidence surveillée à Miliana. Défiant l'autorité française, il formait politiquement en compagnie de Souidani Boudjemaâ, les futurs combattants de l'ALN dans les régions du Zaccar, d'Amrouna et d'Ouled Cheikh. Emprisonné encore une fois pour actions subversives, il s'évade de prison en février 1956 et se rend à Alger, où il milite secrètement. En février 1957, il reçut l'ordre de partir en France, car il était recherché mort ou vif, et son portrait était affiché sur tous les murs de la capitale. Une nuit, un message français à destination du Pas-de-Calais. Habillé en marin et avec la complicité de certains patriotes, il est introduit au sein de l'équipage. Désigné pour activer hors du pays, il reçoit l'ordre de regagner Tunis via l'Italie. En soutane, il réussit à passer la frontière et arrive à destination dans les bureaux du GPRA en 1959. Discret, peu bavard et très méticuleux, il était une intrigue pour les correspondants de presse étrangère. Ils ignoraient sa réelle fonction, jusqu'au jour où l'ambassadeur de Chine au Caire, reçoit l'accord de son pays pour l'échange de missions diplomatiques avec l'Algérie. Krim Belkacem, membre du GPRA et ministre des Affaires étrangère propose Mustapha Ferroukhi en qualité de responsable de la mission diplomatique algérienne à Pékin. Pendant son séjour au Caire, il s'est rendu en Chine, puis au Vietnam avec la délégation de la jeunesse algérienne et en Yougoslavie où il a assisté au congrès socialiste. Le 13 août 1960, il décolle du Caire à destination de Pékin, mais le sort a conclu autrement. Le 17 août, survolant la région de Kiev (URSS), l'avion explose et Mustapha Ferroukhi disparaît avec sa femme et ses trois enfants. La rescapée de Zoulikha, son quatrième enfant n'était pas du voyage. Pour cet anniversaire, le musée Emir-Abdelkader de Miliana organise une grande exposition qui retrace la vie militante de Mustapha Ferroukhi. En fouillant dans les archives, nous avons trouvé quelques extraits du quotidien égyptien El Goumhouria du 12 août 1960 : «Pourquoi vous accuse-t-on d'être l'homme des complots ?» «C'est vrai, je suis l'homme des complots, mais contre qui ? Contre le colonialisme français et contre l'impérialisme occidental qui lui fournit armes et finances pour nous combattre.» «Comment comptez-vous obtenir la paix en Algérie ?» «La paix sera obtenue par deux choses : les armes et la solidarité arabe et afro-asiatique.»