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Burn-out, stress, TMS, RPS… du travail, j'en ai plein le dos !
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 18 - 06 - 2015

Les risques psychosociaux (RPS) du travail sont la première cause des arrêts maladie en Europe. Le travail, c'est la santé…
Burn-out, stress, risques psychosociaux, syndrome d'épuisement professionnel, troubles musculo-squelettiques (TMS)… dans les médias français et européens, innombrables sont les reportages, articles, numéros spéciaux, tout comme sont nombreux les livres publiés qui traitent de toutes les «affections psychophysiques liées au travail».
Le phénomène est aussi important que nouveau : la plupart des termes techniques utilisés pour désigner ces nouvelles formes de souffrance au travail étaient inconnus du grand public, voire d'un public plus averti, il y a à peine deux décennies. A peine évoquait-on le stress au boulot ou les dépressions liées aux conditions de travail. Les intellos parlaient d'aliénation. Mais jusque-là, la souffrance au travail était quasi essentiellement physique.
C'était, dans la conscience de tous, l'accident du travail (680 000 /an), la chute d'un ouvrier du bâtiment ou la brûlure d'un soudeur ou les maladies professionnelles (55 000) comme les cancers (radioactivité, amiante…) ou la silicose du mineur. Ces souffrances physiques existent toujours mais les efforts réels de prévention ont permis souvent de réduire notablement les causes de mortalité ou de maladies.
Toutefois, les salariés continuent d'être malades en nombre, frappés de nouvelles affections. Quelle est aujourd'hui la 1ère cause des arrêts maladies en France ? Ce n'est ni la grippe, ni la blessure sur le lieu de travail, ni l'accident de vélo sur la route du boulot : le stress est aujourd'hui la 1ère cause d'arrêt maladie en Europe avec 30% des ordonnances. Ce qu'on appelle les affections psychosociales (dépression, lassitude, épuisement…), psychiques donc, sont aujourd'hui la conséquence de ce que l'on appelle plus généralement les «risques psychosociaux» qui viennent menacer la santé des salariés et des actifs. Les diverses maladies qui en découlent fournissent les gros bataillons des malades du boulot.
QUAND LE TRAVAIL MONTE A LA TETE…
Bien évidemment, on pourra faire remarquer qu'avant et encore aujourd'hui, le travail est souvent difficile ou dangereux, voire douloureux. Ce n'est pas pour cela que nos pères ou nos mères se mettaient en arrêt de travail, pour dépression !
L'étymologie du mot même de «travail» est issue d'un instrument romain… de torture ! Le «tripalium» était utilisé dans la Rome antique pour punir les fautifs qu'on accrochait, un peu ou longtemps, à un instrument à trois pieux. Et le mot «travail» décrit également les souffrances de la femme qui est en train d'accoucher…
Au travail, les paysans souffrent de l'effort physique, du froid, de la pluie, de la chaleur. L'ouvrier à la chaîne répète à l'infini les mêmes gestes dans le bruit et souvent dans des températures extrêmes. Dans les bureaux, la sténo-dactylo n'est pas mieux lotie dans la répétition des tâches, sur des plateaux qu'elle partage avec des dizaines, voire des centaines de consœurs.
La souffrance est donc, de tous temps, liée au travail. Oui mais voilà, la souffrance au travail change parce que le travail est en train de changer.
Jusque dans les années 30, la France était majoritairement rurale et les petits agriculteurs formaient en nombre la 1ère profession. Aujourd'hui on ne compte plus guère que 500.000 exploitants agricoles pour une population de 66, 5 millions d'habitants et d'environ et d'environ 29 millions d'actifs (dont 2,9 millions de chômeurs).
La classe ouvrière dont on a souvent dit, à tort, qu'elle était en train de disparaître représente toujours un (1) actif sur quatre : 6 millions aujourd'hui contre 7 millions dans les années 60. Mais les ouvriers sont devenus quasi invisibles dans la France «moderne». Selon le «Baromètre de la diversité à la télévision» paru en juillet 2011, les ouvriers qui sont 12% de la population ne représentent que 2% des personnes «vues» à la télévision, reportages ou fictions, toutes catégories de programmes confondus. Alors que les cadres supérieurs qui ne constituent que 5% de la population, en représentent 79%...
Le taux d'emploi dans les services est passé de 50% des actifs en 1975 à 75% de nos jours, le nombre de cadres de toutes catégories, a explosé : 16% des actifs contre 4% il y a cinquante ans. Bref, de plus en plus de cols blancs.
PRODUCTIVITE, PRODUCTIVITE !
Dans les bureaux comme dans les usines, le travail a beaucoup changé. Depuis la longue crise ou plutôt succession de crises qui a suivi le 1er choc pétrolier des années 70, règne un maître mot : la productivité. En d'autres termes, le meilleur retour sur capital investi dans le minimum de temps. Les nouvelles technologies, l'ordinateur et le téléphone, hier, l'internet, la téléphonie mobile et les «objets connectés» aujourd'hui ont permis d'accroître fortement la productivité horaire, en d'autres termes, l'argent que rapporte le salarié en une heure. Petite surprise, même avec les 35 h et les congés payés compris, la France syndiquée et râleuse est au 4ème rang mondial en matière de rendement productif.
Les nouvelles technologies facilitent le travail de l'ouvrier, du cadre ou de l'employé. Elles ne manquent pas d'avantages : pour l'ouvrier, la tâche, parfois robotisée, est moins pénible, l'effort physique moindre. Pour l'employé ou le cadre, les NTIC, nouvelles technologies d'information et de communication, suppriment des tâches astreignantes ou des corvées (récriture et calculs de colonnes de chiffres par exemple), elles permettent d'aller vite et plus sûrement. Mais ces NTIC ont aussi leurs revers. Si elles facilitent le boulot, elles peuvent l'intensifier de façon quasi géométrique. Elles permettent également de surveiller étroitement l'actif dans la réalisation de son travail. La connexion des ordinateurs d'une entreprise permet de contrôler en temps réel les tâches de chacun. Les messageries internet des sociétés rendent éventuellement transparents pour la direction de l'entreprise, tous les mails de ses employés (y compris leur messagerie perso) et le téléphone portable gentiment proposé permet théoriquement de connaître 24h sur 24 votre positionnement géographique précis (à 1 mètre près !), dans et hors de l'entreprise, pendant le temps de travail et au-delà. On est bien loin de la gentille «pointeuse».
L'autre grand changement, c'est la planification quasi chronométrée de tâches de plus en plus normées. Pour leur exécution, on impose aux salariés des «bonnes méthodes», de plus en plus sophistiquées, qu'ils doivent strictement appliquer. Mais ces prescriptions impératives, extraordinairement précises, se heurtent à une autre réalité : la guerre économique et l'extraordinaire plasticité de l'environnement économique et de la demande. Dans le monde d'aujourd'hui, il faut constamment surveiller les concurrents, les évolutions permanentes de la demande et ses effets de mode, inventer chaque jour de nouveaux produits et services pour être toujours les premiers. Imposer des normes de réalisation, dites matricielles, de plus en plus mécaniques et exiger dans le même temps des salariés qu'ils s'adaptent tout le temps au changement, s'avèrent rapidement des objectifs contradictoires. Alors, les planificateurs des entreprises, surnommés aujourd'hui «planeurs» inventent de nouveaux pansements, souvent inutiles. Comme la mode du «reporting» qui oblige chacun à décrire longuement ce qu'il a fait ou ce qu'il va faire. Temps perdu pour l'actif et pour l'entreprise, parce qu'en général personne ne lit ces pensums, faussement précis quand ils ne sont pas «erronés» : après tout, c'est comme dans les romans de gare, il vaut mieux donner ce que les gens ont envie de lire, en d'autres termes : «tout va bien, objectifs en train d'être tenus, pas de problèmes».
Toutes ces nouvelles méthodes d'organisation du travail pèsent lourdement sur le moral des actifs : l'impression d'une surveillance permanente, la fixation d'objectifs de plus en plus précis et contraignants, mais également de plus en plus abstraits, l'écart croissant entre le travail prescrit et le travail réel nuit gravement à la santé mentale du travailleur. Ce qui se manifeste par toute une série de «troubles psychophysiques». En d'autres termes, la source des maux est «dans la tête» mais les manifestions du malaise peuvent être physiques, ou psychiques, ou les deux, en général.
Du boulot, j'en ai plein de dos ! Il faut prendre l'expression au pied de la lettre : les douleurs dorsales sont le plus souvent l'expression de votre ras-le-bol, exprimé par votre propre corps. Les douleurs «musculo-squelettiques» (dos, articulations), seconde cause des arrêts maladies en France, n'ont pas à l'origine des causes pathologiques ou anatomiques : la souffrance est un signal d'alarme sur la tension subie : 39% de salariés souffrent en France de douleurs dorsales dues au stress au travail. Le stress ? 1ère cause d'arrêts maladie, le terme regroupe tous les troubles physiques et mentaux, quand on est dépassé par les exigences de son travail.
DU STRESS AU BURN-OUT
Le stress a bien d'autres manifestations que le mal de dos : insomnie, panique, maux de tête... 10% des salariés sont touchés avec une nette augmentation chez les cadres (47%) et les cadres supérieurs (57%). Les causes ? Le stress est lié à l'organisation du travail (41% des réponses les plus citées dans les sondages) et à la non-satisfaction des exigences personnelles (38%). Les relations avec la hiérarchie et les collègues (harcèlement) (31%) ainsi que les changements dans le travail (31%) jouent également un rôle important.
A l'étape suivante, on trouve la dépression, «état anxio- dépressif chronique faisant obstacle à toute reprise du travail». Une spécialité très franco-française, le pays étant champion du monde de la consommation des médicaments antidépresseurs : 65 millions de boîtes chaque année ! Comme le narre le site officiel (Info-Dépressions) : «Il existe une maladie qui touche plus de 3 millions de personnes en France, une maladie qui peut vous empêcher de parler, de rire, de manger, de travailler, de dormir ou de vous lever le matin, une maladie qui peut vous empêcher de vivre, cette maladie, c'est la dépression». Selon l'OMS, la France arrive au 3° rang des pays recensant le plus grand nombre de dépressions liées au travail : 20% des salariés français ont été atteint de dépression, 26% en Grande-Bretagne.
Dernière affection arrivée sur le marché des risques psychosociaux (RPS), le «burn-out» (de l'anglais, littéralement «griller», comme un circuit électrique, une prise) ou syndrome d'épuisement professionnel, caractérisé par «une fatigue physique et psychique intense, générée par des sentiments d'impuissance et de désespoir liés à une perte de contrôle et l'incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail».
Au départ le sujet est un hyperactif, omniprésent sur son lieu de travail ; il s'angoisse rapidement s'il n'atteint pas ses objectifs, commence à déprimer et rentre dans une spirale d'anxiété qui aboutit à un épuisement généralisé et angoissé.
En France, selon l'institut Technologia, 3 millions d'actifs sont exposés à un risque élevé de burn-out, qui sera bientôt reconnu officiellement comme maladie professionnelle. Comme l'écrit un autre rapport officiel «de nombreux facteurs alimentant l'essor des situations de stress chronique ou extrême au travail?: rythme accru des réorganisations, peur du chômage, essor des organisations matricielles qui imposent un reporting permanent, nouvelles formes de taylorisme dans le tertiaire («?lean management?»), omniprésence des e-mails et des portables qui empêchent de déconnecter, augmentation sans fin des informations «qu'il faut connaître absolument», pression aux résultats avec la financiarisation de l'économie…».
Comme ces méthodes de travail gagnent dans le monde entier, les dorénavant fameux RPS, risques psychosociaux, s'internationalisent à vitesse grand V ! Avec des variantes locales. Au Japon, c'est le Karoshi, littéralement «mort au travail», le plus souvent par arrêt du cœur.
Et en Algérie.. ?


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