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Comment le combattre ? (1re partie)
Le Stress en milieu professionnel
Publié dans El Watan le 19 - 07 - 2014

Historiquement, le mot stress vient du latin stringer, qui signifie rendre raide, serrer, presser. Cette racine est reprise par la langue anglaise, où Robert Mannyng a parlé pour la première fois du stress dans son livre Handling synne en 1303. Au XVIIe siècle, la notion de stress portait le sens de «état de détresse», qui renvoie à l'idée de l'oppression, de dureté de la vie, de privation, de fatigue, d'adversité, de peine ou encore d'affliction. Dès le XVIIIe siècle, le stress prend une connotation contemporaine en renvoyant à une force, pression, contrainte, influence, un grand effort de la matière, des organes et du psychisme.
La science va prendre petit à petit ses droits sur la notion de stress et l'on constate qu'elle se généralise aux organismes vivants sur la base de notions telles que l'homéostasie (concept créé à partir de la théorie cellulaire et l'adaptation darwinienne). Hippocrate, en reprenant la théorie pythagoricienne des humeurs, prétend que toute «dyscrasie» ou rupture de l'équilibre normal est cause de maladie. En 1875, Claude Bernard montre que lorsque la stabilité du milieu intérieur est perturbée, il y a une vulnérabilité à la maladie. Dès les années 1930, le biologiste Hans Selye, après tant d'expérimentations sur les animaux, a affirmé que le stress est uniquement physique et général, c'est la réponse non spécifique de l'organisme à toute demande qui lui est faite.
En 1950, Hans a appelé le stress «syndrome général d'adaptation» (SGA). D'autres chercheurs, notamment des psychologues, comme Lazarus (1984), qui a été le premier à montrer que le stress ne peut être envisagé par un simple lien de cause à effet, s'accordent sur le fait qu'il y a un phénomène perceptif dynamique et individuel qui est plus important que l'agent provoquant le stress lui-même. Donc, lorsqu'un individu est soumis à une demande environnementale, il procède souvent de manière inconsciente à une évaluation cognitive à partir de ses ressources personnelles, de ses prédispositions et de la perception de certains facteurs environnementaux.
D'autres affirment que le stress est la conséquence de l'action à court ou long terme d'agents psychosociaux entraînant certaines manifestations neurologiques et endocriniennes, correspondant à une désorganisation psycho-affective. Par voie de conséquence, le stress a été défini comme un état de tension chronique à la fois physique, psychique et mentale pendant une période prolongée. Par ailleurs, le stress a également une action sur les mécanismes de défense de l'organisme, les personnes touchées présentent une baisse significative dans le sang des lymphocytes qui sont des cellules chargées de produire des anticorps, d'où une plus grande vulnérabilité aux infections.
Toutefois, il y a lieu de signaler que chaque individu réagit différemment au stress, au vu de son état psychologique et physiologique (cognitif et émotionnel), qui interfère dans l'évaluation de la situation, en plus de son expérience personnelle. Donc, on peut identifier deux défauts fondamentaux et deux facteurs qui aggravent le stress. Les deux défauts sont des erreurs importantes dans la façon d'agir dans la situation qui engendre de la pression et les facteurs aggravants sont plutôt liés aux caractéristiques de la situation. Si la situation est d'une extrême urgence, l'organisme se mobilise comme sus-cité et cette mobilisation conduit à une réaction de grande intensité.
La première erreur que fait le sujet stressé, c'est d'inhiber cette action que la situation d'urgence rend nécessaire et cela pour diverses raisons (dont certaines sont bonnes), la personne se maîtrise, se retient d'agir en atténuant l'intensité de son action ou en lui imposant des limites qui forcent l'action à demeurer incomplète. Souvent, elle va plus loin en arrêtant complètement ses réactions, en les remplaçant par de l'immobilité, parfois elle cherche aussi à dissimuler ses réactions, elle s'efforce de demeurer inexpressive ou d'éliminer l'intensité de ses réactions.
Les motifs de cette inhibition volontaire sont très variables et souvent pertinents au moins en partie, mais quelles que soient les raisons, cette inhibition se transforme en tension, malaise, angoisse qui auraient dû servir à l'action d'une manière positive.
Néanmoins, détecter la souffrance mentale et psychique décompensée n'est pas chose facile, la décrire et aplanir les facteurs qui l'engendrent est encore plus difficile. Certaines constatations alarmantes sont des appels au secours chez des sujets en état de détresse aigu, avec des manifestations d'attaque et d'anxiété majeure. Ces sujets doivent faire face à des situations et des contraintes telles que :
* Les changements brusques et rapides (positifs ou négatifs) dans la vie professionnelle ou familiale ;
*Forte exigence quantitative (charge de travail, rendement) ;
*Forte exigence qualitative (précision, qualité, vigilance..) ;
*Caractéristiques de la tâche (monotonie, responsabilité de prise de décision, etc.) ;
*Risques inhérents à l'exécution de la tâche (erreur fatale dans les métiers à risque, chirurgien, cascadeur, pilote et contrôleur aérien) ;
*Marginalisation et traitement discriminatoire et harcèlement moral.
Bien évidemment, les facteurs responsables du changement du psychique et du mental sont multiples et variés, qu'ils relèvent du cadre professionnel, environnemental ou psychosocial, ils aboutissent parfois à des situations d'urgence thérapeutique. Cela dépend donc de la situation et des décisions prises sur le moment que les réactions de l'individu se définissent que ce soit par la fuite, le refoulement et l'inhibition dans le but d'éviter les menaces et/ou par le combat afin de lutter contre l'obstacle qui se dresse devant lui, en entreprenant une action vigoureuse qui rétablit l'équilibre psycho-physiologique et entraîne une sensation de bien-être et de satisfaction.
Dans l'ordinaire, on éprouve un plaisir lié à l'intensité de ce que nous avons vécu, la fatigue et le besoin de récupérer apparaissent naturellement par la suite et pour compléter le cycle, on ressent ce qu'on appelle «la bonne fatigue», le stress positif ou tout simplement la vie excitante. D'ailleurs, certaines personnes deviennent même accrochées à l'adrénaline et aux sensations fortes.
Ces moments de mobilisation intense (accompagnés de peur et d'actions vigoureuses) sont un plaisir à atteindre, tels la dimension importante de la passion du jeu, le militantisme syndical, et la conjugaison avec le danger.
Toutefois, quand le salarié devient accro à l'adrénaline, suite à un conflit, une contrainte ou une déception de type marginalisation, rétrogradation, etc., il adopte vite un comportement typique, il crée des situations conflictuelles autour de lui et ressent une satisfaction et un relâchement à chaque fois qu'il atteint son but, il devient le fouteur de m... Cet individu présente une personnalité de type (A)*, son comportement exprime un stress aigu qui frôle le nervosisme caractérisé par un état chronique d'irritabilité de nervosité et des prédispositions psychologiques à paniquer et à perdre son self-control en un temps record, et éprouver un désir continuel à créer des situations conflictuelles.
A ce moment-là, la réaction de l'entourage se traduit par un questionnement sur les agitations du sujet et enfin par le rejet en disant : «Ouach bih ? Zad aâlih el hal !?» ou «Ouach bih qarsatou nehla ?» ou alors «Allah ghaleb aâlih bah kouaghtou !», sans comprendre le pourquoi de l'excitation du sujet stressé ni se rendre compte de la gravité de son état. Par ailleurs, le travail posté lié à la fonction ou même au poste de nuit, avec un minimum de pauses et un maximum de rentabilité exigée, est un facteur déclencheur de changements dans le métabolisme. Aussi, le stress peut être la conséquence d'une vie familiale et sociale instable et déséquilibrée :
- L'impression de ne pas pouvoir faire face aux obligations familiales ;
- Un sentiment particulièrement tenace chez les jeunes mères, qui doivent mener de front la gestion des enfants et les responsabilités professionnelles, mais aussi chez les personnes responsables de leurs parents vieillissants. Le sentiment est d'autant plus intense s'il n'y a pas de compensation affective, les autres devenant exigeants et tyranniques ;
-La difficulté à assumer des images sociales valorisantes. On s'épuise parfois à vouloir être tout en même temps : bon parent, sexy, sportif, cultivé, ouvert aux amis, etc., et cela provoque du stress si nos aspirations ne sont pas atteintes. Par ailleurs, le sentiment d'insécurité, qu'il soit entretenu par un climat diffus ou par l'information de catastrophes soudaines, tend à augmenter le stress. Les attitudes de qui-vive et d'aguets se généralisent, les sautes d'humeur contribuent à des relations sociales plus tendues.
Le bruit et les difficultés de concentration qui peuvent aggraver les contraintes environnementales d'installation, parfois précaires de partage de tâches ou de bureaux. A cela s'ajoute le trouble de sommeil que peut prendre multiples formes (insomnies, réveil nocturne, asthénie physique et psychique, dépression déclarée nécessitant la prescription d'antidépresseurs et/ou d'anxiolytiques. Ces symptômes ont des répercussions gênantes qui amènent le sujet stressé à recourir aux calmants ou excitants (café, tabac, alcool, somnifères, etc.).
D'autres pathologies plus graves s'ensuivent (ulcère gastroduodénal, trouble de la thyroïde, hypertension, diabète, maladies cardiovasculaires…) Sur le plan professionnel, les conséquences du stress seraient plus élevées qu'une paralysie de travail due au recours à la grève. Cette conséquence se manifeste sous forme d'absentéisme, décès prématurés, détérioration des relations humaines, ce qui favorise les conflits interpersonnels dans l'organisation et la formation des cloisonnements entre les hommes et les structures, sans parler de la médiocrité de la qualité des prestations.
Par ailleurs, certaines réactions et manifestations profondes de ce qui est refoulé dans l'inconscient du sujet font surface sous forme de rébellion et vendetta en disant : «Enkhallatha !», avec une digression philosophique sur le mot afin d'exciter les auditeurs et faire planer le suspense sur les aboutissements de ses agitations et par la même occasion inciter ces collègues à faire de même en utilisant tous les moyens de précarité, vu l'instabilité et l'amertume dans lesquelles il patauge.
Cependant, le stress peut être la conséquence d'un harcèlement moral et psychologique, toutefois, le harcèlement est à distinguer nettement du stress professionnel tel qu'on le comprend le plus souvent. Dans le langage courant, on entend par stress les surcharges et les mauvaises conditions de travail, or le harcèlement moral est beaucoup plus que du stress qui engendre un stress aigu nécessitant une médication et une prise en charge psychologique très sérieuse.
Heinz Leyman, docteur en psychologie du travail et professeur à l'université de Stockholm, publie son essai Mobbing en 1993. En mettant à jour le concept : «Le mobbing est une notion dérivée de l'anglais ‘‘mob'', se rapportant à des termes comme ‘‘foule'' ou ‘‘meute'', d'ou l'idée de malmener, d'attaquer en groupe. Il débute en général par un simple conflit de travail mal géré. La succession d'agressions et de brimades sur une longue période a pour effet de plonger la victime du ‘‘mobbing'' dans un état de stress considérable et porte atteinte à son intégrité. Bien souvent, la personne est mise en situation de commettre des fautes professionnelles.
Lorsqu'il perdure, le phénomène a des répercussions graves sur la santé psychique et physique de la personne et sur son environnement social et professionnel. Certaines victimes en arrivent à des dépressions, voire au suicide. Dans la majorité des cas, la personne harcelée psychologiquement perd son emploi. Il n'est pas rare que la réinsertion professionnelle soit impossible et que la personne finisse par prendre une retraite anticipée ou par devoir toucher des indemnités de l'assurance d'invalidité.
Nous entendons une situation communicative qui menace d'infliger à l'individu de graves dommages, psychiques et physique qui génèrent du stress. Le ‘‘mobbing'' est un processus de destruction, il est constitué d'agissements hostiles qui, pris isolément, pourraient sembler anodins, mais dont la répétition constante a des effets pernicieux. (...) Le concept de ‘‘mobbing'' définit l'enchaînement sur une assez longue période de propos et d'agissements hostiles, exprimés ou manifestés par une ou plusieurs personnes envers une tierce personne (la cible).
Par extension, le terme s'applique aussi aux relations entre les agresseurs et leurs victimes. (...) Les caractéristiques du ‘‘mobbing'' sont les suivantes : confrontation, brimades et sévices, dédain de la personnalité et répétition fréquente des agressions sur une longue durée. »
Cette première phase apparaît lorsque l'isolement est modéré et que l'agression ne porte que sur les conditions de travail. Une personne débordée, quand on lui assigne des tâches sans lui donner les moyens de les accomplir, il lui faut un certain temps pour juger s'il s'agit ou non d'un traitement qui lui est spécifiquement destiné, les conséquences de cette agression sur sa santé seront peu différentes d'une surcharge de travail ou d'une mauvaise organisation puisque, même si son corps réagit fortement, elle n'aura pas conscience de ce qui lui arrive, ce qui met à mal ses capacités de défense.
Cela l'amène parfois à rentrer dans le jeu du ou des harceleurs en essayant de lui prouver qu'elle fait bien, qu'elle est digne d'intérêt. Parfois, elle protestera, surtout si elle a une personnalité qui l'y incite. Quelle que soit son attitude, elle sera forcément en butte à la dérobade de celui ou de ceux qui veulent l'obliger, soit à se soumettre, soit surtout à se démettre, en la poussant à la faute. Cette phase peut se prolonger si l'agression n'est pas très intense ou si la personne refuse d'ouvrir les yeux sur la spécificité de ce qu'elle subit.
La phase du harcèlement moral proprement dite apparaît finalement lorsque la personne ciblée perçoit la malveillance dont elle est l'objet, c'est-à-dire lorsque le refus de communication est manifeste et humiliant, lorsque les critiques portant sur le travail deviennent méchantes et sans fondement et que les attitudes et les paroles deviennent injurieuses. Les conséquences qu'il y a «intention de nuire». On a d'abord du mal à croire qu'une telle malveillance soit possible, puis apparaissent des interrogations anxieuses «wach ahmelt bech rahoum tayhin ahliya ahreqt el djwamaâ ?» et des tentatives effrénées pour changer le cours des choses. Cela entraîne une blessure d'amour-propre, une atteinte à la dignité, mais une brutale désillusion liée à la perte soudaine de la confiance qu'on avait mise dans l'entreprise, dans la hiérarchie ou dans les collègues. Le traumatisme est d'autant plus grand que la personne avait beaucoup investi son travail. (A suivre)


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