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Le 11 septembre permanent et ses effets calculés
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 16 - 11 - 2015

La nuit tombe très tôt à New-York. Et c'est sur le pont de Manhattan, dans un taxi, que le chroniqueur a essayé de trouver des mots après avoir appris que Paris brûle. Difficiles à trouver dans le débris de la stupéfaction. Les immeubles de Manhattan, reflétés par les eaux, étaient brillants mais l'esprit était obscur derrière la vitre de la voiture qui déroulait le monde nocturne. Une première pensée, fulgurante, pour les morts, les siens, ceux que l'on connaît. Ce sont des quartiers fréquentés par des amis. Et soudain, la peur devient sécheresse. Comme on l'a longtemps éprouvé en Algérie durant les années noires : on est en deuil, au début, puis la mort revient si souvent qu'elle provoque le dessèchement. Puis arrive l'autre peur, égoïste mais humaine : quelle est la nationalité des tueurs ? Non pas qu'ils en aient une, mais parce que le couteau tue la victime mais aussi le pays où il a été fabriqué : des tueurs parmi les refugiés accueillis en Europe ces derniers temps, signifiait des dizaines de morts en France mais des portes fermées en Europe. Cela voulait dire la fin de l'accueil, le repliement du monde et donc la fin du monde pour ceux qui fuient la guerre. C'est la catastrophe de la solidarité et le triomphe des extrêmes. Un Occident noir, clos, en colère et qui refusera de partager ou d'éclairer. L'Occident est coupable d'humanité et de crime contre l'humanité : il est sujet et objet. Désir et refus. On veut le tuer et nous mourrons en même temps. On veut y vivre mais ne pas l'accepter.
Puis vint la fatigue : que faire contre le 11 septembre permanent ? Celui qui patiemment construit la guerre à venir, rompt le lien et précipite les foules vers le délire ou la falaise ? Il y a quelque chose de terrible qui se dessine : les tueurs de Daech jouent sur les ruptures, le versant sombre de l'Occident et ses viols des peuples, les frustrations de nos géographies et la solution de la haine qui promet le confort. Ils gagnent. D'ailleurs s'ils ont attaqué la France, ce n'est pas parce qu'elle représente l'Occident impie mais parce qu'elle accueille des diversités musulmanes : terrain béni pour provoquer des ruptures, des racismes, des exclusions et des violences qui iront gonfler les recrues de Daech et des djihadistes. La France a été ciblée à cause des diversités qui l'habitent et pas à cause de sa souche. Le but est de provoquer une réaction interne. Conclusion évidente d'un ami journaliste du New York Times. Le but était de tuer les hommes et le vivre-ensemble. Ainsi, la guerre deviendra un effet papillon autonome et ira se perpétuer en amalgames, chasse à l'homme et procès d'opinions.
Les djihadistes ont compris qu'il leur faut fabriquer la guerre qui tuera beaucoup plus que leur couteau.


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