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Mouad Bouchareb officialisé à la tête de l'APN
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 25 - 10 - 2018

Le député FLN, Mouad Bouchareb, a été officiellement élu, hier, à la tête de la chambre basse du Parlement, en remplacement de Saïd Bouhadja, destitué par la majorité parlementaire.
Ce député, âgé de 47ans, élu de la wilaya de Sétif, seul et unique candidat au poste, a été plébiscité à la majorité (par 320 voix pour et une seule abstention), lors d'une séance plénière qui a été boycottée par les parlementaires des partis de l'opposition. Enfin, les partis de l'Alliance (FLN, RND, MPA, TAJ et les Indépendants) ont, tous, apporté leur soutien à Mouad Bouchareb, tout en rendant hommage à son prédécesseur Said Bouhadja.
C'est en ces termes que Said Bouhadja a été remercié : «Nous tenons à vous remercier pour le travail que vous avez accompli durant votre présidence » et «nous rendons hommage à tous les moudjahidine pour leur dévouement au service du pays», dira le doyen de l'Assemblée, El Hadj Laib, sous les applaudissements des députés de l'Alliance. Le nouveau président de l'APN, Mouad Bouchareb, a dans son intervention, remercié le président de la République Abdelaziz Bouteflika pour la confiance qu'il lui a accordée. Il a également, remercié toutes les institutions de l'Etat qui veillent à la stabilité du pays, notamment les services de Sécurité, à leur tête l'Armée nationale populaire. Saïd Lakhdari, chef du groupe parlementaire du FLN, a affirmé que les critères ayant présidé au choix du candidat à la présidence du Parlement reposent sur l'âge (47ans), la compétence, l'expérience parlementaire. Et d'affirmer qu'il s'agit bien d'un choix qui s'inscrit dans le cadre de «l'équilibre régional».
Le député FLN, Si Afif Abdelhamid, a affirmé, pour sa part, que l'élection d'un nouveau président, à la tête de la Chambre basse a été validée par le président de la République. Le député du parti El-Adala-Fjd, Lakhdar Benkhalef, le seul député de l'opposition qui était, hier, sur place, cherchait à savoir si le président est d'accord ou pas. Il dira «on veut connaître la position ou la décision du président de la République». Autrement dit-il, «on veut savoir estce que le président est pour la légitimité qui est instaurée depuis 2017 ou bien pour la légitimité des chaînes et des cadenas ?» s'est-il interrogé.
« Je peux même dire que Bouhadja a mis la présidence dans la gêne »
Le député indépendant Belkacem Ben Belkacem qui a dit non à la vacance du poste de président de l'APN, a expliqué sa position par le fait, qu'il ne peut accepter l'erreur commise par les députés ayant cadenassé une institution de la République. Il a affirmé qu'il ne soutient nullement Saïd Bouhadja, qui lui-même a commis des erreurs lors de ce conflit. Il a tenu à expliquer dans les détails «il y avait tout un processus, on ne devait pas arriver à cette situation, parce que pour moi, dit-t-il, une institution législative est une intuition politique par excellence». Il précise que la politique devrait être exercée d'une manière civilisée, à l'intérieur de cette institution. Pour ce député indépendant «dès lors que la majorité qui a élu le président lui retire confiance, il doit partir». Et de préciser «après 15 jours de blocage, je lui ai suggéré de convoquer une plénière et de soumettre son mandat à la plénière, en face des députés qui ont voté pour lui, mais il a refusé». Il enchaîne que Saïd Bouhadja a commis une autre erreur, en évoquant le soutien du pouvoir exécutif, alors que lui-même représentait un pouvoir législatif. Et de souligner «on n'a pas à attendre un soutien ou quoi que ce soit, il devait prendre ses responsabilités en tant que telles. Je peux même dire qu'il a mis la présidence dans la gêne».
Pour lui, les erreurs commises par Bouhadja sont comme une sorte de mépris envers les députés qui ont voté pour lui. Il conclut en affirmant «j'ai voté, aujourd'hui, non par principe parce qu'on est arrivé, nous les députés du peuple, à commettre une erreur, le fait de fermer la porte d'une institution avec une chaîne et un cadenas». Selon sa conception des choses, c'est un conflit politique qui doit être résolu politiquement, «dès lors qu'il y a une majorité qui refuse de travailler avec le président, il n'avait qu'à démissionner». Car on est bien dans un contexte «d'incompatibilité» entre une personne et la majorité, dira-t-il. Et d'affirmer «évoquer, dans ce cas, le fameux article 10 du règlement intérieur de l'Assemblée, est un faux débat». Ce député indépendant s'est abstenu, lors de l'élection de Mouad Bouchareb, à la tête de l'Assemblée.
L'opposition : la démission collective est-elle possible ?
Lakhdar Benkhellaf, député du parti El-Adala, seule voix de l'opposition rencontrée, sur place, dans le hall de l'hémicycle, a affirmé que les parlementaires de l'opposition vont se concerter pour prendre une décision commune. Le député n'a écarté aucune éventualité y compris la démission collective ou le gel de leur activité, au sein du Parlement.
Benkhellaf a insisté pour dire que la démission collective est logiquement envisageable. Pourtant, le chef du parti MSP, Abderzak Makri, avait déjà affirmé que son groupe ne quittera pas le Parlement, préfèrent «la résistance». Mais, selon Benkhellaf cette option reste, toujours, envisageable, dit-il «on va toujours mettre sur la table cette proposition, auprès de nos partis». Benkhellaf avoue, tout de même «qu'on a essayé de prendre une décision commune pour dénoncer cet état de fait, mais ça n'a pas abouti, chaque groupe parlementaire a pris une décision seul», espérant dans l'avenir prendre «une décision commune à l'unanimité avec tous les groupes parlementaires de l'opposition».


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