Les autorités suisses ont récemment confirmé leur décision de maintenir le gel des avoirs d'un ex-ministre algérien dans le cadre de l'entraide judiciaire sollicitée par l'Algérie pour récupérer les fonds détournés par d'anciens responsables politiques. Même si peu d'informations ont été communiquées au sujet du fonds devant accueillir l'argent et biens détournés et confisqués en vertu de décisions de justice dans le cadre des affaires de lutte contre la corruption, les autorités algériennes semblent décidées à resserrer l'étau autour de l'argent sale. Pour les experts, la création de ce fonds est perçue comme «un gage du gouvernement à travailler pour plus de transparence et de moralisation de la vie publique». La décision du Président Tebboune de réduire le nombre des fonds spéciaux et les inclure dans le processus ordinaire de gestion des recettes et dépenses de l'Etat vise justement à instaurer une plus grande efficience dans la gestion et la maîtrise du budget général de l'Etat, la rationalisation des dépenses publiques et plus de souplesse dans la réalisation des projets. Alors que la Stratégie nationale de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption pour le quinquennat 2023-2027 a été lancée en juillet dernier, deux cent dix-neuf (219) commissions rogatoires internationales ont été lancées à fin septembre de l'année dernière pour l'identification, la saisie et la confiscation des fonds détournés à l'étranger. Le chef de l'Etat a d'ailleurs à plusieurs reprises expliqué que «la récupération des fonds détournés vers l'étranger était tributaire du prononcé de jugements définitifs dans les affaires intentées à l'encontre des auteurs qui devront, un jour, dévoiler les emplacements de ces fonds». Reste à savoir si les demandes de l'Algérie notamment aux Etats de l'Union européenne (UE) seront traitées avec la loi et non avec les sentiments ou la volonté politique.