Trois amis de confessions différentes, Mohamed, musulman, Jésus, chrétien et David, juif, se proposent d'entreprendre un périple à travers les terres millénaires d'Al Andalus en Espagne. Un voyage dans la mémoire qui leur permettra de connaître (de se re-connaître) par le biais d'itinéraires, les lieux symboliques de l'Espagne musulmane. Un hymne à la tolérance, au respect d'autrui et au métissage des cultures. Ils se dirigent vers l'ancienne grande mosquée ou al Yamâa, actuelle église de Sainte Marie. Ce sont les seuls vestiges conservés de nos jours. On distingue du temple musulman, le sahn et le minaret. La salle de prière fut détruite et remplacée par une église gothique en 1424. Mohamed fait remarquer à ses compagnons que le marché quotidien devait se tenir autour de la Grande Mosquée, avec une extension vers la Porte de Séville. Il lui semble avoir lu quelque part que l'historien al Himyari mentionne un marché hebdomadaire assez important qui se tenait le jeudi, et l'existence de bains publics, dont l'un a pu être localisé tout près de l'église de San Bartolomé, dont des thermes romains qui devaient être encore en usage au cours de l'époque andalouse. Ils marchent depuis plus de deux heures et sentent un peu la fatigue. David leur demande s'ils continuent la visite vers la nécropole romaine. Mohamed avoue ne pas être très chaud et fait la moue. David leur explique qu'elle est unique et seulement comparable à certaines nécropoles d'Italie. Elle regroupe plus de 250 tombes, quelques mausolées spectaculaires ainsi que plusieurs bûchers. Il y a aussi un musée et tout à côté un amphithéâtre. Les détails de son compagnon n'arrivent pas à le convaincre. Jesús, quant à lui a besoin de piles pour son appareil de photos et préfère en chercher avant leur prochaine étape. - Ecoute David, moi j'ai besoin d'un petit break. Tu vois la terrasse du café d'en face ? Jesús va acheter ses piles. Vas-y toi si tu veux à la nécropole. Si ce n'est pas trop loin, on se retrouve dans une petite demi heure dans ce café ! C'est bon ? Moi j'ai besoin de quelque chose de frais. Ses amis se plient à sa proposition et chacun part de son côté. Alors qu'il se dirige vers le « Mesón San Fernando », il se rend compte que la Carmona actuelle conserve, dans le tracé de ses rues, des éléments de son passé classique. L'organisation impériale romaine qui exigeait, pour ses villes un schéma géométrique, commença à perdre sa rigueur au cours du IIIº siècle, et cette tendance s'affirma encore durant le moyen âge et dans l'ère moderne.