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La littérature francophone dépasse le contexte historique post-colonial et la question de la langue (écrivain malgache)
Publié dans Algérie Presse Service le 22 - 06 - 2012

L'écrivain malgache Jean-Luc Raharimanana estime que la littérature francophone se situe aujourd'hui au-delà du contexte historique post-colonial et du rapport à la langue française, réfutant le thème "décoloniser la littérature ?" proposé pour le débat.
Lors d'un débat organisé jeudi au côté de l'auteur algérien Yahia Belaskri, dans le cadre du 5e Feliv (festival international du livre et de la littérature jeunesse), intitulé "décoloniser la littérature ?", Jean-Luc Raharimanana a exprimé son désaccord avec le thème de la rencontre, considérant ce dernier comme "une posture imposée qui voudrait dire que la littérature est toujours colonisée".
Pour l'auteur de "Nouer, 1947", il s'agit plutôt de changer la vision de "certains éditeurs et critiques parisiens" qui "ne font pas l'effort de voir la culture de l'autre" lorsqu'il s'agit d'écrivains francophones de pays anciennement colonisés.
A une question de la modératrice sur "le fait d'écrire dans la langue de l'autre", Jean-Luc Raharimanana estime que ce débat est révolu, qualifiant d'"erreur" le fait de "toujours partir de cet endroit qui est la langue", rappelant le travail qu'il effectue "en profondeur" sur la langue française, par l'utilisation, en particulier de structures syntaxiques propres au malgache, dans ses écrits.
Dans la même foulée, Yahia Belaskri, tout en soulignant son rapport précoce à la langue française et la présence d'autres langues comme l'espagnol dans son milieu natal à Oran, affirme que les auteurs les plus primés en France étaient étrangers.
Le romancier algérien a rappelé par ailleurs, le nombre de plus en plus élevé de maisons d'éditions algériennes et celui, grandissant, d'auteurs algériens d'expression française, à l'instar de Kamel Daoud, qui ont d'abord publié en Algérie avant de se faire rééditer en France. Pour l'auteur de " Si tu cherches la pluie, elle vient d'en haut", l'hégémonie des maisons d'éditions française s'est atténuée ces dernières années.
Un point contesté par Jean-Luc Raharimanana qui a rappelé que les "auteurs (installés) en France ou ailleurs, envoient toujours en premier lieu leurs manuscrits à de grandes maisons d'éditions" parisiennes.
Cette réalité est due, selon ce dernier, au manque d'effort des politiques qui n'encouragent pas l'édition locale, précisant qu'il ne peut pour sa part parler que des "dirigeants malgaches", en l'absence d'une connaissance de la réalité éditoriale en Algérie.
Les deux auteurs sont, cependant, d'accord pour considérer que ce problème de l'édition ne concernait pas seulement les écrivains et que "la décolonisation de la littérature" était "l'affaire de tous", s'agissant d'un domaine structurant pour une communauté nationale, au-delà des simples lecteurs.


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