Les élections municipales en France se tiendront les 15 et 22 mars 2026. Un an et demi après des législatives anticipées et un an avant la présidentielle qui se tiendra sans le Président actuel Manuel Macron, sont aussi l'occasion pour les socialistes d'affermir la dynamique de rapport de force en leur faveur à gauche, esquissée à l'issue des européennes de 2024. Mais certaines victoires peuvent être compromises par le maintien des listes LFI au second tour. La gauche restera-t-elle désunie ? Le RN va-t-il faire de cette dernière élection avant 2027 la dernière marche avant son arrivée au pouvoir ? Paris, Marseille et Lyon resteront-elles à gauche ? Toutes ces questions auront la réponse le lendemain du 22 mars. Dernière journée de campagne avant le premier tour dimanche 15 mars, où l'extrême droite pourrait réaliser un score historique dans la deuxième ville de France. «Nos affiches doivent être visibles sur tous les chemins qui mènent au bureau de vote.» Selon un militant insoumis qui marchait avec des affiches dans le nord de la ville. Il ne pourra plus rien coller, la campagne des municipales s'est arrêtée le vendredi. La gauche espère récupérer la mairie, et plusieurs secteurs dans la ville. Le match est très serré entre les formations politiques à Marseille et la gauche fait de son mieux pour faire barrage à la Droite et à l'extrême droite. Les cinq principaux candidats qui sont en lice pour remporter le fauteuil de maire de la cité phocéenne à l'issue des élections municipales. Chacun se présente sur la ligne de départ dans l'espoir d'atteindre la mairie centrale, dirigée depuis six ans par la coalition de gauche, citoyenne et écologiste du Printemps marseillais. Pour la première fois depuis la réforme de la loi électorale Paris-Lyon-Marseille (PLM), le scrutin se déroule à l'échelle de la ville, renvoyant le vote pour les mairies de secteur, organisé en parallèle dans une seconde urne, à un statut d'élections secondaires. Face au sortant Benoît Payan (divers gauche), qui a remplacé au pied levé l'écologiste Michèle Rubirola en décembre 2020, se dressent notamment les ambitions du leader local du Rassemblement national (RN), Franck Allisio ; d'une union de la droite et du centre portée par la présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence, Martine Vassal, battue il y a six ans ; et du député des Bouches-du-Rhône (La France insoumise, LFI) Sébastien Delogu. Un casting de poids lourds à peine troublé par l'apparition de deux candidats inattendus – l'ex-haut fonctionnaire Erwan Davoux et l'adjointe écologiste Christine Juste –, auxquels s'ajoutent deux candidats d'extrême gauche moins connus – Rémy Bazzali (Lutte ouvrière) et Coralie Raynaud (Liste ouvrière et jeune pour la défense des intérêts de la population et des services publics). Les élections sont le premier enjeu démocratique. Et la démocratie en France ne se porte pas bien. Cela ne date pas d'hier, mais la période récente a accentué cette fracture entre les Français et la politique. Ils sont de plus en plus lassés par l'impasse dans laquelle la dissolution décidée par le président français a plongé le pays. Dans cette situation de désamour, l'image et la confiance accordée aux maires restent globalement préservées. Le taux de participation dimanche dira si cette gangrène démocratique se diffuse y compris à l'échelon local. Ou à l'inverse si une vitalité citoyenne locale à contre-courant est un motif d'espoir.