L'intérêt accordé par le corps médical à l'éducation thérapeutique pourrait réduire à hauteur de 8% la facture des soins, a indiqué jeudi à Alger, le président du Conseil de l'ordre des pharmaciens, Lotfi Benbahmed. Lors d'une rencontre de sensibilisation sur l'importance de l'éducation thérapeutique pour le malade, conformément aux données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), M. Benbahmed a indiqué précisé que la facture des soins pourrait être réduite à hauteur de 8% si l'intérêt est accordé à l'éducation thérapeutique et ce à travers la réduction de la durée d'hospitalisation et des risques de complication des maladies notamment chroniques. Il a mis en avant également le rôle du pharmacien dans la prise en charge de l'éducation thérapeutique chez les malades chroniques notamment les diabétiques. M. Benbahmed a appelé dans ce sens à assurer une bonne éducation thérapeutique aux malades afin de garantir de bons résultats en matière de soins et contribuer à la rationalisation de l'utilisation des médicaments et la réduction des effets des complications. Il a appelé la Caisse nationale des assurances sociale des salariés (CNAS) à consacrer une récompense pour les pharmaciens qui se chargent de l'éducation thérapeutique et du suivi du malade à l'instar des pays développés. Pour Samia Zekri, spécialiste en médecine interne au CHU Djilali Belkhenchir (Birtraria), l'éducation thérapeutique constitue "la pierre angulaire" dans la chaîne des soins et un engagement "moral, médical et social". Elle a précisé qu'une bonne éducation thérapeutique nécessite l'application des protocoles de soins et la formation aussi bien pour le corps médical que paramédical ainsi que pour le malade et son environnement, rappelant l'initiative du ministère, adoptée dans le cadre du partenariat avec les laboratoires intéressés par le diabète. Le Pr Zakari a estimé que l'éducation thérapeutique n'a pas eu l'intérêt qu'elle mérite même si elle a été consacrée par la loi sur la santé de 1985. Elle a insisté, par ailleurs, sur la formation pédagogique continue en matière d'éducation thérapeutique, ainsi que sur la coordination entre les différents acteurs sur le terrain et la mise en place des moyens nécessaires pour assurer l'éducation thérapeutique au malade. La sous-directrice de la prévention au ministère de la Santé, le Dr Djamila Nadir a souligné l'importance de la stratégie nationale 2015-2019 de lutte contre les facteurs de risque entraînant les maladies chroniques notamment le vieillissement de la population, l'alcoolisme, le tabagisme, la pollution de l'environnement et le régime alimentaire malsain. Elle a, dans ce cadre, mis l'accent sur la prévention et l'importance d'une bonne éducation thérapeutique en cas de maladie chronique. Pour ce faire, le Dr Nadira a insisté sur la nécessité d'impliquer les associations actives sur le terrain et les médias et de mobiliser le corps médical et para médical. Le secrétaire général du syndicat national des pharmaciens d'officines (SNAPO), Dr Chafiq Rahem a souligné, pour sa part, le rôle du pharmacien dans l'éducation thérapeutique et le suivi du malade le qualifiant de "mission difficile" parfois, en particulier lorsqu'il s'agit des personnes âgées qui prennent dans beaucoup de cas plus de 10 médicaments en même temps.