Les autorités vénézuéliennes ont appelé le peuple à la "mobilisation et l'union" et à soutenir une pétition lancée afin de collecter 10 millions de signatures rejetant les "menaces interventionnistes des Etats-Unis" dans les affaires internes du Venezuela, parallèlement aux appels au dialogue lancés par le président légitime Nicolas Maduro pour sortir le pays de sa crise actuelle. Le Venezuela est en proie à une vive tension politique depuis que Juan Guaido, président de l'Assemblée nationale, s'est autoproclamé "président par intérim" le 23 janvier et a été reconnu à ce titre par les Etats-Unis et plusieurs autres pays d'Amérique Latine et d'Europe. Dans ce contexte, le président légitime Nicolas Maduro, soutenu également par plusieurs pays, a dénoncé une "tentative d'usurpation de la fonction présidentielle" et une "atteinte à la constitution", accusant les Etats Unis d'être l'instigateur d'un "coup d'Etat". Dans le cadre du lancement d'une pétition soutenue par le gouvernement afin de montrer que la plupart des Vénézuéliens refusent toute intervention étrangère dans leur pays, la vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez, a appelé Juan Guaido à se placer "du bon côté de l'histoire" et à mettre fin à "la folie d'un appel à une invasion". Ce dernier avait laissé entendre que l'idée d'autoriser les Etats-Unis à intervenir militairement pour "renverser" le président Maduro était "une action à ne pas exclure". Signant cette pétition sur la place Bolivar, au centre de la capitale Caracas, Mme Rodriguez a appelé le président américain Donald Trump à respecter la souveraineté du Venezuela et à lever les sanctions économiques frappant son pays, tout en reprochant à l'Assemblée nationale contrôlée par l'opposition d'avoir débattu de l'autorisation ou non d'une intervention militaire étrangère au Venezuela. "Le peuple vénézuélien a clairement indiqué ce qu'il voulait : il veut la paix, il veut la tranquillité et continuer d'être gouverné par la révolution bolivarienne", a-t-elle indiqué, faisant référence à la politique menée par le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV, au pouvoir). La Milice bolivarienne est une force composée de volontaires civils fondée en 2008 pour suppléer les forces armées. Ces exercices militaires, menés à l'occasion du 200e anniversaire de la bataille historique d'Angostura, se poursuivront jusqu'à vendredi et interviennent alors que les tensions entre le gouvernement et l'opposition ont pris de l'ampleur depuis que le président Maduro a prêté serment pour un nouveau mandat le 10 janvier dernier. L'opposition, qui a boycotté l'élection présidentielle de mai 2018, refuse de reconnaître la réélection de Maduro et réclame un nouveau scrutin. Avec l'appui de Washington, elle a fait acheminer de l'aide humanitaire américaine aux frontières, mais s'en est vue refuser l'accès par les autorités locales, lesquelles soupçonnent qu'il s'agit là d'un "prétexte pour envahir le Venezuela". Nicolas Maduro accuse Washington de mettre en place une "coalition internationale" pour "commettre la folie d'intervenir militairement au Venezuela sous le prétexte d'une crise humanitaire inexistante".