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« Bouteflika a fait des promesses, pas besoin d'en faire plus »
Rachid Grim. Politologue et auteur
Publié dans El Watan le 30 - 03 - 2009

Les slogans des candidats à la présidentielle paraissent souvent vagues et imprécis. Cela est-il lié au manque d'expérience des petits partis politiques ?
A mon avis cela est surtout dû à l'impréparation des partis représentés par ces candidats pour une joute aussi importante que l'élection présidentielle. En dehors du président candidat et des trois partis de gouvernement qui le soutiennent, aucun des autres candidats en lice ne représente un parti qui a une chance, même minime, d'être un jour un parti du pouvoir. Seuls les partis qui ont la volonté et les capacités de devenir des partis du pouvoir préparent à l'avance et pas uniquement pour une élection donnée des slogans significatifs et précis. Ces partis-là travaillent en permanence pour se faire une place dans la sphère politique et au sein de l'opinion publique qu'ils veulent représenter. Au fil du temps, ils se construisent une image qui, dans la durée, devient indélébile et constitue leur image de marque. Si on pense à un parti qui a vocation d'être représenté au sommet de l'Etat (ou même dans ses démembrements locaux et régionaux), on retient d'abord ce qui fait son image de marque : une idée maîtresse déclinée à travers un ou plusieurs slogans très forts et immédiatement reconnaissables. Pour le FFS, c'était, et c'est toujours, la souveraineté du peuple, traduite à travers une assemblée constituante. Pour le FLN, ce sont les constantes nationales issues de la révolution de Novembre 1954. Pour le HMS, c'est le slogan du mouvement international des Frères musulmans « l'Islam est la solution », etc. Or, à l'exception du PT de Louisa Hanoune, dont l'objectif n'est bien sûr pas d'accéder à la Présidence, mais d'élargir le plus possible l'assise du parti, à l'occasion de la présidentielle du 9 avril, aucun des candidats en lice ne représente un parti qui a vocation, ni la capacité, ni même l'envie de gouverner le pays. Aucun d'eux n'a longuement réfléchi à un programme de gouvernement crédible, ni aux moyens de le réaliser. Ils ne sont là que pour servir de caution démocratique et faire « foule » et « lièvre » dans une course à la Présidence perdue ou gagnée d'avance, selon le camp dans lequel ils se trouvent. Cela se ressent non seulement dans la pauvreté des slogans mis en avant par les quatre candidats porteurs d'eau que sont Rebaïne, Younsi, Touati et Mohamed Saïd. C'est encore plus flagrant quand on analyse leurs « programmes », qui ne sont qu'un amas de « il n'y a qu'à », puisés dans le programme du président candidat, ou ce qui revient au même, retournés contre lui en le taxant d'insuffisant ou de populiste.
Et que pensez-vous du cas de Mme Hanoune ?
Les slogans de la candidate Hanoune portent, quant à eux, la griffe du parti trotskiste et restent fidèles à son image de marque de parti qui se fait petit à petit une place sur la scène politique par des promesses populistes, non immédiatement réalisables, mais qui ont un impact certain auprès d'une partie de plus en plus importante de la population : SMIG à 35 000 DA, nationalisation de l'outil économique, lutte contre le chômage, indépendance économique, rejet des influences occidentales, etc. Le cas de Louisa Hanoune est un cas à part dans le paysage politique national. Elle dispose d'une aura et d'un charisme que n'ont pas les autres candidats en lice (non compris bien entendu le président candidat). L'objectif du PT n'est pas, bien entendu, d'accéder immédiatement à la Présidence du pays, mais de préparer les prochaines échéances électorales (législatives, locales et régionales).
Pourquoi, d'après vous, des thèmes aussi importants que la culture, l'identité ou la politique étrangère ne sont pas présents dans les discours de campagne ?
Les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, des candidats « porteurs d'eau », n'ayant d'autre objectif que de servir de caution démocratique à un super candidat déjà élu, ne peuvent sérieusement aborder de tels thèmes, ni établir des programmes pour la réalisation d'une politique étrangère ou culturelle. Le discours sur l'identité nationale est encore plus complexe et ne peut faire l'objet d'un programme réaliste et réalisable de la part de candidats « opportunistes » (dans le sens qu'ils ne sont là que pour profiter d'une opportunité pour se placer sur le terrain politique et engranger quelques bénéfices). On entend bien sûr çà et là des positions générales des uns et des autres sur ces thèmes, mais cela reste vague et surtout peu crédible.
Aucun candidat n'a présenté un véritable programme électoral. Est-ce le manque d'enjeux des élections qui décourage les candidats ou s'agit-il d'une panne d'idées ?
Cette question est liée aux deux premières et ne peut recevoir d'autre réponse que celle-ci : des candidats qui sont conscients qu'ils n'ont aucune chance de l'emporter dans une course aussi importante qui, pour la plupart, ne sont là que pour faire de la figuration (contre une probable promesse de retour d'ascenseur post-électorale) ne peuvent, en si peu de temps, même s'ils en avaient la volonté, avoir préparé et mûri un véritable programme électoral qui s'intéresserait à toutes les facettes de la vie politique, économique, sociale, culturelle, identitaire, etc. Pour disposer d'un véritable programme électoral, il aurait fallu tout d'abord être le candidat d'un parti ayant une vocation de gouvernement, ayant les moyens de cette vocation, disposer des expertises nécessaires et avoir le temps nécessaire d'élaborer et tester les différents programmes qui prendraient naturellement leur place dans un programme électoral. Or, seule Louisa Hanoune remplit ces conditions et dispose d'un véritable programme électoral, même s'il est populiste et irréalisable à court terme. Le PT a un objectif très concret : profiter de la présente campagne électorale pour ratisser large, s'implanter encore plus sur le territoire national et élargir sa base électorale. Et le PT sait que le populisme a encore de beaux jours devant lui.
Mis à part quelques points (comme le plan de relance de 150 milliards de dinars ou la promesse de trois millions d'emplois…), le président candidat, à sa propre succession, n'a pas présenté un programme détaillé du prochain quinquennat. Il n'a pas dévoilé toutes ses intentions. Y voyez-vous une stratégie politique ?
Le président candidat n'est pas dans le besoin de se forcer pour affiner son programme électoral. Il sait que les jeux sont déjà faits et que sa réélection est assurée. Par ailleurs, il a mis en branle une machine de soutien réellement imposante : les partis de l'Alliance, les organisations satellites (syndicats, mouvements estudiantins, société civile, etc.), les zaouïas, les organisations patronales et même les « repentis ». Il a basé sa campagne sur le bilan de ses deux précédents mandats (qui est, bien entendu, plus que positif !), sur la promesse de faire encore mieux (d'où le programme de 150 milliards de dinars et de trois millions d'emplois à créer tout au long du nouveau quinquennat) et sur la distribution de la rente (comme l'effacement de la dette des paysans). Il n'a pas besoin de faire plus.


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