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Le parti islamiste est accusé d'avoir créé une organisation secrète : Le président Caïd Essebsi déclare la guerre à Ennahdha
Publié dans El Watan le 02 - 12 - 2018

Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, est en train de mettre Ennahdha sous pression. Il a remis sur le plateau le dossier de l'organisation secrète du parti islamiste, soulevé depuis fin 2011, qui n'a jamais été examiné par la justice.
En effet, suite à cet examen, il y aura un suivi, par la justice militaire, de toutes les requêtes présentées au parquet civil par le comité de défense des martyrs Belaid et Brahmi, concernant l'implication de cette organisation dans les assassinats politiques.
Lesquelles requêtes n'ont pas reçu de réponse auparavant, empêchant ainsi de traiter le fond de l'accusation, le parquet civil étant sous l'emprise d'Ennahdha depuis la gouvernance de la troïka et le passage de Noureddine Bhiri à la tête du ministère de la Justice.
Le président de la République fait bouger les choses et remue la poussière qui a déjà enveloppé ces dossiers d'assassinats politiques faisant peur à Ennahdha, qui a cru que ces dossiers ne seraient jamais rouverts.
Des interrogations sont régulièrement soulevées par l'opinion publique en Tunisie sur les raisons ayant empêché la justice d'enquêter sur la fameuse «chambre noire» du ministère de l'Intérieur.
Ladite chambre contient plusieurs cartons de documents en liaison avec les assassinats politiques et l'organisation secrète d'Ennahdha. Pourtant, un certain Mustapha Khedher, chez qui les documents ont été retrouvés, a été condamné pour d'autres délits, mais pas pour atteinte à la sûreté de l'Etat. Sieur Khedher est proche d'Ennahdha.
Il traite quotidiennement avec Ridha Barouni, membre du bureau politique du mouvement islamique, à l'époque, et actuel chargé de mobilisation. Khedher dirigeait la page Facebook du ministre de l'Intérieur, Ali Larayedh, qui est passé à la tête du gouvernement en mars 2013.
Khedher avait même le téléphone portable accessible de Larayedh. Et pourtant, sieur Khedher n'a jamais été inquiété pour tout cela. Il a été condamné à huit ans d'emprisonnement pour d'autres affaires et nul autre n'a été poursuivi avec lui.
Interrogations
D'autres interrogations accompagnent le morcellement des affaires d'assassinats politiques de Belaïd et Brahmi. En effet, le parquet a décidé de diviser le dossier en une dizaine de sous-dossiers (assassinat, caches d'armes, cellules terroristes, etc.), empêchant ainsi les juges en charge des affaires d'avoir une vision globale du dossier et des éventuelles connexions pouvant porter des détails complémentaires.
Le comité de défense des martyrs Belaid et Brahmi a mis plus de deux ans pour reconstituer le dossier global, à partir de toutes les affaires éparses.
C'est ce dossier complet qui a été remis, lundi dernier, au président Béji Caïd Essebsi, avec une requête demandant de le remettre entre les mains du Conseil supérieur de la sécurité nationale. Le bruit court que ledit dossier serait à la justice militaire, puisqu'il s'agit de la sécurité de l'Etat.
Par ailleurs, le président du bloc parlementaire d'Ennahdha et ex-ministre de la Justice, Noureddine Bhiri, serait furieux contre l'idée de convocation, par le tribunal militaire, de l'ex-chef de gouvernement, Ali Larayedh, étant le ministre de l'Intérieur lors de l'assassinat du martyr Chokri Belaid.
Manœuvres politiques
La réaction de Béji Caïd Essebsi au reniement par Ennahdha d'une gouvernance concertée ne s'est pas limitée au côté sécuritaire. Le président de la République tente, également, d'isoler politiquement les islamistes, lui qui les a associés au pouvoir depuis 2014.
Ainsi, Béji Caïd Essebsi a reçu Mehdi Jomaâ, Yassine Brahim et Mehdi Ben Gharbia. Ce sont des personnalités se trouvant à mi-chemin entre Ennahdha et le camp moderniste, pour avoir occupé des postes de responsabilité avec l'aval des deux camps.
Mehdi Jomaâ a été à la tête du gouvernement des technocrates de 2014. Avant, il était ministre dans le 2e gouvernement de la troïka. Pour sa part, le leader d'Afek Tounes, Yassine Brahim, a toujours joué au milieu, entre les islamistes d'Ennahdha et Nidaa Tounes, tirant ainsi des profits pour son petit parti (6 députés) qui a occupé quatre ministères dans le 2e gouvernement de Chahed.
Quant à Mehdi Ben Gharbia, c'est un homme d'affaires, qui était, dans sa jeunesse, militant d'Ennahdha et a fait de la prison en tant que tel. Il était député à la Constituante et ministre avec Youssef Chahed, en tant qu'issu du parti de l'Alliance démocratique.
Il est clair que le président Caïd Essebsi vise, en ce moment, ce camp mitoyen, pour l'éloigner d'Ennahdha et lui expliquer les raisons de sa démarche à l'encontre de ce parti. «Nous avons essayé, durant quatre ans mais en vain, de convaincre Ennahdha des principes fondamentaux d'un parti civil», c'est le message que semble transmettre le président de la République, tel qu'il avait déjà dit dans une interview, publiée le 6 septembre 2017 sur les colonnes de La Presse et Assahafa. BCE est, par ailleurs, sûr du soutien du camp moderniste dans ses manœuvres contre les islamistes.
Ce sont les diverses mouvances modernistes qui vont le soutenir pour faire passer le projet de loi sur l'égalité dans l'héritage, malgré l'opposition des islamistes. La Tunisie est loin de l'accalmie.


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