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L'Organisation administrative du travail ou le retour au temps et au week-end universels
Publié dans El Watan le 03 - 09 - 2009

Et l'Algérie ne manque pas d'atouts pour se remettre au travail. Même sa position géographique lui confère le privilège unique d'enregistrer chaque année l'équinoxe de printemps à l'intersection du méridien de Greenwich et du tropique du Cancer. En effet, passé au zénith de Sidia, village situé entre Arzew et Mostaganem, le méridien de Greenwich s'en va croiser le tropique du Cancer au-dessus du désert de Tanezrouft, entre Reggane et Bordj Baji Mokhtar. L'Algérie est, de ce fait, le seul pays au monde à jouir de ce privilège qui se produit chaque 21 mars, date qui met à égalité de durée le jour et la nuit et qui est le premier jour de printemps, suivant le calendrier grégorien. Cependant, le jour de l'équinoxe, l'égalité du jour et de la nuit est valable pour tous les points de la terre quels que soient la latitude et le fuseau horaire.
Les 24 fuseaux horaires correspondant chacun à une heure de temps sont numérotés de zéro à 23 en allant vers l'est à partir du méridien de Greenwich. L'Algérie et le Maroc se trouvent couverts par le fuseau zéro, et scientifiquement, quand il est midi gmt à Alger et Rabat il est 13 heures à Tunis et Tripoli, 14 heures au Caire et 15 heures à Riadh, alors qu'il est encore 7 heures du matin à New York, ville située à plusieurs milliers de kilomètres à l'ouest du méridien de Greenwich.
Heure gmt ou temps universel, c'est toujours par rapport au méridien de Greenwich, par conséquent notre méridien, que sont fondés les fuseaux horaires et le temps légal de tous les pays. heure «gmt plus» ou heure «gmt moins», avec changement de quantième à minuit, c'est selon qu'on est à l'est ou à l'ouest de notre méridien.
De la même manière que l'échelle de temps universel a été mondialement consacrée par rapport à l'heure gmt, tous les pays du monde, notamment les pays situés dans la même sphère géographique que l'Algérie, ainsi que ses principaux partenaires ont, pour des raisons objectives, adopté les mêmes horaires de travail et les mêmes jours de repos hebdomadaire.
Evidemment, des impératifs économiques ou des contraintes environnementales ou encore des spécificités culturelles, ces règles universelles se trouvent, ici et là, battues en brèches.
Si des pays économiquement et technologiquement avancés, ou même prospères, se permettent de réduire le temps de travail à 15 heures par semaine pour consacrer plus de temps au sport et aux loisirs, si les pays scandinaves organisent et gèrent leur vie en fonction de la latitude et de la rudesse des conditions naturelles, on ne peut à l'opposé concevoir que l'Arabie Saoudite puisse adopter un jour de repos hebdomadaire autre que le vendredi.
Or, l'Algérie n'a aucun argument déterminant à faire valoir pour justifier les changements de l'heure (gmt plus une), des horaires de travail et de repos hebdomadaire opérés depuis plus de deux décennies, changements qui, à des degrés différents, ont participé à l'établissement progressif de la confusion et de l'anarchie qui caractérisent la vie sociale.
Ces mêmes changements ont d'autant contribué à l'isolement du pays. Et pour ne citer qu'un exemple, nos institutions financières, nos entreprises, nos opérateurs économiques publics et privés ne peuvent être en contact avec leurs partenaires étrangers que le lundi, mardi et mercredi : pas plus de trois jours par semaine. A l'heure de la mondialisation, cela est tout simplement aberrant. Plus aberrant encore, les administrations décentralisées ne sont en contact avec leur tutelle que quatre jours sur sept puisque les premières ouvrent le jeudi et ferment le samedi alors que c'est l'inverse chez les secondes.
Nous devons, pourtant, matin et soir, louer Allah pour nous avoir fait dont d'un si grand pays que des dizaines de générations ont défendu contre les envahisseurs étrangers mais auquel seule la génération de Novembre, après l'avoir définitivement libéré, a pu donner les structures et la forme d'un état moderne. Ce sont les impératifs de la modernité et la mise en adéquation de la dynamique sociale avec le sens du progrès qui nous imposent de combattre l'obscurantisme et la mystification afin de défendre d'abord les intérêts de l'Algérie.
Nous ne sommes pas plus riches que les autres nations. Nous ne sommes pas plus intelligents ni plus malins. Nous ne sommes pas plus arabes que les autres peuples arabes ni plus musulmans que nos coreligionnaires.
Nous sommes tout simplement des Algériens et c'est cette algérianité, prise dans tout ce qu'elle comporte de spécifique et de commun et avec toutes les diversités que renferme son unité organique qui, d'abord, doit déterminer notre citoyenneté, notre mode de vie et notre organisation sociopolitique.
C'est pour toutes ces raisons, qui gagneront sûrement à être affinées et développées, que nous devons, sans tarder, remettre les pendules à l'heure, restaurer les horaires conventionnels des services publics et rétablir le repos hebdomadaire universel.
Chapitre I : Remettre les pendules l'heure
Remettre ses pendules à l'heure selon l'échelle du temps universel, c'est tout simplement revenir à l'heure GMT que l'Algérie a de tout temps observée, pour la bonne raison qu'elle se trouve entièrement couverte par le fuseau horaire.
L'échelle du temps universel et les 24 fuseaux horaires étant déterminés par rapport au méridien de Greenwich qui passe au zénith du village de Stidia situé, entre Arzew et Mostaganem, on peut même prétendre que l'heure GMT fait aussi partie de notre identité ou tout au moins de notre originalité parce que intimement liée à la géographie, à la culture et aux pratiques cultuelles de l'AIgérie.
N'avons-nous pas combattu ce que nous appelions «l'heure Soustelle» durant la guerre de'libération nationale ? C'est, en, effet, Jacques Soustelle, gouverneur général de l'Algérie en 1955-1956 et fervent partisan de l'Algérie Française, qui avait imposé à l'Algérie «l'heure GMT plus une» pour la mettre à l'unisson avec la France métropolitaine. Ce fut par dérison qu'elle a été qualifiée «d'heure Soustelle» par l'organisation FLN/ALN, en somme l'Algérie combattante, qui ne l'avait jamais adoptée autant par patriotisme que par respect à l'échelle du temps universel basée uniquement sur le méridien de Greenwich qui est notre méridien. Ce n'est qu'au milieu des années 1970, à l'époque du parti unique, que la direction du FLN, pour des raisons moins appropriées qu'opportunes, a décidé d'avancer d'une heure le temps légal de l'Algérie.
En revenant à l'heure GMT, l'Algérie, sans aucun doute, fera quotidiennement l'économie de plusieurs millions de dinars en consommant moins d'électricité au moment où Sonelgaz multiplie les délestages et mène une campagne de sensibilisation dans ce sens. Même l'horaire de nos pratiques cultuelles s'en trouvera avantageusement réajusté, le culte musulman étant fondé sur Ie calendrier lunaire ,dont I'année compte 12 lunaisons totalisant 354 à 355 jours, soit 10 à 11 jours et quart de moins que l'année grégorienne basée sur le calendrier solaire.
C'est ainsi que chaque année musulmane commence 10 à 11 jours plut tôt que l'année précédente et avance d'autant sur l'année grégorienne, C'est ce qui explique que dans un cycle de 36 ans, nous devons célébrer le 1er Mouharem (1er jour de l'année Hégirienne), faire l'aumône légale (Zakat), observer le mois de Ramadan ou effectuer le pèlerinage aux lieux saints de l'Islam trois années consécutives aussi bien en janvier, mars, mai, juillet, septembre, novembre ou décembre de l'année grégorienne, selon l'observance du croissant lunaire.
Même s'il existe une amplitude d'un intervalle solaire de 30 minutes entre Tébessa et Maghnia, en rétablissant I'heure GMT, nous pourrons, par exemple rompre Iégalement le jeûne, servir le ftour ou faire la prière du Maghreb le 21 mars à 18 heures au lieu de 19 heures actuellement et la prière du Icha une heure 15 minutes plus tard, soit 19h-15 au lieu de 20h-15, notre religion étant plus clémente que répressive.
Nous citons le 21 mars parce qu'au risque de nous répéter, c'est l'équinoxe de printemps, date qui met le jour et la nuit à égalité de temps partout dans le monde et, de ce fait, constitue une référence universelle.
Il se trouve, en effet, qu'un grand nombre de pays, notamment les pays d'Europe occidentale ont, après le premier choc pétrolier de 1974, adopté l'heure d'été, heure GMTplus deux, à partir du dernier dimanche de mars et l'heure d'hiver, heure GMT plus une, à partir du dernier dimanche d'octobre dans le but de consommer moins d'énergie. Cependant, des associations françaises, notamment l'Association contre l'heure d'été double (Ached), affirment que non seulement les économies d'énergies escomptées sont minimes, voire nulles, compte tenu des surconsommations pour le chauffage et le trafic routier, mais l'heure d'été perturbe les rythmes biologiques, notamment le sommeil, avec des effets négatifs sur l'agriculture et l'élevage et sur la pollution atmosphérique, les pics de circulation coïncidant avec l'ensoleillement maximum.
Ce sont les régions du Midi méditerranéen et du Sud-Ouest européen, où le soleil se couche vers 10 heures du soir en juillet et août, qui souffrent le plus des effets négatifs de l'heure d'été. N'étant pas tous à la même latitude Nord que les pays ouest-européens, donc ne connaissant pas les mêmes conditions climatiques et ayant sa culture spécifique, l'Algérie, en adoptant l'heure GMT plus une, se trouve inutilement exposée à des effets négatifs comparables aux plans biologique, économique et environnemental. Compte tenu de tous ces facteurs, il est donc de l'intérêt de l'Algérie de revenir à l'heure GMT préalable à la restauration des horaires conventionnels des services publics.
Chapitre II : Restaurer les horaires conventionnels des services publics
De la même manière et dans la même opération de réappropriation de ses points de repère, l'Algérie doit restaurer les horaires conventionnels d'ouverture et de fermeture des services publics, applicables partout dans le pays, avec possibilité de modulation pour les régions du Sud durant la période des grandes chaleurs, soit :
– Matin : de 8 h à 12 h
– Après-midi : de 14h30 à 18h30 ou de 14h30 à 18h, selon qu'on opte pour un week-end de deux jours ou d'un jour et demi pour totaliser, dans tous les cas, quarante heures de travail par semaine. Pour combattre les retards et l'absentéisme, il convient de rétablir et de généraliser le système de pointage, par machines ou par feuilles de présence, au début et à la fin des heures de travail et par les autorisations de sortie pendant les heures de travail. Le contrôle de ce système peut être facilement assuré par les agents de sécurité présents actuellement dans tous les édifices publics. C'est dans le même esprit de remise en ordre que le repos hebdomadaire universel doit également être rétabli.
Chapitre III : Rétablir le repos hebdomadaire universe
Le repos hebdomadaire universel, ou week-end, est une nécessité et un droit universellement reconnus à toutes les personnes exerçant régulièrement une activité rémunérée, au même titre que le congé annuel. Partout dans le monde, il est observé en fin de semaine, un week-end, qui s'étale généralement sur une journée et demie à partir du samedi à 12 heures. Cependant, certains pays ayant atteint un niveau de développement très élevé se permettent un repos de deux jours, soit samedi et dimanche avec seulement 35 heures de travail par semaine. Que l'on se repose deux jours par semaine soit. Mais que l'on réduise le temps de travail de cinq heures par semaine, soit une heure par jour ouvrable, cela est un non-sens économique. Car comment peut-on produire en 35 heures ce qui a été produit en 40 heures de travail pendant que nous consommons plus et que nous devons être plus compétitifs sur le marché mondial ? Nous disons tout simplement que l'Algérie ne doit pas commettre la grave erreur de ceux des pays qui, tôt ou tard, regretteront d'avoir institué la semaine de 35 heures. Ce n'est plus, comme du temps de Marx, la guerre entre le capital et la force de travail, mais il y va du sort de tout le pays dont l'avenir dépend d'un salutaire contrat économique et social.
L'Algérie étant encore en voie de développement, il est évident qu'elle ne peut se permettre le luxe d'un week-end de deux jours, à moins d'un travail quotidien de huit heures durant les cinq premiers jours de la semaine. Si l'on opte pour un week-end d'un jour et demi et un temps de travail légal de 39 heures par semaine, on peut aussi bien ramener à sept heures la durée de travail quotidien avec cinq jours et demi par semaine (soit 7×5 = 35+4=39). Dans tous les cas, la situation du pays étant ce quelle est, la collectivité nationale, notamment la population active, se doit de consentir plus d'effort que par le passé.
Notre législation doit obéir davantage aux impératifs économiques et à la sauvegarde des intérêts supérieurs du pays, l'Algérie étant en situation de dépendance vis-à-vis de ses partenaires étrangers, laquelle dépendance risque de s'accentuer avec la mondialisation. S'y ajoutent les obligations découlant de l'accord d'association de l'Algérie avec l'Union européenne aussi bien que de son adhésion prochaine à l'Organisation mondiale du commerce.
Compte tenu donc des impératifs économiques et des exigences environnementales, nous devons sans tarder revenir au week-end universel avec l'une des variantes proposées plus haut et, cependant, un arrêt de travail de 11 h 30 à 14 h 30 le vendredi pour tous ceux qui souhaitent assister au prêche et à la prière du vendredi.
Horaires de travail et week-end doivent, en tout cas, être rigoureusement respectés par toutes les administrations et les entreprises publiques à travers tout le territoire national (avec quelques nuances pour les régions du Sud) pour mettre fin à la confusion, à l'anarchie et aux anachronismes, afin de remettre les Algériens au travail et l'Algérie sur ses pieds. Afin de nous mettre au diapason de nos partenaires et de relever les défis du troisième millénaire.
La réappropriation de nos points de repère, à savoir le rétablissement de l'heure GMT, du repos hebdomadaire universel et des horaires conventionnels des services publics, constitue un incontournable préalable à une nouvelle organisation politico-administrative du pays. Parce que consacrée à une nouvelle organisation politico-administrative basée sur la régionalisation du pays, la deuxième partie revêt une importance capitale et requiert plus d'effort dans la réflexion et dans l'argumentation et, par conséquent, plus de temps et plus de développement.
Le commandant B. B. H. : (*) Moudjahid, retraité de l'anp
diplômé de l'institut
des sciences politiques
et de l'information d'Alger


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