L'ambassadrice de la France auprès des Nations unies à Genève n'a pas demandé la démission de Francesca Albanese, la rapporteure spéciale sur les territoires palestiniens occupés, lors d'une réunion du Conseil des droits de l'homme de l'ONU mercredi, alors que Paris s'était précédemment engagé à le faire. Plusieurs pays européens avaient appelé Albanese à se retirer après des commentaires sur la guerre en Gaza lors d'une intervention télévisée plus tôt dans le mois, dans lesquels elle faisait référence à un « ennemi commun » de l'humanité. Ses critiques ont estimé qu'il s'agissait d'une diffamation antisémite visant Israël. Albanese a fermement nié ces accusations, affirmant que ses propos avaient été déformés et n'étaient pas dirigés contre Israël. Les demandes de démission avaient été soutenues par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, et par l'ambassadeur des Etats-Unis en France, Charles Kushner. Lors de la réunion du Conseil des droits de l'homme, la représentante permanente de la France, Céline Jurgensen, a mentionné « des déclarations répétées et extrêmement problématiques d'une rapporteure spéciale des Nations unies » et a appelé les rapporteurs spéciaux à « exercer la retenue, la modération et la discrétion requises par leur mandat ». En février, Jean-Noël Barrot avait déclaré à l'Assemblée nationale française que les « provocations » d'Albanese « n'appellent qu'une seule réponse : sa démission ». Interrogé sur le changement de position, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, a indiqué que, selon le ministre, « les provocations répétées de Mme Albanese justifiaient qu'elle ait la dignité de se retirer ».