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Il y a vingt ans, était signé l'acte de naissance de la presse indépendante : Une convulsion née des douloureux événements d'Octobre 88
Publié dans El Watan le 03 - 04 - 2010

Deux décennies se sont écoulées depuis la promulgation, le 3 avril 1990 de la loi sur l'information. La presse algérienne indépendante, qui a atteint aujourd'hui la fleur de l'âge, est née d'une volonté d'un gouvernement d'accompagner l'ouverture économique par une ouverture politique et médiatique, et d'un besoin social d'avoir droit à l'expression. Une naissance désirée, mais qui s'est suivie d'une enfance difficile. Mouloud Hamrouche, qui était à la tête du gouvernement (de 1989 à1991), savait qu'il ne pourrait y avoir de développement économique sans démocratie. Et une démocratie ne saurait se suffire de la seule présence de partis politiques, elle s'accompagne d'autres attributs dont celui de la liberté d'expression. «Nous avons, au début des années 1990, projeté d'offrir aux citoyens les moyens de leur émancipation avec l'ouverture médiatique et tous les espaces d'expression partant du principe que l'homme, né libre, doit vivre libre. Et sachant qu'un homme libre est moins exposé à l'erreur», soulignait encore Mouloud Hamrouche dans une de ses sorties publiques lors d'une université d'été à Boumerdès pour expliquer les motivations de la loi sur l'information.
Cette dernière, qu'il semblait imposer à un pouvoir encore groggy par le bouleversement des événements d'Octobre 88 et ce que cela a pu engendrer comme affaiblissement du tout puissant parti unique, avait sonné comme la fin d'une époque dans le paysage médiatique algérien et le début d'une autre. Hamrouche pensait «mettre en place des mécanismes nécessaires pour démocratiser la société et le pouvoir… en proposant d'aller à un pluralisme politique et d'idées, dans un premier temps, pour aboutir ensuite au multipartisme venant de la société et non d'appareils politiques sans substance», expliquait-il en 2007 lors d'un congrès arabe. Les journalistes ont été invités à penser la nouvelle orientation libérale pour la presse écrite. Débats et discussions se sont multipliés entre gouvernement et représentants des médias afin d'arriver à un texte de loi favorisant la libre initiative. Abdou B. rappelle dans ses écrits que lors d'une rencontre entre Hamrouche et les journalistes, certains de ces derniers, vraisemblablement non habitués à la liberté, hésitaient à voter en faveur d'une presse indépendante et préféraient le vocable «presse de service public».
En soumettant la proposition au vote, seule la voix de Hamrouche était partie pour l'option «presse indépendante». Dans une de ses contributions sur la presse algérienne, Ammar Belhimer évoque une période charnière qui a vu naître quatre différents avant-projets de lois sur l'information. «Le premier dont l'ambition était de toucher à tous les points était l'œuvre d'une commission nationale préparatoire à laquelle étaient associés des journalistes élus parmi leurs pairs». Quant au deuxième, il fut l'œuvre d'une cellule de réformes animée par Hadj Nacer, sous la haute autorité de Mouloud Hamrouche SG de la présidence à l'époque, et «a été soumis à une délégation du Mouvement des journalistes. Plus concis que le premier, le texte de la présidence n'avait pas pour ambition de réglementer la sphère des médias. Prônant une philosophie et une démarche libérales, il se limitait à lever les interdits pesant jusque-là sur les libertés de presse et d'édition». Le troisième projet émanait quant à lui du gouvernement Merbah. «C'était un document à forte connotation réglementaire qui n'envisageait à aucun moment l'ouverture du champ médiatique. Le quatrième projet était issu des journalistes eux-mêmes, suite à une houleuse et mémorable assemblée générale tenue un soir de Ramadhan à la salle ex-abc», précise-t-il.
Avant la promulgation de la loi du 3 avril 1990, Mouloud Hamrouche, alors Premier ministre, lança le 19 mars 1990, la circulaire n° 04-90 qui mit en marche le projet d'ouverture du champ médiatique. Ce texte donna la possibilité aux journalistes de constituer des «collectifs professionnels pour la création et l'édition d'un titre indépendant, de revues ou périodiques». Ils avaient aussi le choix d'exercer «au sein de la presse de parti ou d'opinion». Des facilités furent accordées aux collectifs de journalistes afin d'asseoir leurs publications à l'instar de la possibilité d'utilisation des imprimeries de l'Etat, le paiement de deux années de salaires et l'accès à la publicité. Pour créer un journal, il suffit de faire une déclaration préalable trente jours avant la parution du premier numéro. La magie opère et l'aventure commence. Une fois lancée, la machine ne s'est pas arrêtée. Mais si les réformateurs tenaient tant à cette ouverture, pourquoi ne l'ont-ils pas étendue au champ de l'audiovisuel ? Des voix du courant des réformateurs affirment que c'était l'étape à suivre, mais le temps n'a pas été du côté des réformes.
Des radios locales furent créées concomitamment avec l'ouverture de la presse écrite dans l'objectif d'être plus tard privatisées. Des maisons de production audiovisuelle ont vu le jour aussi grâce aux lois des initiateurs des réformes afin de faire le lit pour la création de télévisions privées. Si la presse écrite à pu déjouer, ne serait-ce que par son existence, le diktat des fossoyeurs des libertés, vingt ans après la loi de 1990, ce n'est toujours pas le cas des médias lourds. Ces derniers demeurent otages de la seule et unique voix du pouvoir. «Ceux qui veulent la réforme n'en ont pas le pouvoir» et contrairement à eux «ceux qui ont le pouvoir, ne veulent pas des réformes», soulignait en 2007 Mouloud Hamrouche. Depuis 1990, beaucoup d'encre et de sang ont coulé. Des pages entières ont été noircies par des écrits tantôt libres, tantôt commandés. Des écrits tantôt professionnels, tantôt stipendiés.


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