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Burkina Faso : Quand l'ordre kaki tue le rêve de Sankara
Publié dans El Watan le 21 - 04 - 2011

Etudiants, commerçants, militaires, gendarmes, magistrats, entre autres. Ce sont toutes les catégories sociales qui se sont révoltées contre le régime du président burkinabé Blaise Compaoré.
La révolte a commencé en février. Pour apaiser la contestation sociale, le Président a dissous le gouvernement et nommé lundi dernier un nouveau Premier ministre. Il s'agit de l'ambassadeur du Burkina en Luc-Adolphe Tiao. Il remplace Tertius Zongo dont le gouvernement a été dissous le 15 avril, au début des mutineries.
Auparavant, vendredi et samedi, il a nommé de nouveaux chefs dans l'armée et instauré un couvre-feu dans la capitale. Tout a commencé le 22 février dernier avec des manifestations à Koudougou au centre-ouest, après la mort du jeune Junius Zongo dans des circonstances controversées. Selon ses parents et amis, il a été tué par la police après son interpellation. Les autorités affirment qu'il est mort des suites d'une méningite.
Le 22 mars marque le début d'un mouvement de militaires protestant contre la condamnation de certains de leurs camarades inculpés dans des affaires de mœurs et de viols. Des soldats se sont emparés d'armes dans plusieurs garnisons, dont la capitale Ouagadougou, tirant en l'air, pillant des boutiques et libérant certains de leurs camarades emprisonnés. Le 31, Compaoré rencontre toutes les composantes de son armée. Le 8 avril, des dizaines de milliers de personnes manifestent à Ouagadougou et dans plusieurs villes de l'intérieur contre le régime. Elles sont organisées par la Coalition nationale contre la vie chère, regroupant mouvements syndicaux, organisations de consommateurs, organisations des droits de l'homme et de petits commerçants.
Le 11 avril, après trois semaines de grève observées pour réclamer plus de sécurité après les attaques du palais de justice par des militaires, le personnel de la justice reprend le travail. Jeudi dernier, une mutinerie éclate dans deux casernes de la capitale, dont l'une dans l'enceinte de la résidence de Compaoré. Des dizaines de soldats de la garde présidentielle descendent dans la rue, tirent en l'air, pillent de nombreux magasins et incendient le domicile du chef d'état-major particulier de Compaoré. La mutinerie s'étend à d'autres casernes. Les soldats de la garde présidentielle reçoivent les primes qu'ils réclamaient et arrêtent leur mouvement. Samedi, des soldats de plusieurs casernes de Ouagadougou procèdent à des tirs en l'air et à des pillages dans le centre-ville et dans des quartiers périphériques.
De par ces mutineries, les soldats demandent le paiement des indemnités de logement, de primes alimentaires et des salaires du mois de mars qui n'ont pas été versés du fait de la fermeture des banques, à cause de la mutinerie.
En cette même journée de samedi, des commerçants de la capitale ont incendié plusieurs édifices publics pour protester contre les pillages. Un couvre-feu a été décrété dans la capitale. De nouveaux responsables à la tête des armées de terre, de l'air et de la gendarmerie. Dans la soirée, la mutinerie gagne la garnison de Pô au sud. La mutinerie s'étend vers Tenkodogo, à l'est, puis à la ville de Kaya au nord. Lundi dernier, pour la première fois, des gendarmes ont participé à la mutinerie.
La conquête du «pays des hommes intègres»
Certes, Blaise Compaoré, le nouveau Premier ministre, commence à prendre en charge les revendications des soldats, mais est-ce suffisant pour absorber la contestation populaire ? Sachant que l'armée domine la scène politique. Compaoré a été réélu quatre fois avec plus de 80% des voix depuis son arrivée au pouvoir en 1987 par un coup d'Etat. Un coup d'Etat qui a coûté la vie à son prédécesseur, le capitaine Thomas Sankara. En 1990, il est fait état de la mort suspecte de deux opposants. Il s'agit de Guillaume Sessouma, professeur d'université, enlevé à son domicile à 2h du matin et l'étudiant Dabo Boukary kidnappé dans la rue.
En décembre 1998, sont découverts sur la route Leo-Sapouy-Ouagadougou quatre corps calcinés. L'un d'eux est celui du journaliste Norbert Zongo. Cet assassinat provoque des manifestations dans la capitale. Le journaliste en question menait une enquête depuis 1996 sur une affaire, entre autres, d'escroquerie à la suite de la création de la Compagnie d'exploitation des mines d'or burkinabées (Cemob) avec l'aide de la Caisse française de développement.
Ses enquêtes gênent le pouvoir et ses associés étrangers. Opposant au régime, il écrit sur le pouvoir en place en février 1997 : «Comment fera le Président pour s'imposer aux intellectuels qui appréhendent les dimensions de sa dictature et le drame qu'elle représente pour notre peuple ? ( …) Une seule solution s'impose à lui : emprisonner, tuer, faire disparaître. Il n'y a pas d'autre alternative.»Et pour demeurer éternellement au pouvoir, l'Assemblée nationale adopte en 1997 un amendement constitutionnel qui permet à Blaise Compaoré de se présenter à vie à l'élection présidentielle, alors que le texte initial limite à deux le nombre de mandats.
Les exactions de Blaise Compaoré sont nombreuses. Lui, président du Burkina Faso qui signifie «le pays des hommes intègres». Pays des hommes intègres ? C'était le rêve de Thomas Sankara. Un rêve qui lui a coûté la vie. ll a été assassiné en octobre 1987.


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