Le taux de chômage inférieur à celui de l'avant-pandémie    Le déficit budgétaire dépasse 7,6 milliards de dollars en 2021    L'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors va investir 23 mds EUR dans l'électrification sur 5 ans    La Chine émet une alerte jaune aux tempêtes de neige    Everton : Les supporters demande le départ de Pereira avant même son arrivée    CAN 2021 : Le programme complet des quarts de finale    Raymond Domenech et Estelle Denis séparés après 18 ans de vie commune    Tlemcen: Des habitants attendent toujours leur livret foncier    Loi de finances 2022 revue et corrigée : après les avocats, à qui le tour ?    Jungle/Pub sur Internet ?    Chlef: Un complexe sportif pas comme les autres    Complots et trahisons autour du football africain    L'Afrique ou les changements anticonstitutionnels    Dans la vie, rien n'est acquis une fois pour toutes    Promotion des enseignants aux grades supérieurs: Le Snapest boycotte le concours    Une catastrophe environnementale et sanitaire évitée à Oran Est: L'APC d'Oran a décidé de porter plainte contre X    Les Français accepteraient-ils d'être gouvernés par un président raciste ?    Albert Cossery : l'écrivain égyptien de l'indolente paresse et de la douce allégresse (1/3)    La Sadeg améliore sa desserte    Les exportations en hausse    Les Groupes parlementaires fustigent l'Anie    JSK - Royal Léopards reporté?    Messi penserait à un retour au Barça    Brèves Omnisports    Les preuves du complot    L'Algérie redessine les contours de la région    Le Tchad et la Libye veulent raffermir leurs relations bilatérales    Un challenge au sommet de l'UA    La rentrée reportée?    Pénurie de... soldats!    9 Tonnes de sucre stockées illicitement    Les APC sans majorité absolue débloquées    Lotfi Benbahmed rassure    Fermeture des espaces culturels    1ère édition en mai prochain    L'illusion d'un eldorado européen    L'armée sahraouie cible les forces de l'occupation marocaine dans les secteurs de Mahbès et d'El bekkari    La ministre de la Culture présente à l'ouverture de la Foire internationale du livre du Caire    Le "sommet" algéro-égyptien du Caire fait la "Une" des médias égyptiens    Bouslimani appelle la presse nationale à redoubler d'efforts pour faire avorter les projets visant l'Algérie    Accidents de la route: 10 morts et 298 blessés en une semaine en zones urbaines    Les avocats mettent fin à leur grève    14 candidats en lice pour un siège de sénateur    Le ministère des Affaires étrangères cible d'une cyberattaque    Le militant Yanis Adjlia écope de 6 mois de prison ferme    le procès de l'affaire du groupe agroalimentaire "Benamor" reporté au 2 février prochain    Témoignage d'un combattant de l'ALN en Wilaya III (Kabylie) 1956-1962    Sport et musique !    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Un grand peintre de talent et d'amour
Publié dans El Watan le 08 - 09 - 2011

En effet, l'ayant connu et côtoyé à des moments forts de la vie, car ami de son fils Nadir et de la famille Sahouli, je peux dire qu'il ne cultivait pas le culte de la personnalité et son ego était inexistant car humble et généreux, toujours souriant et affable. Il ne se mettait pas au devant de la scène, et la meilleure preuve est son dévouement à partager son art et son savoir-faire en ayant été près de vingt-cinq ans professeur de peinture à l'école des beaux-arts d'Alger, à la place Emir Abdelkader, non pour des raisons alimentaires, car il avait sa propre entreprise de sérigraphie à Bologhine, mais par désir d'enseigner son «savoir-faire», comme l'ont fait avec lui Youcef Khodja pour la musique et bien d'autres artistes.
Au-delà du savoir-faire, Abderrahmane Sahouli enseignait aussi un «savoir-être». Il était l'élégance même, et de nombreux jeunes ont bénéficié de ce dévouement. Je sais qu'il a redonné confiance à de nombreux jeunes rejetés par le système scolaire, mais qui avaient un don artistique. La société des Beaux-Arts, ouverte à tous sans aucune restriction de classe, a produit de nombreux talents aujourd'hui reconnus. C'était une manière à lui de remercier cette société des Beaux-Arts où il a lui-même étudié et qui lui a permis de vivre sa passion, lui, un enfant de La Casbah, né en 1915.
Pair d'Issiakhem
Il appartenait à cette école de peintres algériens composée de Mohamed Issiakhem, Mohamed Bensemmane ou Mohamed Temmam. Sa passion pour la peinture lui collait tellement à la peau qu'il était face à son chevalet tous les jours, et ce, jusque l'âge de 90 ans, jusqu'à ce que son état de santé ne le lui permette plus. On peut dire aujourd'hui, qu'il a voué sa vie à la peinture, à son épouse Yasmin qui l'a soutenu et encouragé dans cette vie d'artiste, jusqu'à la fin. Il laisse une œuvre pleine de vie et de couleurs vives, une œuvre pleine de cette Algérie si chère. Sa peinture est certainement réaliste et il a fait beaucoup de portraits qui allaient au-delà de la ressemblance photographique.
En effet, il peignait un instant, une émotion, un regard, un profil. Le peintre n'a jamais été attiré par la tendance frénétique du cubisme, du modernisme qu'il respectait mais qui ne l'inspirait pas. Cependant, ses tableaux, même s'ils appartiennent au style figuratif, intégraient des pointes de peinture abstraite. Les objets et les motifs ne reflètent pas uniquement la réalité car Sahouli peignait aussi à la manière des impressionnistes. S'il s'est éteint à Baïnem, c'est à Bologhine qu'il a vécu, son quartier, son lieu de vie et de travail et à ce propos il a laissé des peintures superbes de la côte de Saint-Eugène, des Deux Moulins. A partir de la plage, il a immortalisé cette corniche avec le boulevard qui surplombe cette belle Méditerranée, deux rues plus bas de l'immeuble où il habitait.
En regardant encore cette peinture je ressens une grande émotion grâce au mariage du mouvement des vagues et des nuages blancs au-dessus des villas de la côte, et donc par le mouvement, le peintre a su transmettre tout son amour pour cette superbe ville qu'est Alger.
Casbah, son amour !
Il a peint La Casbah, son lieu de naissance, les hauteurs d'Alger, bien entendu Baïnem et sa forêt où il aimait se promener et qu'il aimait peindre. Il a peint aussi le Sahara et les espaces désertiques. La nature a été au centre de ses motifs car il recherchait une spiritualité et un repos loin du tumulte de la ville. Il a été aussi acteur de la vie culturelle cinématographique et théâtrale d'Alger avec l'affiche si connue du film Le vent des Aurès avec la comédienne Keltoum, ou encore les décors de pièces de théâtre au TNA qu'il a fait à la demande de Bachtarzi, sans oublier sa participation à certaines affiches du 1er Festival panafricain de 1969. Aujourd'hui, certaines de ses œuvres peuvent être vues au musée des Beaux-Arts.
Cependant, il serait important de vite lui rendre hommage en organisant une exposition pour permettre à l'artiste d'être toujours parmi nous et de le faire connaître à la nouvelle génération qui a tant besoin de repères, d'ouverture, d'amour et d'art. Abderrahmane Sahouli a eu la vie qu'il a voulu vivre. Repose en paix.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.