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Repères : Harraga sans bouqala
Publié dans El Watan le 21 - 12 - 2018

En pensant à ces familles qui se rongent d'inquiétude et ne parviennent plus à vivre, déchirées par l'ignorance du sort de leurs disparus, on se dit que l'angoisse de la mer, avaleuse d'êtres chers, ne date pas d'aujourd'hui.
Les temps ont changé sans doute. Mais pas cette effroyable sensation d'absence, plus douloureuse qu'un deuil établi dont l'épreuve est paradoxalement tempérée par le caractère net et absolu. Des siècles auparavant, au temps de la Course, des milliers d'hommes allaient régulièrement affronter la Méditerranée en quête de butins mirifiques.
A la fois corsaires et marins, ils laissaient femmes et enfants derrière eux, parents, amis aussi. C'est de cette transhumance entre terre et mer, de l'expérience de batailles terribles et de retours glorieux ou atroces que serait née la tradition de la bouqala, cette cérémonie poétique et pseudo-divinatoire pratiquée de nuit par les femmes.
L'absence prolongée d'un fils, d'un époux, d'un frère ou d'un fiancé parti en mer, sans que l'on sache où et pour combien de temps, a généré une poésie féminine qui aurait conduit à la création de la bouqala. L'hypothèse, défendue par des auteurs comme Mohamed Bencheneb ou Kaddour M'hamsadji, est corroborée par l'implantation de la tradition populaire.
On retrouve en effet la bouqala dans les villes côtières et particulièrement celles liées directement ou indirectement à la Course : Alger, Jijel, Cherchell, Dellys, mais aussi Miliana. Des lieux portuaires donc, ainsi que des régions de recrutement ou encore de fourniture des chantiers navals. Jadis comme de nos jours, quand on prend la mer, il arrive que ce soit la mer qui nous prenne.
Ce qui diffère, c'est que la Course, alors reconnue dans le monde comme légale, était, quoi qu'on en pense, une navigation d'espoir tandis que l'émigration clandestine demeure fondamentalement une entreprise de désespoir, même associée au rêve aléatoire d'une vie meilleure.
Ce qui ne change pas, c'est la douleur de ceux qui restent sur terre, dans l'insupportable attente de ceux qui sont partis. Au XVIe siècle, on ne possédait ni portables, ni satellites d'observation, ni GPS, ni moyens modernes de contrôle et de secours et, en principe, cela devait donc être plus dur.
Pourtant, on avait au moins l'avantage de dire au revoir à celui qui partait, de savoir déjà qu'il partait, même si les directions étaient souvent tenues secrètes par les raïs de la Course. Aujourd'hui, qu'il doit être éprouvant d'espérer des retrouvailles quand on ignore même le départ et qu'on ne peut pas même compter sur le souvenir d'un adieu pour y accrocher sa peine !
Et le réconfort d'antan qu'apportait la bouqala, du moins pour les femmes, n'est plus de ce monde. La culture, on l'oublie souvent, sert aussi et peut-être essentiellement à surmonter, voire absorber les douleurs. Bien sûr, jamais à les effacer. Mais qui pense à ceux qui attendent devant la tragédie de ceux qu'ils attendent ?


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