– Quels sont les objectifs à atteindre pour cette édition ? L'objectif principal du Salon emploi et formation est de créer une plateforme de rencontre entre les différents acteurs du monde du travail et de la formation professionnelle et continue : les entreprises et administrations, les écoles et organes de formation, les institutions spécialisées des ministères du Travail et de la Formation professionnelle, les demandeurs d'emploi ou de formation, ainsi que les porteurs de projet de création d'entreprise. Un plateau de conférences, ateliers et table ronde sera également mis en place pour débattre des évolutions dans le monde du travail et de la formation, ainsi que des problèmes et défis rencontrés. Pour l'édition 2019, les objectifs chiffrés que l'on vise en termes de participation des entreprises et des écoles seront d'environ 30 entreprises et 50 écoles et institutions de formation, ainsi que la participation des organismes spécialisés des ministères du Travail (Anem, Ansej, Angem, Cnac, Cacobatph, Istss) et ceux de la Formation professionnelle (Fnac, Ondefoc, Infp). Nous visons aussi un nombre de visiteurs équivalent ou supérieur à celui de l'an passé, qui était d'environ 20 000. – Est-ce que la crise et le ralentissement économique ont modifié le marché de l'emploi et de la formation en Algérie ? Quelles sont vos observations ? Effectivement, la crise a modifié le marché de l'emploi. Des secteurs ont périclité, à l'image du BTPH, des grands travaux d'infrastructures publiques (hôpitaux, routes, barrages), de la distribution automobile (qui commence à se reprendre timidement avec l'industrie de montage locale en cours de développement), certains secteurs de l'industrie qui ont atteint la saturation (minoteries). Par contre, d'autres secteurs se sont vus redynamisés grâce à la crise : industrie agroalimentaire, assemblage automobile, industries mécanique et électronique (civile et militaire), électro-ménager. – Quels sont les nouveaux secteurs porteurs ? Les nouveaux secteurs porteurs sont ceux cités plus haut, les énergies renouvelables (solaire, éolienne), mais surtout tous les secteurs liés à l'émergence de la nouvelle économie numérique et à la création d'entreprises et start-up locales (informatique, réseaux, internet, téléphonie mobile). L'économie numérique, basée sur les TIC, a transformé de nombreux secteurs de l'économie (commerce, industrie, banque, santé, logistique, transport, agriculture, etc.), modifiant les modèles économiques et organisationnels. Elle a aussi transformé et amélioré le fonctionnement de l'administration locale, ainsi que les comportements des citoyens et des consommateurs. Le tourisme aussi essaie de se développer, mais éprouve beaucoup de difficultés, causées par l'insuffisance des infrastructures hôtelières, le manque d'aménagement des routes et des accès vers les plages ou la montagne, mais surtout par une mentalité et une culture rétrogrades de certains éléments de la population. Parallèlement à l'emploi, le secteur de la formation a également évolué. De nombreux métiers ont disparu ou évolué avec l'informatisation des organisations, des structures de management et l'automatisation de nombreux processus de fabrication dans l'industrie et la motorisation de l'agriculture. De nouveaux métiers apparaissent continuellement. Les innovations technologiques, en particulier numériques, créent de nouveaux métiers et de nombreux emplois dans ces secteurs nouveaux très prometteurs. Les métiers de demain doivent se préparer aujourd'hui et les universités et écoles doivent déjà proposer des formations pour des métiers qui n'existent pas encore, car technologies et méthodes de travail évoluent très vite. Parmi les débouchés et métiers à forte valeur ajoutée, on citera par exemple le web designer, développeur, data analyst, traffic manager, community manager et installateur domotique. De plus en plus d'entreprises et institutions (MDN, DGSN, Protection civile, Douanes, ENNA) sont à la recherche de compétences dans la robotique, les objets connectés (IoT), le big data, la cybersécurité, le domaine des drones et le contrôle aérien. L'intelligence artificielle (IA) va aussi devenir l'un des principaux enjeux en entreprise de la prochaine décennie pour la plupart des secteurs. Toutes les activités seront concernées. Les spécialistes prévoient que l'année 2019 va voir se multiplier les applications opérationnelles de l'IA : marketing, maintenance, logistique, contrôle et ressources humaines.