De la maîtrise des ressources à l'émergence économique    Les impacts des tensions USA—Iran sur le cours des hydrocarbures et le rôle stratégique du détroit d'Ormuz    Antonio Guterres dénonce la montée en puissance de « la loi du plus fort »    Réunion d'urgence de l'OCI ce jeudi    Les Douanes confirment l'arrêt de la collecte des taxes annulées par la Cour suprême    De nouveaux pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran    Tournoi international de Strandja : Les pugilistes algériens fixés sur leurs adversaires    Un week-end de haute intensité entre suspense, ambition et lutte pour le sommet    Championnats d'Afrique d'escrime : l'Algérie termine avec 10 médailles    Deux blessés dans un dérapage et renversement d'un véhicule près de Achaacha    Saisie de 1.469 comprimés de psychotropes, sept arrestations dans deux opérations distinctes    Une bande de cambrioleurs neutralisée à Aïn Nouissy    Un individu arrêté et 10.200 pièces de monnaie antiques récupérées    El Mahroussa célébrée à travers l'art de l'ornement et du bois    Le président de la République salue la teneur du projet    L'ANIRA insiste sur le respect des lois en vigueur régissant ces actions    Décès de l'ancien ministre du Tourisme et de l'Artisanat, le moudjahid Hadj Abdelwahab Bakli    Réception de 384 bus au port de Mostaganem    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Des journées dures pour les justiciables dans les tribunaux
La justice sur un fauteuil rouge
Publié dans El Watan le 28 - 03 - 2005

Rue Abane Ramdane. Du nom d'un martyr assassiné par ses pairs. Tribunal d'Alger dit Sidi M'hamed. Sous les arcades, trois petites portes invitent à y entrer. Passé le portique et les agents de sécurité affairés à contrôler, l'instance est là.
Les longs corridors aux multiples portes entrouvertes laissant apercevoir des robes noires, c'est dans les films. Ici, le tribunal s'impose au premier coup d'œil. Quatre grandes colonnes soutiennent la bâtisse. Ou peut-être tentent-elles de hisser la justice à des hauteurs inaccessibles. Dans le hall rectangulaire, il y a foule. Assises sur des marches ou des bancs de fortune, des personnes sont plantées là, le regard perdu. D'autres, la majorité, déambulent, vont, viennent, s'arrêtent un court instant pour allumer une cigarette ou courent derrière une autre robe noire. Il n'y a pas beaucoup de bancs. Faute de budget ? Deux mondes cohabitent l'instant d'un moment, le temps d'une journée dans ce tribunal : les professionnels de la justice qui se distinguent par leur robe noire et les autres qui se différencient parce qu'ils n'en ont pas. Ils n'ont ni robes noires, ni robes roses, ni tenues particulières qui diminueraient peut-être du désespoir de leur cause. On s'apprête pour un entretien d'embauche ou un mariage. Pas pour passer devant un juge. La mascarade n'existe-t-elle pas au tribunal d'Alger ? « Tu croyais faire quelque chose de bien ? », interroge le juge de la chambre correctionnelle. « Tu trouves une voiture ouverte et qu'est-ce que tu fais ? Tu rentres dedans, par curiosité ? », continue-t-il, fixant du regard un petit jeune, la tête baissée, les mains derrière le dos. Visiblement, la mascarade n'existe pas. Dans la chambre correctionnelle, sept individus attendent dans le box des accusés. Sous l'œil vigilant d'un policier. Sur la gauche, le procureur. A droite, la greffière. Au centre, entre deux fauteuils vides, le président du tribunal. Il siège seul et rendra seul la sentence. Les inculpés défilent au rythme mathématique des numéros de dossiers. Le juge jauge et affirme plus qu'il n'interroge.
Bruits de fond
L'inculpé répond, s'emmêle les pinceaux dans des explications douteuses, est repêché par son avocate qui est à son tour interrompue par le magistrat. Personne ne s'écoute. Le public composé des membres de la famille, des copains et de simples curieux retient son souffle. « Qu'est-ce qu'elle a dit ? » (l'avocate), interroge un homme. La porte de la chambre correctionnelle, restée ouverte, laisse passer un bruit de fond. Seul le juge, l'avocat et l'inculpé peuvent s'entendre. Pendant que l'on discourt sur le fait d'être dans une voiture qui ne nous appartient pas est un début de preuve de vol, un autre inculpé bavarde à distance avec quelqu'un du public. Difficile de lire sur les lèvres, mais eux ont l'air de se comprendre. Le policier qui garde la salle vient de surprendre quelque chose de louche. Il vire deux jeunes hommes et décide de séparer les hommes et les femmes en les plaçant de chaque côté de la salle dans la partie réservée au public. Drague-t-on dans un tribunal ? A ce moment, le petit jeune qui prétend avoir voulu entrer dans la voiture par curiosité - pas pour la voler si raïs - a les épaules qui s'affaissent et son menton a rejoint sa poitrine. C'est que ça se corse pour lui. Tout le verbiage de circonstance employé par l'avocate n'a pas convaincu le juge. Le procureur, de son côté, prend des notes. Il se manifestera lorsque tous les dossiers seront passés. Les dossiers, pas les inculpés. Et uniquement à l'issue de la plaidoirie des avocats dans chaque affaire. Des affaires, pas des inculpés. A ce moment, le procureur demandera cinq, dix années, pas dinars.« Je cherche... », entend-on par-ci par-là. « Deuxième étage », réplique-t-on. Au deuxième étage, on se rend compte que ce n'était pas le bon. Le bon ? Celui du dessous. Il est des justices dites orales et d'autres écrites. Le système judiciaire anglo-saxon (tout comme sa Constitution) se base sur l'oralité et fait référence à « the precedent » en matière de jurisprudence. Le système français, tout comme sa Constitution, ne peut se référer qu'à des articles et des jurisprudences codées et répertoriées (à l'écrit). Le système algérien est de l'héritage du système napoléonien, français. Donc écrit. Sauf pour les renseignements qui se font de vigile en policier, en gardien, et de manière orale. Impossible de savoir quand telle affaire est programmée et devant quelle chambre et à quelle heure. Sur dix personnes interrogées, dix réponses différentes. La pire : « L'affaire est reportée. » Et elle ne l'est pas. Dans cette enceinte ou l'emblème de la justice, la balance, orne chaque chambre. En dessous du portrait du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, bien entendu. Les maux sont différents, selon la salle dans laquelle on se trouve. Querelle avec son époux, vol à la tire, conflit administratif. Les plus grandes salles sont attribuées à la correctionnelle et à la criminelle. Le décor est planté avec des rideaux en velours rouge foncé. Les fauteuils du juge et des assesseurs sont d'un rouge plus clair. La climatisation qui, à l'effet d'aérer, désodorise également pour les journées de grande affluence. Les bancs et balustrades sont en bois foncé et réchauffent tout en apportant élégance et prestance à ce lieu où se mêlent tourmentes et démêlés. Dans cet univers où se disputent rouge et bois, professionnels de justice et justiciables, aucun pont. Aucun espoir ?


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.