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Messaoud Souames. Ancien moudjahid de Skikda : La force tranquille
Portrait.
Publié dans El Watan le 28 - 02 - 2021

Messaoud Souames, vous le trouverez, chaque jour, assis, dans la même posture, sur la même chaise, orné du même béret, dans son magasin où il a fini par faire partie de ses propres meubles. Réservé et d'une incroyable discrétion, il n'a jamais fait dans le tintamarre en dépit d'un parcours révolutionnaire des plus emplis.
Messaoud, l'enfant d'Agmès, une contrée nichée, là-haut, à Bled Souames, près de Stora n'a jamais fait dans l'exhibition et pour réussir à le faire parler, il fallait s'armer de patience. L'homme parle de son combat comme s'il évoquait des journées toutes ordinaires. Sans emphase. Comme si c'était une évidence. Orphelin dès l'âge de 4 ans, c'est sa mère qui l'éleva avec 6 autres enfants en cultivant un lopin de terre. Porté par l'ambiance nationaliste qui régnait dans la région, il s'ingère dans l'activité locale du PPA, alors qu'il avait tout juste 14 ans. «Je me souviens surtout de Hammadi Krouma qui avait l'habitude de venir rencontrer les militants de Aïn Zouit, Oued Tanji, Oued Bibi et la Grande-Plage.
Mon rôle à moi était de vendre les tracts dans les cafés maures de Zkake Arabe», révèle-t-il. Cette proximité avec les réseaux nationalistes de sa région l'influença énormément et au déclenchement de la guerre de Libération en 1954, il décide de rejoindre le maquis, mais ce n'était si évident. «J'avais tout juste 17 ans et je paraissais en avoir moins tellement j'étais maigre», raconte Messaoud, qui tentera à plusieurs reprises de forcer les portes des maquis de la région sans y parvenir. «Avec Mokhtar Souames, nous sommes allés jusqu'à Oued Tanji pour nous faire mobiliser par Tahar Bouhouita Guermech.
On a même osé parler à Mohamed Mehri, qu'on craignait beaucoup, le suppliant de nous permettre d'accompagner les moudjahidine. Je suis allé jusqu'à mentir en lui disant que j'avais 19 ans», témoigne-t-il. Cette obstination se poursuivra jusqu'à l'année 1956, lorsque Mohamed Namous, responsable du recrutement était venu dans la région. Messaoud revient alors à la charge. «Namous a accepté de nous enrôler, moi et Mokhtar, mais il nous a demandé de rester dans les parages», rappelle-t-il. Fiché et recherché par la police coloniale, Messaoud est resté à faire la navette entre Douar El Atba et les autres «markez» de la région, sans arme et sans mission.
Premières opérations
Cette situation alla vite changer après le Congrès de la Soummam lorsque Hamrouche Hammoudi était venu remplacer Mehri Mohamed. Quelques jours après, Messaoud fut désigné pour mener un attentat à l'hôtel St-Georges de Stora en compagnie de Chaâbane Allouche. Armé d'un simple pistolet 6-35 ne disposant que d'une seule balle, il devait lancer une grenade dans le hall de l'hôtel. «Allouche avait un mousqueton et avait pour mission de tirer sur la caserne. A 8h, nous étions déjà sur les lieux, avant qu'un véhicule ne vienne stationner juste devant l'entrée de l'hôtel. Je me suis précipité et jeté la grenade en direction du véhicule.
Des militaires ont commencé à nous tirer dessus, alors on s'est replié et pris la fuite», se souvient-il. Messaoud ne tarda pas par la suite à attirer l'attention de Hocine Beddai, le chef du groupe des fidayîn qui lui demandera de le rejoindre. «Nous formions un commando. Une sorte d'électron libre et nous écumions les maquis allant de Aïn Zouit à Filfila en passant par Tamalous. Il nous arrivait aussi de renforcer les sections lors des grandes opérations comme l'embuscade tendue aux parachutistes près de mechta Laghouat qui s'était soldée par la mort de 7 paras et la récupération de 6 Mat-49 et un revolver», témoigne Messaoud qui remplacera plus tard Hocine Beddai, blessé dans une embuscade. De toutes les opérations commando qu'il a eu à mener, Messaoud garde le souvenir de cette embuscade, presque improvisée, qui s'était soldée par la mort d'un lieutenant des parachutistes en faction dans le massif de Filfila. Il en parle avec un certain brin de fierté. «C'était non loin de la carrière de marbre de Filfila. J'avais avec moi 14 moudjahidine et on devait tendre une embuscade à un camion de ravitaillement. On a passé la nuit dans les buissons longeant la route menant de la carrière à Guerbès.
Le lendemain, le camion tardait à passer, puis vers 15h, on a aperçu la Jeep d'un lieutenant connu pour sa sauvagerie envers les habitants des hameaux de la région. Il nous avait échappé de peu lors d'un précédent accrochage et je tenais à lui faire payer ses exactions envers les populations. J'ai oublié le camion de ravitaillement et j'ai informé les membres du groupe qu'on allait plutôt s'occuper du lieutenant. C'était là une occasion à ne pas rater. À bord de sa Jeep, il était accompagné de deux parachutistes et deux tirailleurs. Je ne voulais pas me contenter de leur tirer dessus à partir des buissons et en dépit des risques énormes que nous courions, on est sortis de nos cachettes pour nous retrouver, sur la route en face du lieutenant et de sa Jeep. On a tué le lieutenant et trois de ses hommes. L'un des tirailleurs réussira néanmoins à prendre la fuite. Cette opération nous a permis de récupérer 2 mat-49, un mas-56 ainsi que le colt du lieutenant», raconte Messaoud Souames.
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