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Ouled Khelouf (Mila)
Isolement et précarité
Publié dans El Watan le 09 - 07 - 2005

Une fois débarqué du Karsan ou du J5, d'ailleurs les deux seuls moyens de locomotion assurant la liaison entre Chelghoum Laïd et Ouled Khelouf, le visiteur de cette dernière localité est certain de ne pas se tromper sur l'objet de sa destination.
L'agglomération est si modeste et les équipements publics se comptant sur les doigts d'une seule main que la principale et unique artère carrossable abrite le siège de l'APC, le minuscule centre de santé, le bureau de poste et un petit quai à ciel ouvert faisant office de relais pour voyageurs. Quelques estaminets et deux à trois petites gargotes, qui ne payent pas de mine (sur le plan hygiène s'entend), complètent le décor tristounet d'Ouled Khelouf qui, depuis son accession au rang de commune en 1984, peine à sortir de l'ornière du sous-développement. Et comme développement local et évolution socioéconomique riment avec réseaux routiers adéquats et fiables, Ouled Khelouf qui compte à présent près de 13 000 habitants et s'étend sur une superficie de 287 km2 (la plus grande commune de la wilaya), n'est pas près de sortir de l'anonymat et de l'isolement. Et dire que le chef-lieu de commune distant à peine de 12 km au sud de Chelghoum Laïd et de14 km à l'est de Tadjenanet, chef-lieu de daïra, est en plus stratégiquement positionné par rapport aux grands centres urbains de la région : Batna au Sud, Teleghma et Constantine à l'Est. Il n'est pas dès lors hasardeux de penser qu'Ouled Khelouf assume mal son statut de commune. Et pour cause, elle vit le parfait isolement, sans être réellement enclavée aux confins de la wilaya et encore moins située sur des territoires en relief accidenté. Faut-il s'en offusquer ? Abdelali Sekhri Zeggar, P/APC, n'en disconvient pas et nous affirme au sujet de cet isolement poignant que la commune continuera à ramer en mythe de Sisyphe tant que l'état déplorable, pour ne pas dire révoltant, des routes et accès est voué aux gémonies. En outre, nous dira-t-il, le chemin desservant Chelghoum Laïd au Nord et M'chira et Aïn Djasser au Sud, n'est même pas classé. Une délibération portant proposition de classement de ce tronçon routier comme chemin de wilaya a été validée par l'APW et sera financée sur budget sectoriel. Le projet est toutefois subordonné à l'avis de la Direction des infrastructures de base (DIB) de la wilaya de Batna qui tarde à lui donner suite.
projet de proximité, dites-vous ?
Les déboires et vicissitudes des habitants d'Ouled Khelouf ne se limitent pas hélas aux seuls désagréments d'un tissu routier disloqué et qui renvoie à un autre âge. La commune aux 13 mechtas, dont les plus dominantes sont Hassi Bargoug et Dhaya, à la vocation typiquement agricole, pâtit même de développer ce créneau qui est pour ainsi dire son véritable cheval de bataille. La céréaliculture, l'élevage et les cultures maraîchères ont donné quelques motifs d'espoir et de satisfaction aux riverains qui investissent énormément dans l'agriculture, comptant sur eux-mêmes, et n'attendent rien en retour des autorités publiques, pourvu seulement que le ciel soit généreux et récompense leurs efforts et sacrifices. La stoïcité et le compter sur soi des paysans et des fellahs trouvent leur explication, selon notre interlocuteur, dans la désillusion née de la mise en application mitigée du projet de proximité de développement rural (PPDR) en direction des agriculteurs qui s'en est trouvé compromis sérieusement en raison de lourdeurs administratives et de réticences des organismes financiers. Sinon comment expliquer l'incongruité de la BADR qui aura fait obligation aux fellahs et aux paysans de donner des garanties (hypothèque de bétail et autres biens) afin de bénéficier de l'aide au logement rural, de l'aide personnelle et des projets collectifs (pistes et forages), dans le cadre du PPDR. Ledit projet, nous confie le P/APC, gagnerait certainement plus à lever les clivages bureaucratiques et faciliter aux agriculteurs l'accès aux aides pouvant donner au programme, mis en application par la conservation des forêts, une dynamique autrement plus prometteuse. L'expérience probatoire de la culture intensive de la pomme de terre, dont les agriculteurs de la région d'Ouled Khelouf en sont les véritables pionniers prouve, est-il besoin de le rappeler, que le secteur de l'agriculture dans cette commune est porteur d'une vraie dynamique de relance socioéconomique, à condition que les mesures incitatives d'accompagnement y soient associées.
AEP et investissements : la grande équation
Questionné à propos du chômage endémique qui sévit à Ouled Khelouf, de l'inexistence effarante de l'investissement privé et de la rareté d'équipements publics importants, le chef de l'exécutif de la commune répondra par une interrogation pleine de métaphores : et qui viendra investir dans ce coin perdu, sachant que la totalité du réseau routier de la commune est en lambeaux et que pour se rendre à Batna et à Chelghoum Laïd, les usagers devront transiter par la commune de M'Chira ? La ZAC, qui est restée sinistrement inoccupée des années durant, dénote le marasme économique de la localité. Plusieurs dizaines de diplômés universitaires viennent chaque année grossir les effectifs des chômeurs. Les plus audacieux et entreprenants de ce potentiel de jeunesse laminée par le désespoir s'en iront chaque jour faire de la débrouillardise au niveau du marché de gros de Chelghoum Laïd, alors que plusieurs autres affluent vers cette ville dans le seul but de tuer l'ennui et de chasser le spleen. La commune d'Ouled Khelouf, qui abrite les deux plus grandes forêts de la wilaya, Djebel Tafrent et Djebel Chebka, soit une superficie de 5600 ha boisés, offre des opportunités économiques non négligeables, mais les projets de développement local ne sont jamais affectés dans cette région qui continue, selon notre interlocuteur, de faire les frais d'une vision sélective des pouvoirs publics qui privilégient le Nord par rapport au Sud. En matière d'habitat, la commune ne connaît pas de grands déficits et vient de bénéficier d'un projet de 50 logements sociaux participatifs, auquel il y a lieu d'ajouter l'intégration d'un lotissement de 216 unités et la finalisation de l'étude d'un deuxième lotissement de 214 parcelles de terrain. Mais là où le besoin se fait plus pressant, c'est au niveau des établissements du cycle moyen. Le seul CEM Lahoua Abderrahmane n'arrive plus à faire face aux effectifs pléthoriques. L'AEP ne se porte pas mieux non plus. Alimentée à partir d'un seul forage, une fois par semaine, voire une fois tous les 10 jours, la population d'Ouled Khelouf est secourue par trois tracteurs-citernes et un camion-citerne pour pallier les larges déficits d'eau potable. Décidément, l'été s'annonce chaud à Ouled Khelouf !


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