Comme, certainement, dans d'autres régions du pays, la mendicité (sous toutes ses formes) a connu une recrudescence sans pareille tout au long du mois de Ramadhan. Période propice à la manifestation de la bonté, de la générosité et de la clémence à l'endroit des pauvres et des démunis, ce mois de piété a été sciemment mis à profit par un nombre effarant de mendiants, dont la plupart sont des gamins. En compagnie d'une ribambelle d'enfants portant des guenilles, des femmes d'un certain âge et des couples, se prévalant mari et femme, déambulent quotidiennement dans les rues des villes et villages pour faire la manche. De plus en plus de jeunes (surtout des filles), voire des adolescents et des enfants en bas âge, très rompus à la pratique de quémander de l'argent, s'agglutinent sous les perrons des mosquées pour se livrer au rituel de la mendicité. Selon un certain ordre établi, ces essaims de mendiants, s'entendent à priori sur les espaces à occuper pour amadouer et susciter la compassion des passants et des fidèles. Implicitement, sans piétiner les plates- bandes de l'autre, les demandeurs d'aumône s'installent dans des endroits stratégiques, susceptibles à leurs yeux de leur valoir, en fin de journée une «moisson prolifiqu» de pièces de monnaie. Le hic dans cette affaire est que, selon une opinion largement partagée, cette multitude de soi-disant pauvres, est inconnue dans les agglomérations où elle évolue. Une posture qui fait dire à beaucoup que cesdits démunis sont en vérité de faux mendiants qui préfèrent, par précaution, bourlinguer de ville en ville pour ne pas être démasqués. Si l'on en croit certaines indiscrétions, qui estiment entre 2 000 et 4 000 DA la recette moyenne d'une journée de mendicité, le subterfuge est en passe de devenir un vrai filon. Etiqueter toute cette faune de demandeurs d'aumône de pseudos mendiants, c'est se fourvoyer grossièrement. La preuve étant que ce fléau social est bien réel pour la bonne raison que des pans considérables de citoyens n'ont même pas de quoi se sustenter.