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Tunisie, ce que le Doing Business ne disait pas
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Publié dans El Watan le 24 - 01 - 2011

Ces PDG des entreprises publiques sont pourchassés dans les parkings par des foules de travailleurs en fureur. « Dégage » est le mot d'ordre de l'heure. Cela se passe à Tunis bien sûr. C'est la Révolution. La STAR (assurance), la CNSS (retraite), la BNA (banque), Tunisie Télécom, la direction des impôts, ont, parmi d'autres entreprises et organismes publics, vu leurs patrons tomber ou accuser par des collectifs de travailleurs à la parole enfin libérés. Leurs torts ? Ils étaient de puissants relais de la clientèle du couple présidentiel. La Révolution tunisienne met à jour un vieux travers de l'économie publique en l'absence de libertés : la mise à disposition des actifs publics à des fins privatifs. A Tunisie Télécom, une employée hurle à la télévision publique tunisienne qu'on a imposé des concessions financières à l'opérateur historique tunisien afin de faire une place à Orange sur le marché tunisien. Orange Tunisie? Le clan Ben Ali Trabelsi y a avait des intérêts avec leur gendre Sakher El Materi.
Cela aussi elle le dit. Le vent de liberté qui souffle sur le pays renverse sur sa tête le classement Doing business de la SFI, filiale de la banque mondiale pour le secteur privé. Le monde apprend après effroi que les affaires étaient otages d'un clan, d'un seul. Des chefs de grandes entreprises viennent, sur les plateaux de chaînes privées encore totalement dans sourdes et aveugles devant Sidi Bouzid, expliquer comment ils n'arrivaient plus à étendre leurs activités, à investir de nouveaux créneaux à cause du « risque politique ». C'est-à-dire le risque de se faire déposséder par le clan du couple présidentiel. La Tunisie n'était donc pas le paradis rêvé pour faire prospérer son capital. Dans la flagornerie, même la présidente du MEDEF, Laurence Parisot, y est allée de sa phrase avouant que les chefs des grandes entreprises françaises allaient pouvoir désormais venir en Tunisie ; ce qu'ils rechignaient à faire à cause de l'obligation de payer la dîme au clan Ben Ali Trabelsi.
La Révolution est, étymologiquement, un tour complet autour d'un point. Les tunisiens redoutent le retour au point de départ. Ils font donc tout pour aller loin dans leurs conquêtes, rompre avec leur cauchemar. Le modèle économique de leur pays va changer de paradigme. Il va s'en trouver un autre. Qui ne repose pas sur la peur du « hakem », mais sur l'enthousiasme participatif de tous. Avec comme enjeu central, l'efficacité de l'administration. La machine économique s'est arrêtée une semaine. Impensable dans un pays organisé en plate forme off-shore de l'Europe. Une partie du pays souhaite qu'elle reparte au plus vite. L'autre préfère changer les règles avant de repartir. D'où les patrons publics pourchassés, les dirigeants dénoncés, le gouvernement assiégé.
Les atouts de l'économie tunisienne ne vont pas s'évaporer avec la Révolution. Ils vont servir des desseins plus civiques. Plus collectifs. Le mensonge tunisien est un traumatisme régional. Le processus de Barcelone a perdu son enfant gâté. Les think-tank euro-méditerranéens sont subitement orphelins de la « voie tunisienne » de l'intégration moderniste verticale aux attentes de l'Union Européenne. On perçoit déjà qu'ils vont en faire beaucoup moins sur le « modèle émergent marocain ». Une autre lubie en vogue dans les revues. Dans des pays tenus par oligarchies cleptomanes, il est difficile de diffuser la croissance de Nabeul vers Kasserine et de Marrakech vers Ouerzazate. Est-ce pour autant l'Algérie qui a raison de freiner des quatre fers pour ne pas jouer dans la cour du monde ? Rien ne permet de le dire.
Pire, en Tunisie, comme au Maroc, le budget de l'Etat marche sur des œufs. En Algérie la rapine est équivalente à l'opulence du trésor public. Sans le droit de la dénoncer dans la rue. Cela porte tous les germes d'une nouvelle impasse historique. Ou la tentation de la révolte va franchir très vite toutes les portes fermées.


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