Un Américain qui a entièrement perdu la vue depuis cinq années se remet à distinguer des taches de lumière et espère retrouver la vue. A l'aide d'électrodes minuscules implantées dans son oeil droit, ce retraité américain retrouve un espoir pour la vue. Chaque matin, l'ancien électricien chausse une paire de lunettes sur laquelle est fixée une petite caméra sans fil reliée électroniquement à son «œil bionique».En 2009, le non-voyant a accepté d'essayer pendant trois ans le dispositif «Argus II» mis au point par Second Sight (deuxième vue), une société californienne. L'implantation des électrodes dans l'oeil, qui a duré trois heures, n'a causé pratiquement aucune douleur. A l'aide de ce dispositif, le patient parvient à distinguer des objets clairs sur fond sombre et à se diriger dans sa maison en repérant la lumière du soleil. Une fois par semaine, il se rend à l'hôpital où il exerce son oeil à l'aide d'un ordinateur. Des chercheurs lui demandent de suivre du doigt une tache noire qui se déplace sur l'écran. Ils l'emmènent aussi en promenade dans les couloirs pour voir s'il parvient à distinguer certains objets. Treize autres aveugles expérimentent actuellement l'Argus II aux Etats-Unis et 16 en Europe. Le système, qui coûte 100 000 dollars, fonctionne un peu comme les implants auditifs qui ont permis à des centaines de milliers de sourds de récupérer l'ouïe. La caméra posée sur les lunettes du patient transforme les images en signaux électriques transmis aux électrodes implantées dans la rétine. Le nerf optique les transmet au cerveau qui distingue des taches de lumière et des formes floues. «Ca reste un degré de vision très rudimentaire, mais c'est le début d'un progrès», observe un ophthalmologiste. «Nous tentons d'apprendre à parler à la rétine.» Le patient apprend ainsi petit à petit à faire correspondre différents signaux lumineux à telle ou telle forme. Les progrès de la technologie sont constants.L'oeil de dernière génération compte 60 électrodes, contre 16 dans la première version. Mais ces avancées ne sont pas forcément bénéfiques pour tout le monde.