Ces rencontres régionales devront déboucher sur l'organisation d'une conférence nationale sur la production industrielle qui aura pour objectif d'examiner cette problématique filière par filière, mais aussi traiter le problème de l'absence de sous-traitance et la faiblesse des exportations. Après Constantine, Oran a abrité, hier, la deuxième rencontre régionale sur la production industrielle nationale. L'Algérie enregistrant un taux de croissance de la production industrielle des plus bas (0,8%), le gouvernement a décidé de remédier quelque peu à cela par une politique de redressement industriel décliné territorialement et par filière. D'où la tenue de ces rencontres régionales, qui ont pour but de lever les «freins» à la production industrielle territoriale, et cela par une écoute de proximité qui aura pour effet de «faire remonter les préoccupations d'une politique industrielle partagée». Etaient présents hier, à l'hôtel Méridien, face à une assistance composée essentiellement de chefs d'entreprise, le ministre de l'Industrie, de la PME et de la Promotion des investissements, Cherif Rahmani, des représentants des ministères des Finances et du Commerce, mais aussi d'organisations patronales et syndicales. La rencontre d'hier, bien qu'elle ait concerné toute l'Oranie, avait une tonalité particulière. Oran, en effet, qui abritera bientôt une usine de montage en partenariat avec Renault à Oued Tlélat, ambitionne de devenir un véritable pôle en matière d'industrie. On apprendra, à ce propos, que des fonds ont été dégagés, sur instruction du Premier ministre, afin d'aménager la commune de Oued Tlélat. Il a aussi été annoncé la création d'un nouveau pôle industriel à Oran, plus précisément à Béthouia, d'un montant de 3 milliards de dinars, dont l'étude sera remise, ce mardi, au gouvernement. Cherif Rahmani a déclaré à l'assistance : «Je viens vous parler de la relance économique», qui ne pourra se faire, selon lui, que par le biais d'une industrie algérienne forte. Il est de toute première nécessité, selon le ministre, que la relance de l'industrie soit une priorité gouvernementale. Mais pour cela, a-t-il ajouté, «il faut qu'il y ait une très forte volonté, du temps, mais aussi du courage». Le ministre assure de dire toutes les vérités, mêmes celles qui font mal : «Oui, en dépit de son histoire, l'industrie algérienne traverse en ce moment une mauvaise passe !» Elle a atteint le «fond du trou» durant les années 1990 où «on était arrivés à l'éventualité d'une Algérie sans usines». Aujourd'hui, a-t-il poursuivi, «il faut une thérapie de choc pour donner une dynamique à notre industrie. Elle a besoin d'une médecine d'urgence !» A l'heure actuelle, la croissance de la production industrielle n'est que de 0,8%, un taux des plus bas, et la part de l'industrie dans le PIB n'est que de 15%. Face à cela, les importations, elles, atteignent les 46 milliards de dollars. «Il faut qu'on se réveille. L'heure est venue de préparer l'après-pétrole», a asséné le ministre. Pour cela, des ateliers industriels seront créés dans le but de concrétiser nombre d'objectifs, notamment la relance des filières stratégiques et historiques, dont le textile qui a complètement disparu, mais aussi l'initiation à de nouvelles filières dont «l'automobile et demain pourquoi pas l'aéronautique». M. Rahmani prône la protection des PME et leur aide afin qu'elles deviennent plus matures. Enfin, il est à savoir que ces rencontres régionales devront déboucher sur l'organisation d'une conférence nationale sur la production industrielle qui aura pour objectif d'examiner cette problématique «filière par filière», mais aussi traiter le problème de l'absence de sous-traitance et la faiblesse des exportations.