Real : Hazard sanctionné par Zidane ?    Investissement: la reforme du Service public augmentera l'attractivité de l'Algérie    Djerad procèdera lundi à la distribution de 5000 logements à Alger    Palestine: condamnation internationale des agressions racistes et extrémistes israéliennes    Hirak : Le ministère de l'Intérieur exige des « organisateurs » de lui communiquer l'itinéraire, les horaires et les slogans    La Cour d'Alger maintient Karim Tabou sous contrôle judiciaire    Carburants : La suppression de l'essence super avec plomb avancée au début de juillet    Six manifestants arrêtés vendredi à Alger placés sous contrôle judiciaire    Report du procès du terroriste "Abou Dahdah" à la fin de la session pénale    FC Barcelone : Pas de bon de sortie pour Dembélé    Aïd El Fitr : plus de 50.000 commerçants réquisitionnés    Covid-19: au moins 3.284.783 décès dans le monde    Béni-Abbès : le jeune disparu dans le grand Erg occidental rejoint sa famille    L'ancien journaliste de la chaine II Boukhalfa Bacha n'est plus    Les lauréats du Prix d'Alger de récitation du Coran honorés    7 policiers tués dans des attaques dans le Sud-Est    «La Minurso doit revenir à sa mission originelle : le référendum»    Sablés à la confiture et aux pistaches    Benziane anticipe    De nouvelles polycliniques inaugurées    Les projets doivent répondre aux besoins de l'économie    Le Maroc cherche à cacher ses exactions    Coupe de la Ligue : l'USMA domine le MCA (2-0), le WA Tlemcen et le NC Magra créent la surprise    MC Alger : Stage bloqué pour préparer le WAC    Haltérophilie : Ahmed Tarbi n'est plus    Libye : Démonstration de force d'un groupe armé à Tripoli    APLS: nouvelles attaques contre les positions marocaines dans les secteurs de Mahbes, Aousserd et Houza    Le Hirak se réapproprie l'esprit du 8 Mai 45    Les raisons de la cherté    La guerre reprend de plus belle    Les résultats attendus aujourd'hui    Deux adolescents tués dans un accident de la route    Le conseil de wilaya fait le point    Le PAC viole le règlement du championnat    Equipe Nationale : Sénégal – Algérie en juin    Les conditions de Tebboune pour atteindre l'excellence    Etudiant dévoué, journaliste engagé et politique visionnaire    Le b.a.-ba de la fabrication d'un film    Mesurer ce qui compte    Bouchachi voué aux gémonies    Charfi appelé à réhabiliter les exclus de la course    Huit morts dont des Iraniens dans des raids sionistes    Trois soldats maliens tués par l'explosion d'un engin artisanal    Ennahda appelle à un vote massif    «Souilah» hospitalisé à Paris    «J'ai adoré camper le personnage de Fadel»    L'artiste, ce migrant    Une augmentation de 10 % enregistrée    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





«Les candidats font des déclarations de bonnes intentions sans grandes conséquences»
Nadia Naït Zaï. Directrice du Cidef
Publié dans El Watan le 15 - 04 - 2014

Juriste et directrice du Centre d'information et d'étude sur les droits des enfants et des femmes (Cidef), Nadia Naït Zaï affirme que les candidats préfèrent surfer entre le conservatisme et le modernisme. Pour que les questions des femmes soient réellement prises en charge dans les programmes politiques, il faut droit que les candidats croient fermement en l'égalité entre les citoyens, aient réellement envie de construire une société juste, égalitaire, où les droits des femmes et des hommes sont respectés.
-L'égalité entre femme et homme n'a pas été au centre des débats de cette campagne électorale. Pourquoi, selon vous ?
L'égalité entre hommes et femmes n'a pas été au centre des débats de cette campagne électorale car les enjeux politiques mis en avant par les candidats ne laissent aucune place à une proposition de programme politique fondée sur cette valeur.
Les propositions de développement économique, politique et autres faites par les candidats doivent intégrer la dimension genre et être conçues pour l'ensemble de la société. Or, ce n'est pas le cas. Ce que nous avons aujourd'hui dans les propositions, ce sont des déclarations de bonnes intentions à l'égard des femmes sans grandes conséquences.
Dans l'un des programmes lu, il y a une phrase qui, à elle seule, démontre la difficulté des candidats à faire des ruptures et même à nous proposer un projet de société moderne. «Le projet accorde toute sa place à la femme algérienne, une femme de son temps, mais imprégnée de ses valeurs ancestrales.» Quoi de mieux que de rappeler à la femme la dichotomie le statut dans lequel elle est actuellement, citoyenne dans l'espace public, incapable juridique dans l'espace privé (famille).
-Comment expliquer que les questions relatives au code de la famille, source de toutes les inégalités, ne soient pas parmi les priorités des candidats ?
Je pense que les candidats préfèrent surfer entre le conservatisme et le modernisme, car cela reflète leur vision de la société qui, d'ailleurs, leur échappe. Ils n'ont aucun problème à parler aisément de progrès scientifique, industriel et autres qu'à aborder la question de l'émancipation des femmes. C'est certainement à cause de l'électorat conservateur qu'ils courtisent.
Pour que les questions des femmes soient réellement prises en charge dans les programmes politiques, il faut que les candidats, ou ceux qui ont rédigé pour eux ce programme, croient fermement en l'égalité entre les citoyens, aient réellement envie de construire une société juste, égalitaire où les droits des femmes et des hommes sont respectés.
Mais pour savoir s'ils s'approprient les questions relatives à la situation de la femme, il faudrait connaître leur position par rapport au devenir des règles du droit musulman qui sont la source du code de la famille, résultat de la discrimination et violence à l'égard des femmes et leur position par rapport à la séparation du politique et du religieux. Les femmes algériennes sont prisonnières du déni, du refus de réflexion. Lorsqu'une réponse nous sera donnée sur ces deux points, l'espoir pour les femmes d'être citoyenne à part entière renaîtra.
-Pourquoi, d'après vous, le débat sur les questions d'égalité est absent de la campagne ?
Parce qu'il n'a pas été abordé ni proposé par les candidats comme il n'a pas fait l'objet de rencontres organisées par le mouvement associatif avec ces derniers. Du reste, les médias ou journalistes spécialisés sur ces questions ne l'ont pas non plus développé. Par ailleurs, d'autres priorités politiques ont émergé, ce qui a permis aux candidats d'esquiver la référence à cette valeur qui fait peur, sur cette valeur qu'on a du mal à comprendre, sur cette valeur que l'on ne doit pas diminuer parce que certains pensent qu'ils vont perdre leurs droits. La question à leur poser est : sont-ils capables de nous proposer une déconstruction du droit musulman, source d'inégalité, dont les règles, à la limite de l'archaïsme, sont contenues dans le code de la famille ?


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.