A la croisée de l'art et de l'humain, le parcours d'Amal Aiouana se distingue par sa richesse et sa singularité. Artiste plasticienne algérienne vivant et travaillant en Algérie, elle s'inscrit dans une démarche profondément nourrie par des formations et des expériences multiples, où la création dialogue constamment avec la psychologie, l'engagement social et l'écoute de l'Autre. Titulaire d'un master en psychologie clinique, diplômée en ressources humaines et en droit des affaires, elle a longtemps évolué dans des contextes professionnels exigeants, notamment comme conseillère d'orientation dans l'enseignement secondaire et psychologue clinicienne au sein du Croissant-Rouge algérien. Autant d'expériences qui ont façonné son regard et irriguent aujourd'hui son travail artistique. Formée aux bases académiques du dessin et de l'art-thérapie, Amal Aiouana développe une œuvre où la peinture devient un langage sensible, capable d'exprimer ce que les mots peinent parfois à formuler. Présente sur plusieurs scènes artistiques nationales et internationales – de l'Algérie à la Jordanie, en passant par la Serbie et Dubaï- elle a participé à de nombreux salons et symposiums, dont certains placés sous le signe de la paix et du dialogue entre les peuples. Certifiée par le Guinness World Records, elle poursuit, aujourd'hui, une recherche artistique engagée, ancrée dans le réel et tournée vers l'humain. Dans cet entretien accordé à La NR, l'artiste dévoile un peu plus son univers, ses inspirations et sa démarche plastique. Entretien. La NR : Pour commencer, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et nous dire qui est Amal Aiouana ? Amal Aiouana : Je suis Amal Aiouana, artiste-peintre algérienne et psychologue clinicienne de formation. Mon parcours est à la croisée de plusieurs disciplines : la psychologie, les ressources humaines, le droit des affaires et les arts plastiques. Aujourd'hui, je me définis comme une artiste engagée dans l'exploration de l'humain, de ses émotions et de ses fragilités, à travers la peinture et l'art-thérapie. Mon travail artistique est profondément lié à mon regard de psychologue et à mon expérience humaine et sociale. Votre parcours est particulièrement riche et atypique, entre psychologie clinique, ressources humaines, droit et arts plastiques. A quel moment la peinture s'est-elle imposée à vous, et comment s'est faite la transition vers une pratique artistique plus affirmée ? La peinture a toujours été présente dans ma vie mais pendant longtemps, elle était un espace intime presque silencieux. C'est au fil de mon parcours en psychologie clinique que la peinture s'est imposée comme une nécessité intérieure, un moyen d'expression que les mots ne suffisaient plus à contenir. La transition s'est fait naturellement : d'abord comme un exutoire personnel, puis comme un langage artistique assumé, nourri par des formations académiques en arts plastiques et par une volonté de partager cette vision avec le public. Vous avez suivi une formation en psychologie clinique et en art-thérapie. En quoi ces disciplines influencent-elles aujourd'hui votre démarche artistique et votre manière d'aborder la création ? La psychologie clinique m'a appris à écouter l'invisible : les émotions enfouies, les silences, les blessures intérieures. L'art-thérapie, quant à elle, m'a permis de comprendre la puissance transformatrice de la création artistique. Dans mon travail, chaque œuvre est une tentative de dialogue avec l'âme humaine. Je ne peins pas uniquement des formes ou des couleurs, je peins des états émotionnels, des tensions, des espoirs. La création devient ainsi un espace de soins, de réparation et parfois de réconciliation avec soi-même. Vous êtes présente sur plusieurs scènes artistiques internationales mais qu'en est-il de votre présence artistique en Algérie ? Comment percevez-vous la scène plastique nationale et quelle place occupe-t-elle dans votre parcours ? L'Algérie occupe une place centrale et affective dans mon parcours artistique. J'ai eu l'honneur de participer au Salon national des beaux-arts à Aïn Defla, et je reste profondément attachée à la scène plastique algérienne, que je considère riche, authentique et pleine de potentiel. Malgré les défis structurels, les artistes algériens portent une force expressive singulière. Pour moi, exposer en Algérie n'est pas seulement une reconnaissance artistique, c'est aussi un retour aux sources et un devoir culturel. Certains thèmes, comme la paix et l'humain, semblent traverser votre œuvre. Est-ce une démarche consciente, un engagement ou quelque chose de plus intuitif dans votre processus créatif ? C'est à la fois conscient et intuitif. Mon engagement humanitaire notamment au sein du Croissant Rouge algérien, et mon travail de psychologue m'ont confrontée à la souffrance humaine, mais aussi à une immense capacité de résilience. La paix, chez moi, n'est pas seulement politique ou symbolique, elle est intérieure. Elle naît du dialogue, de la compréhension et de l'acceptation de l'Autre. Ces thèmes s'imposent naturellement dans mon processus créatif. Vous avez été certifiée par le Guinness World Records, une reconnaissance peu commune dans le monde des arts plastiques. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette distinction et comment est-elle intervenue ? Que représente, par ailleurs, cette expérience dans votre parcours artistique et personnel? Cette certification par le Guinness World Records a été une expérience exceptionnelle et inattendue. Elle est intervenue dans le cadre d'un événement artistique collectif international, visant à rassembler des artistes autour d'un message universel. Au-delà du record, cette reconnaissance symbolise pour moi la capacité de l'art à dépasser les frontières et à unir les peuples. Sur le plan personnel, c'est une source de fierté, mais aussi une responsabilité à continuer à créer avec sincérité et engagement. Pour conclure, quels sont vos projets actuels et à venir et quelles nouvelles directions souhaitez-vous explorer ? Actuellement, je travaille sur de nouveaux projets artistiques mêlant peinture, art-thérapie et réflexion sur l'humain contemporain. Je souhaite développer davantage des projets interdisciplinaires, notamment dans le domaine de l'art comme outil de guérison et de sensibilité sociale. A l'avenir, j'aimerais explorer encore plus l'international tout en renforçant ma présence en Algérie, à travers des expositions, des ateliers et des actions culturelles et éducatives. Entretien réalisé par