Préparation du lancement d'un guichet unique numérique pour les exportateurs    lancement de plusieurs projets pour la production de matières premières destinées à la fabrication des médicaments    Mme Tafer s'enquiert des préparatifs du lancement de l'exploitation de la mine de Gara Djebilet et de son raccordement au réseau ferroviaire    Le bilan s'alourdit à 71.395 martyrs et 171.287 blessés    La chute du régime chaviste dévoile le naufrage du tiers-mondisme et de l'empire américain    Près de 65 000 personnes déplacées par les combats au Kordofan    «C'est à partir d'ici que commence la diplomatie sportive et le positionnement en Afrique»    Une nation en liesse...    DNA : Plusieurs séminaires au programme pour préparer la phase retour    Le directeur général de la Sûreté nationale inaugure trois nouveaux sièges de sûreté    Intempéries sur plusieurs wilayas Vague de froid    Campagne de sensibilisation pour inciter les citoyens à transporter les déchets vers des sites appropriés    Un programme dense et pluriel pour Yennayer 2976    Un second volet déjà en marche à Hollywood    Maître incontesté de l'andalou et du hawzi    Lancement de deux concours pour le recrutement de personnels assimilés et d'agents contractuels assimilés    Des élèves-officiers prêtent serment devant les magistrats    Le président de l'Assemblée nationale populaire présente ses condoléances    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



«Nos recommandations ne sont pas prises en compte»
Commandant Belkacem Ghrissi. Chef du service prévention à la direction de la Protection civile de Ouargla
Publié dans El Watan le 11 - 06 - 2014

Comment s'est déroulée votre dernière intervention à Irara ?
Les éléments de la Protection civile ont effectué une longue opération pour repêcher les corps des quatre agents qui accomplissaient une opération d'entretien de la station de pompage d'Irara. L'intervention a nécessité 3 heures, en commençant par l'évacuation des eaux qui remplissaient le bassin avant de retrouver les corps inanimés des victimes de cet accident. Nous avons constaté une profondeur du bassin avoisinant les 5 mètres. Une importante quantité d'eaux usées jaillissait de l'adduction. Le bassin était déjà à moitié plein et, avec les gaz toxiques — la dose létale est de 300 ppm, surtout le H2S — c'est la mort directe.
- A votre avis quel est le scénario de l'incident ? Etait-il évitable ?
Ces travailleurs n'auront de toute façon pas pu échapper à la mort seuls. A cette profondeur, ils n'auraient jamais pu s'en soustraire. Le débit de l'eau était important et la concentration de gaz à forte toxicité a dû les emporter avant même la noyade. A 10 ppm de H2S, on est déjà au stade de l'anesthésie olfactive. L'hydrogène sulfurique ne pardonne pas.
Quant au scénario, il est simple à reconstituer : au départ, il y avait deux victimes, les deux autres voulaient les sauver. La troisième est arrivée à la rescousse, puis elle s'est fait piéger par l'eau et les gaz. La quatrième victime est responsable d'hygiène et de la sécurité industrielle de la base, un agent normalement averti et bien formé, mais il n'a pas pu échapper à la mort lui aussi.
- Etaient-ils préparés à ce genre d'intervention ?
Ils étaient vêtus de tenues de travail mais pas de tenues de sécurité ni d'équipements de protection individuelle, à savoir un casque, des lunettes de protection, des cartouches adaptées aux gaz toxiques, un scaphandre et des bottes pour les rendre hermétiques à l'eau. Nous avons constaté qu'ils n'avaient pas de détecteurs multigaz. Ces derniers doivent être étanches à l'eau, robustes aux chocs, lumineux et avec un système de vibration qui alerte l'agent dès que le seuil de toxicité des gaz dépasse la norme acceptable sur le lieu d'intervention.
- En l'absence de cet équipement, c'était donc la mort assurée vu le risque...
Malheureusement, dans la plupart des accidents où la Protection civile a eu à intervenir, le constat de l'absence de moyens de protection et de sécurité est établi. Nous avons tiré la sonnette d'alarme pour attirer l'attention sur ces dangers et sensibiliser les instances concernées sur le danger des interventions non protégées dans les fosses septiques, les lieux confinés... Nous avons maintes fois sensibilisé sur la nécessité de se doter de moyens de protection et de sécurité individuels et collectifs. Le balisage du secteur des travaux, des détecteurs multigaz, un trépied à poulie, une ligne de survie, des détecteurs vibreurs-sonneurs, un dispositif d'aération artificielle, rien de tout cela n'existe, aucun respect des normes requises. Pour notre part, nous utilisons un fourgon électro-ventilateur (FEV). Il existe des dispositifs adaptés à chaque type d'activité pour amener de l'air frais qui peut sauver en cas d'inhalations toxiques. Ceci est valable pour les entreprises et les particuliers. En 2009, dans la zone industrielle de Hassi Messaoud, trois membres d'une famille ont péri dans un regard d'égout, à l'extérieur de leur domicile ; le père qui a vu trois fils mourir sous ses yeux a essayé de les sauver et il est lui-même resté dans coma durant 20 jours.
- Quelles sont les règles de base à respecter ?
Ce sont les mesures de prévention spécifiques à ce type d'activités dangereuses. La conception même des conduites, des stations de pompage ou de refoulement et des fosses doit répondre aux normes de sécurité. Les regards, tampons ou trappes de visite sont des exutoires pour bien aérer ; des cartes des stations et autres installation pour localiser les endroits à risque et aider la Protection civile à intervenir. Malheureusement, ce n'est pas le cas, hormis chez les entreprises pétrolières. Pour les équipes d'intervention, il faut cinq ou six éléments dont un secouriste sauveteur du travail (SST) spécialement formé pour faire les gestes qui sauvent, repêcher et ranimer une victime, effectuer les dégagements d'urgence ; il faut bien sûr qu'il soit doté d'une valise de réanimation pour les éventuels cas de décès, coma, arrêt cardiaque ou arrêt respiratoire. Ce secouriste doit être bien formé et entraîné à intervenir dans toutes les situations. Je précise aussi que des équipements de base sont systématiquement oubliés : le trépied à poulie, le balisage et les lignes de vie (ce sont des cordelettes qui lient les intervenants et permettent au moyen d'un code de savoir que l'agent confiné est en danger), sans oublier les équipements de base comme le casque, les chaussures de sécurité et le détecteur de gaz. Il en existe des spécifiques et des multigaz.
- Vos recommandations ne sont pas prises en compte ?
Elles sont écoutées dans le vif de l'action, mais il n'y a pas de changement d'attitude. Les statistiques sont stables, constantes ; toujours autant de victimes depuis une décennie, voire plus ces deux dernières années. Les entreprises prennent à la légère le danger, ne quantifient pas le risque lié aux fosses et autres installations. Elles doivent à tout prix inclure ces données dans leurs études et leurs investissements.
Il y a donc deux facteurs : la probabilité, c'est-à-dire la fréquence de retour de ces accidents (en dix ans deux décès par an). L'autre facteur est la gravité et, s'agissant de vie humaine, tout incident est grave car il est porteur d'un risque de mort. Deux morts par an c'est deux morts de trop.
- Et qu'en est-il des pouvoirs publics ?
Depuis dix ans, nous avons entrepris une action de sensibilisation à la fois des citoyens, des entreprises et des autorités pour donner des directives et des instructions concernant l'obligation faite aux entreprises d'avertir à l'avance la Protection civile de l'ouverture d'un chantier de travaux ou d'entretien. Les procédures sont bafouées et même le permis de travail dans ces endroits à risques n'est plus en vigueur.
Les entreprises n'ayant pas de moyens humains et matériels ne devront plus être habilitées à effectuer ce type de mission ; lors des soumissions, elles devront être écartées. Les équipements de protection doivent être obligatoires.
Je voudrais enfin attirer l'attention sur un autre type de noyade qui cause un décès par an dans la wilaya de Ouargla. Les lacs Temacine, Meggarine et El Hadjira sont normalement interdits à la baignade soit pour absence d'autorité ou de présence de danger. Les profondeurs ne sont pas explorées, elles comportent des débris et les lieux sont sans surveillance. Il faut que les parents en prennent conscience.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.