A l'instar de toutes les villes d'Algérie, Hassi Messaoud essaye, tant bien que mal, de passer allègrement le Ramadhan de l'année 2014. Une semaine de Ramadhan est passée et il a été enregistré, à Hassi Messaoud, une température de plus de 49 C° pendant plusieurs jours. Une chaleur suffocante qui a vu son entame jeudi dernier, contrairement aux premiers jours du mois sacré durant lesquels des températures plus ou moins supportables pour les habitants du sud ont été enregistrées, entre 42 et 44 C°. Mais qui pourrait résister à des températures dépassant les 50 C° ? Tout le monde s'arrange pour ne pas sortir sous de telles températures, il suffit de dépasser le cap des 8h30, pour se retrouver inévitablement plié en deux sous l'effet de la pression de la chaleur. Le simple fait de respirer devient difficile, tel un sportif venant de terminer son footing, plus d'une minute sous la chaleur, c'est insupportable. Dur de passer le Ramadhan dans le sud. La journée devient plus difficile au fur et à mesure que les heures passent. Mais en dépit de ces températures saisonnières très élevées, Hassi Messaoud reste peuplée et beaucoup de travailleurs préfèrent y passer le Ramadhan. Il fait chaud partout à travers le territoire national, mieux vaut donc rester chez soi avec les siens, jouir des commodités habituelles et de l'air conditionné. A la maison ou dans les bases de vie, totalement bien pris en charge par les compagnies pour les plus veinards ou se contentant du minimum pour les moins chanceux. Flambée Outre la montée vertigineuse du mercure, les marchands se préparent eux aussi à accueillir le mois sacré du Ramadhan. Le plein de marchandises fait, supérettes et magasins foisonnent de toutes les denrées alimentaires prisées par les habitants durant ce mois de l'année qui est devenu, par la force des choses, un mois de folie dépensière où l'Algérien aime, malgré les revenus plus au moins modestes pour certains, s'offrir le luxe des grandes tables et les plaisirs de l'art culinaire diversifié. En dépit de la différence d'origine des citoyens peuplant Hassi Messaoud, affluant des 48 wilayas du territoire national, le marché de Hassi Messaoud est très attractif, on y trouve de tout et selon tous les goûts. Les prix s'alignent sur ceux du nord bien que des différences approximatives se fassent toujours ressentir sans pour autant sortir des normes tolérables. Il fut un temps, à cause des prix et de l'insuffisance, les gens s'approvisionnaient des autres wilayas pour pouvoir passer un Ramadhan agréable. Mais il faut tout de même reconnaître que le marché des fruits et légumes de Hassi Messaoud demeure assez cher, offrant une longévité de produits bien courte vu la rapidité de leur déperdition causée par les grandes chaleurs. Marché nocturne : Innovation Le spectacle d'un marché archicomble vers 20 heures au marché des 1850 Logements, c'est ce qui nous a été donné de constater trois jours avant l'avènement du mois sacré. Ce marché regroupe des magasins offrant toutes sortes de marchandises, des supérettes modernes et climatisées au design plus au moins acceptable. Un grand nombre de marchands de fruits et légumes s'adonnent aux lois de l'attraction et de l'image de marque, en dotant leur magasin de façades graphiques et de beaux rayons d'exposition et surtout d'air conditionné, un plaisir pour les clients pouvant, enfin, s'offrir le luxe de s'approvisionner dans des conditions tolérables. Le même spectacle de gens actifs pour se ravitailler pour la circonstance a été observé à la supérette Acila, qui reste la plus imposante de Hassi Messaoud et offre des espaces de rayonnage importants et variés. En plus des denrées alimentaires, elle dispose d'une boucherie, d'un étage pour les produits cosmétiques et d'un autre bloc pour la vaisselle de qualité, ustensiles de cuisine et électroménager, disposant également d'un étage pour l'ameublement. Tout le monde peut s'adonner au changement de décoration de la table et de la maison, en plus de l'approvisionnement en vivres, pour ceux d'entre nous nombreux à aimer le renouveau durant le mois de Ramadhan. Cette année, deux supérettes légumes et fruits ont ouvert leurs portes, offrant des rayons d'exposition de légumes considérables et surtout dotées de l'air conditionné, ce qui facilite l'approvisionnement sans risque d'insolation. Dégradation et ennui Cela dit, les habitants passeront le Ramadhan dans les conditions de vie que l'APC continue de maintenir. Des routes toujours aussi catastrophiques au niveau des 1850 Logements, où le problème des eaux usées reste apparemment sans solution. Des coupures d'eau fréquentes durant 7 jours, des pannes de courant allant jusqu'à deux heures sous des températures record, sans oublier l'inexistence d'aires de détente pour se ressourcer. Des ordures à n'en plus finir gagnent plus de terrain, rajoutant plus de désolation au spectacle d'une ville déprimante. La seule chose à apprécier cette année, ce sont les lampadaires qui prodiguent un éclairage public qui protège des scorpions. Les trottoirs sont également renouvelés. Positifs, les habitants de Hassi Messaoud espèrent encore que les responsables concernés daignent assumer leur responsabilité quant à l'état désolant de la ville qui les abrite. L'ennui, la suffocation, la dégradation du cadre de vie sont autant d'éléments nuisant à l'image de la capitale du pétrole et à des habitants qui y restent à demeure même dans des conditions climatiques aussi difficiles, durant le Ramadhan de surcroît.