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Lettre ouverte à Monsieur Bernard Henry Lévy
Publié dans El Watan le 17 - 08 - 2006

Les intellectuels, philosophes, artistes, historiens et écrivains, qui ont prouvé leur honnêteté, leur engagement pour un monde meilleur sans haine et sans violence et qui ont abandonné leur nationalisme étroit et tout chauvinisme, sont devenus les prophètes de notre époque.
On exige d'eux d'être obligatoirement sages, nécessairement justes et témérairement courageux.
Quel que soit le lieu où la paix est menacée, la dignité humaine bafouée, il ne doivent pas, comme aimait à le répéter le regretté Vidal Naquet, être des greffiers se contentant de consigner les exactions, leur rôle étant de toujours dénoncer et surtout de veiller si l'on veut croire à une existence meilleure que le respect de l'autre ; la dignité humaine étant nos repères et nos meilleures valeurs. Comme on peut le lire sur un mur d'une église blanche à Harlem, il faut qu'ils puissent dire et écrire ce que certaines personnes biens établies ne veulent pas entendre. Aucune compromission ne doit les habiter, aucune menace ne doit les effrayer quand il faut dénoncer, aucun calcul ne doit les retenir pour blâmer ceux qui piétinent les valeurs que l'humanité a mis des siècles à établir et les faire adopter par tous les êtres désirant vivre dans un climat de paix et d'amour envers son prochain. L'actualité, à savoir les bombardements, les destructions, les assassinats de civils, de vieillards et, comble de barbarie, d'enfants offre à tous ceux qui ont les capacités intellectuelles, les qualités morales, une opportunité historique pour dénoncer le génocide qui s'abat depuis quelques jours sur le Liban et quelques années sur la Palestine. Leur réaction est expressément attendue, elle est indispensable, car elle est devenue un des rares recours pour stopper cette guerre d'un autre siècle que les maîtres de cette région veulent prolonger.
Il y va de la crédibilité des intellectuels, qu'ils soient artistes, écrivains, historiens ou philosophes de dénoncer ce massacre et dire halte à la barbarie et à l'horreur.
C'est pour vous tous (et pour toutes les personnes éprises de paix) un devoir sacré. De l'importance de votre nombre, de la qualité de votre condamnation des coupables doit être claire, vive et sans concession. Ainsi, le monde saura qu'il y a encore des hommes qui n'acceptent pas la loi du plus fort. Il sera alors possible de garder l'espoir d'une vie meilleure sans haine, sans hostilité, où le respect de l'autre est commun.
Vous êtes nos guides et notre conscience. Nous avons hâte de prendre connaissance de ce que vous allez dire et écrire, mais cette mission doit être réservée à ceux qui n'ont aucune tâche et qui n'ont aucun esprit partisan. Il n'y aura de place ni pour les opportunistes ni pour les pêcheurs en eau trouble.
Dans ce contexte, il serait par exemple inconvenant que M. Bernard Henry Lévy (et ceux qui lui ressemblent) se mêle à ces respectueuses personnes. En effet, il serait inconvenant car M. Bernard Henry Lévy s'est, déjà, depuis quelque temps, exclu de ce monde de sages et vertueux que l'on respecte et que l'on aime.
Et si des personnes peuvent avoir encore un doute sur ce jugement, je les invite à lire en pages 20 et 21 du journal le Monde paru le 28 juillet intitulé « La guerre vue par Bernard Henry Lévy ». Dans ces deux pages, il a été montré qu'il est devenu cynique, inhumain, manipulateur, méprisant. Selon ce bon Monsieur, l'armée israélienne est une armée de sages, de pacifistes qui n'attaquent que pour se défendre et surtout ne tuant que des militaires. Ils doivent absolument épargner les civils et, bien entendu, comme cela est recommandé par la Croix-Rouge internationale, « éviter les hôpitaux et les ambulances ». Bref, c'est une armée exemplaire élevée dans le respect des droits de l'homme et spécialisée dans les attaques chirurgicales. Il nous livre même le secret de leur précision les tirs, dit-il (distances, cibles), sont élaborés par des savants et transmis aux obusiers et aux pilotes qui appliquent scrupuleusement leurs directives.
Malheureusement pour M. BHL et surtout pour les victimes, la veille de l'apparition de son article, des soldats de l'ONU ont été tués. Pourtant, ces valeureux n'ont cessé de mentionner leur position et le danger des tirs israéliens avant d'être abattus. En somme, ils ont été touchés par des artificiers obéissant à des feuilles de route établies par des savants. La suite est encore plus terrible : Cana et des enfants (comme à Oradour) ont été la cible d'humains possédant la science de la précision.
Votre article, M. BHL me rappelle un reportage paru dans un important organe de presse parisien au début du siècle dernier qui relatait l'arrivée triomphale du premier pilote ayant réalisé la traversée transatlantique. Cet avion n'est jamais arrivé à New York, le journal ayant fait faillite et le journaliste, agissant par goût du sensationnel un peu comme vous le faites souvent, réalisant son manquement à la déontologie régissant son métier, abandonna le journalisme.
Ayez un peu de courage M. BHL, tirez les mêmes conclusions et quittez le monde des médias. Vos interventions, vos écrits sonnent faux. vous faites trop de mal à ceux qui ont pour tâche de veiller à ce que la vérité soit dite et les falsifications interdites. Avant d'arrêter vos écrits ressaisissez-vous et faites quelque chose de bien comme essayer de convaincre les gens que vous aidez à méditer sur ce proverbe : « Ceux qui prônent la force périssent toujours faibles. »
« Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse ». Monsieur BHL, en voulant toujours être le plus fort, le meilleur, vous tombez de bien haut. Vous ne faites plus partie de ce Gotha d'intellectuels qui, par leur franchise, leur sagesse, leur sincérité, la profondeur de leur message, leur clairvoyance nous font rêver et espérer qu'un monde sans haine et sans violence est possible. Vous n'êtes même pas un correspondant de guerre, car vous n'êtes ni Malraux ni Hemingway. vous êtes, et personne ne pourra le contester, un propagandiste, un commissaire politique en quelque sorte.
Un conseil Monsieur BHL, vous êtes natif de Beni Saf, un petit port pittoresque de la côte oranaise. Dans cette localité, il est une tradition chez ses habitants, foncièrement bons, majoritairement humbles et modestes que lorsque l'un de leurs enfants — et vous en êtes un — tourne mal, ils lui tournent le dos. Monsieur BHL, il ne faut plus aller là-bas, vous les gêneriez.


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