En amont de la semaine anticoloniale, la visite proposée aux journalistes permettra de voir des lieux où ont été assassinés entre 1959 et 2013 des militants du Maroc, d'Algérie, de Palestine, d'Afrique du Sud, du Kurdistan, etc., autant de crimes demeurés à ce jour impunis. «Quand il a été décidé d'organiser ce Colonial Tour, on ne savait pas combien l'assassinat politique dans Paris serait d'une tragique actualité, il était donc plus impératif encore de concrétiser cette initiative», soulignent Sortir du colonialisme et le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN). De Mehdi Ben Barka, fondateur de l'Union nationale des forces populaires (UNFP), responsable de la préparation de la Tricontinentale à La Havane, à Dulcie September, représentante de l'ANC en France, en passant par Mahmoud Al Hamchari, représentant de l'OLP en France, Mohamed Boudia, militant du FLN algérien, puis du FPLP palestinien, et Henri Curiel, militant internationaliste pour l'Algérie et la Palestine, Amokrane Ould Aoudia, avocat du collectif de défense des militants du FLN, «tous ont été tués dans des conditions obscures, et dans tous ces assassinats politiques, sont impliqués à la fois des Etats étrangers et d'une façon active ou passive l'Etat français». Chacun de ces assassinats sera évoqué par des proches, comme Bachir Ben Barka, fils de Ben Barka, Marie-Claude Al Hamchari, par des personnalités comme l'écrivain Gilles Perrault, par des avocats comme Antoine Comte, Maurice Buttin ou le responsable du FLN Ali Haroun. A la fin de la visite, les militants interpelleront officiellement la garde des Sceaux, Christiane Taubira, pour lui demander de mettre en place une commission Vérité et Justice, afin de faire la lumière sur ces événements tragiques, qui ont marqué l'histoire de la capitale.