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«Comment ne pas expliquer aux Français ce qui avait été fait en leur nom»
Annie-Rey Goldzeiguer. Historienne :
Publié dans El Watan le 07 - 05 - 2015

Jeune étudiante à Alger, l'historienne Annie Rey-Goldzeiguer a vécu les massacres de Mai 1945 à Sétif et Guelma. Dans un témoignage à
El Watan, elle souligne : «J'ai été marquée par les événements de 1945, parce que, quoi qu'on en dise, à Alger, nous voyions un certain nombre de choses. J'ai vu les avions qui piquaient sur le Djurdjura et les bombes qui tombaient. J'ai entendu aussi les bateaux de guerre.»
Auteure de Aux origines de la guerre d'Algérie 1940-1945. De Mers El Kébir aux massacres du Nord-Constantinois (éditions La Découverte), un livre essentiel sur ces événements, Annie Rey-Goldzeiguer avait expliqué — à la faveur du colloque : Il y a soixante ans : l'autre 8 Mai 1945. Le trou de mémoire colonial et la société française d'aujourd'hui», organisé le 7 mai 2005 par la Ligue des droits de l'homme à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (El Watan du 9 mai 2005) — que ce livre était pour elle «une obligation morale». «Je ne pouvais pas ne pas expliquer aux Français ce qui avait été fait en leur nom», avait précisé l'historienne.
Sur les événements proprement dits, l'historienne s'est appuyée sur le rapport Berger qu'elle avait qualifié d'«exceptionnel». Berger était commissaire de police, envoyé à Sétif dès le 9 mai par le gouverneur général Chataigneau, avec un cadi et un juriste. Le commissaire Berger mena une enquête de dix jours, minutée.
Récit d'Annie Rey-Goldzeiguer
«Le PPA devait diriger une manifestation qui devait commencer à 7h. Hors de la ville, il y avait déjà 6000 à 7000 personnes. Aucun manifestant ne devait détenir la moindre arme.
«A 8h30, le cortège avance : 200 scouts en tête, derrière les quatre drapeaux alliés, suit le flot des manifestants par rangs. Quand les manifestants arrivent au centre-ville — un premier symbole, le PPA investit la ville européenne, note l'historienne —, un drapeau algérien tenu par un jeune est déployé et des pancartes sont levées : "Vive Messali", "Algérie libre et indépendante". A 9h15, un barrage policier stoppe la manifestation. A 9h25, ordre est donné de s'emparer du drapeau.
S'ensuit une bagarre, un coup de feu est tiré. La bagarre dégénère. Intervient une masse de spectateurs venus pour le marché. Les gendarmes, bloqués par une panne, ne viennent pas tout de suite. Commence le carnage. Bilan : 21 morts européens et 71 blessés. Du côté algérien, on n'en sait rien.
A 12h50, le sous-préfet confie l'ordre à l'armée. Le général Duval prend en main la période de nettoyage. La nouvelle se propage très vite.
«La révolte s'étend d'Est en Ouest et du Nord au Sud. Commence la deuxième phase, la répression.
Elle sera démesurée. A partir du 10 mai, Duval isole les masses révoltées avec les renforts venus de Tunisie et du Maroc, selon un plan préparé de longue date.
«Les Européens prétendent assurer leur propre sécurité, exigent vengeance et l'exécution immédiate des dirigeants du PPA. Ils veulent la démission de Chataigneau et un gouverneur civil originaire d'Algérie.»
A propos des archives, Annie Rey-Goldzeiguer signalait l'importance de celles, encore inaccessibles, du 2e bureau à la tête duquel se trouvait le colonel Cheun.


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