L'agriculture est certainement le secteur le plus porteur dans la wilaya de Skikda. Cette dernière alimente en semence de pomme de terre les agriculteurs de plus de 20 wilayas du pays qui préfèrent se déplacer à El Harrouche et à Sidi Mezghiche pour s'approvisionner en semence de qualité, quitte à payer plus cher qu'ailleurs. Ces deux communes sont aussi devenues une zone de rescousse qui alimente 23 wilayas du pays en semence de céréale. Et ce n'est pas fini. Skikda, la wilaya, est devenue aussi championne nationale de la filière de la tomate nationale. Qui dit mieux ? La seule commune de Ben Azzouz, à l'Est, produira cette année plus de deux millions de quintaux de tomate industrielle, c'est-à-dire plus du tiers de la production nationale. Plus encore, les six communes de l'Est de la wilaya (BenAzzouz, La Marsa, Azzaba, Djendel, AïnCherchar et Bekkouche) assureront plus de la moitié de la production nationale, à savoir près de4,50 millions de quintaux, un taux jamais égalé ! La wilaya de Skikda est ainsi déclarée premier producteur nationale de la filière grâce à ces communes où les habitants sont beaucoup plus occupés à travailler leurs terres alors que socialement, ils sont les moins nantis en matière de projets de développement. Un exemple ? Sachez que le taux de couverture en gaz naturel à Ben Azzouz n'est que de 14 %. A Djendel, il avoisine tout juste les 06 %. Mais ceci n'a pas empêché, pour autant, les gens de ces contrées de travailler et de créer de la valeur ajoutée et ils ne sont pas les seuls bénéficiaires de cette mue. A ce sujet, Amar Boudji, cadre à la direction des services agricoles (DSA) juge que la production attendue de la campagne de cette année aura surtout à limiteret de façon drastique les importations du double concentré de tomate ce qui représente un gain en devise assez important sans parler des autres opportunités lucratives que cela entraînera. On apprend à ce sujet que vuel'étendue importante des superficies cultivées cette année et qui dépassent les 8002 Ha, de nouveaux phénomènes sociaux sont en train de s'incruster dans les mœurs de la région, voire même sur d'autres wilayas. Selon les dires des cultivateurs, la campagne de cette année devrait encore attirer des dizaines de jeunes saisonniers qui viendront de la wilaya de Tébessa prendre part à la récolte et se faire un peu de pécule. Une évolution de 392 ha Mais les retombées économiques ne se limitent pas à ces faits, comme le précise M. Boudji en révélant que la production de la wilaya de Skikda fera tourner, cette saison, 11 conserveries. «En plus des deux conserveries implantées dans notre wilaya, il y aura neuf autres qui viendront de plusieurs wilayas du pays, de l'algérois et de l'Est notamment, pour s'y approvisionner». Néanmoins estime notre interlocuteur, les services agricoles déploient tous les moyens d'approche pour inverser la tendance habituelle qui fait que 60 % de la production finit souvent sur les étals des marchés et le reste chez les transformateurs. «Nous souhaitons, il est vrai, que le ratio de la transformation soit plus important pour limiter d'avantage le recours à l'importation du double concentré de tomate». Ce potentiel énorme dont regorge la filière à Skikda a, en partie, été induit par la politique d'intégration «Producteur- conservateur» prônée par les pouvoirs publics, comme le souligne M.Boudji ainsi que par l'attrait que suscite le soutien de l'état «Il ne faut pas oublier que le travail en amont a été bien mené puisque les autorisations d'engrais ont été délivrées à temps et à l'ensemble des cultivateurs disposant d'une carte de Fellah, sans parler du contrôle sur terrain des repiquages. Nous avons enregistré une évolution de 392 Ha cette année. La surface repiquée qui était de 7 810 Ha lors de la dernière campagne, est passée à 8 202 Ha cette année. La moitié de cette surface se concentre à Ben Azzouz avec 4 150 Ha. Cette évolution devra nous assurer une production de 4,40 millions de quintaux avec un rendement moyen prévisionnel de 550 qx / ha», conclut notre interlocuteur.Il reste maintenant à espérer que cette «surabondance» puisse se répercuter également sur le prix à la consommation de cette tomate, d'autant plus que le mois du Ramadhan est déjà là.