L'ANIRA insiste sur le respect des lois en vigueur régissant ces actions    Ooredoo entame le mois sacré avec la Promo Ramadhan 2026 // (Doublon p. 5-5)    Le secteur agricole engage un vaste programme de modernisation et de mise à niveau    La DNSR se mobilise et lance sa campagne de sensibilisation    Le chef de la diplomatie exige des preuves à Trump sur les « 32 000 morts » allégués lors de manifestations    Il est pour l'annexion de ce pays par l'occupant sioniste : La Jordanie condamne les déclarations de l'ambassadeur américain    Belles réactions de l'OA, l'USMK et la JSK à l'extérieur, l'USMA piégée à domicile    Le Sénégalais N'diaye nouvel entraîneur de l'USMA    Quatre nouvelles médailles pour l'Algérie    L'intelligence artificielle : opportunités, risques et urgence d'une régulation mondiale    Un jeune homme poignardé à mort devant une mosquée pendant le Ramadan    Un fidèle d'une mosquée se fait tabasser par un gardien de parking après avoir refusé de payer    Beni-Saf : De la guillotine à Oran, à l'horrible exhibition publique macabre de Benslimane Mohamed, à l'assassinat des 7 frères Boubakeur, en passant par le « Puits de l'horreur »    Un des faits marquants de la Révolution de Novembre    Marcel Khalifa, une fidélité ancienne avec le public algérien    Le premier Data center national obtient une certification reflétant sa maturité technique et son opérationnalité    Décès de l'ancien ministre du Tourisme et de l'Artisanat, le moudjahid Hadj Abdelwahab Bakli    Réception de 384 bus au port de Mostaganem    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Les actes publiés
Sociologie. Colloque sur Abdelkader Djeghloul à Oran
Publié dans El Watan le 07 - 01 - 2016

Les Publications de l'université d'Oran viennent d'éditer un ouvrage entièrement consacré à l'intellectuel Abdelkader Djeghloul.
Cette publication présentée et coordonnée par Abdelkader Lakjaâ résume les actes d'un colloque qui s'est déroulé les 11 et 12 décembre 2011, soit une année après la disparition de ce penseur algérien qui a fait du concept du «tissage du projet national» une de ses préoccupations majeures. Une vingtaine de contributeurs lui a rendu un hommage mérité, même si c'est parfois de manière indirecte. C'est le cas de Addi El Houari qui a proposé une contribution à une réflexion sur les sciences sociales dans le monde (dit) arabe. Bref, chacun de ces récits d'érudits donne un éclairage particulier qui permet de reconstituer ce qu'était l'homme et son œuvre.
Benamar Mediene, de l'université d'Aix (Marseille), revient sur «le roman familial» pour tenter de situer le penseur par rapport à sa propre histoire. Il rappelle sa «mixité parentale» (un père notable originaire de Boukadir, et une mère bretonne) qui le fait, dès les débuts de sa scolarité, voyager entre la France et l'Algérie. Mais ses choix «idéologiques» sont arrêtés très tôt, comme le montre sa thèse de doctorat (1972) consacrée à Frantz Fanon. Enseignant universitaire, Abdelkader Djeghloul fonde le Centre de documentation en sciences humaines (CDSH), qui deviendra le Cridssh et qu'il dirigera de 1979 à 1984, date de son départ en France.
Cette institution, aujourd'hui à l'arrêt pour cause de réfection des locaux, correspond pour Benamar Mediene «à l'idée que se faisait Djeghloul de l'émancipation de l'intellectuel critique et producteur de sens (…)». Le Cridssh, qui a fait la renommée de la vie intellectuelle oranaise, était, ajoute-t-il, une «université embryonnaire de tous les savoirs en sciences sociales et humaines, université populaire et de libres débats ouverts à tous les publics, université située dans la société vivante».
Mohamed Moulfi, de l'université d'Oran (philosophie), fait remarquer que, «philosophe de formation, Abdelkader Djeghloul poursuivra ses recherches en sociologie et en histoire et que, pourtant, l'arabe devenu, entre temps, une langue d'enseignement dominante ne fut en rien un obstacle qui l'eut empêché d'accomplir ses exercices universitaires en philosophie». Cette posture de «transfuge» (pour le déplacement du centre d'intérêt de la philosophie vers la sociologie) a été développée par Moulfi d'abord comme tentative de «comprendre le dispositif théorique que Djeghloul met en œuvre plus implicitement qu'explicitement dans ces écrits» Il décèle ainsi, en conclusion, une sorte de positivisme qui combine réalité et utilité.
En intitulant son intervention, «Un Algérien en Europe», Jean Robert Henry du CNRS (Centre français de recherche scientifique) revient sur la période située entre 1985 et 1997 où A. Djeghloul a séjourné en France, d'abord pour un détachement de deux ans mais ensuite pour un séjour prolongé pour des raisons familiales : «Période difficile sur le plan personnel et précaire sur le plan matériel, une des plus éprouvantes de sa vie mais qu'elle a été aussi riche en expériences nouvelles et avait contribué à conforter sa posture personnelle d'intellectuel».
A. Djeghloul a au départ, tout en gardant une relative autonomie, collaboré avec les institutions culturelles algériennes dont l'hebdomadaire Actualités de l'émigration duquel il démissionne en 1988. Les difficultés surviennent après cette période où il ne cessera pourtant d'écrire. «Il disait avoir souffert de s'être vu refuser une carte de résidence en France sous prétexte qu'il avait droit à des papiers français», témoigne Jean Robert Henry qui pense que l'«exil» a renforcé son attachement à l'Algérie. A. Djeghloul était nationaliste, mais «il était partisan d'un nationalisme ouvert et pluraliste sur le plan culturel». Le chercheur français pense que «sa vision du rôle de l'intellectuel s'attache au modèle qu'incarnait Tahar Djaout : être les éclaireurs du peuple plutôt que les scribes du pouvoir».
Le souci didactique déjà évoqué par plusieurs intervenants est poussé plus loin en suggérant de «ne pas se contenter d'écrire pour le lectorat spécialisé et étroit des revues scientifiques, mais savoir aussi s'adresser au grand public à travers une vulgarisation de bon niveau». A Djeghloul est décrit par Jean Robert Henry comme un «intellectuel complet, brillant, anticonformiste qui touche à tous les sujets et sollicite toutes les disciplines lorsqu'il s'agit de comprendre l'histoire et la réalité actuelle de la société algérienne». Il faut, ajoute-t-il, tenir compte de sa proximité amicale et de sa connivence intellectuelle avec Mammeri, Tahar Djaout, Kateb Yacine ou de l'estime qu'il portait à des romanciers comme Mimouni, des gens qui ont tous lutté contre la langue de bois.
Cependant, «les textes d'A. Djeghloul sont actuellement introuvables ou inaccessibles au CRidssh, institution scientifique qu'il a contribué à créer», déplore Mohamed Madani, de l'université Mohamed Boudiaf d'Oran qui voit en lui un «lecteur scientifique d'Ibn Khaldoun». Il relève à juste titre que «l'analyse des bases épistémologiques et des concepts khaldouniens s'effectue à partir de leurs sources et non par mimétisme par rapport à la réalité des sciences sociales d'aujourd'hui». Autour de la même importance accordée au fondateur de la sociologie, Mohamed Kouidri, de l'université d'Oran, a disserté sur l'«intégration» de la sociologie khaldounienne à l'université algérienne naissante. Il rappelle que pour A. Djeghloul, «Ibn Khaldoun ne cherche pas à juger la société humaine à partir d'un modèle de justice et de justesse qu'il aurait construit théoriquement. Il cherche à connaître la société telle qu'elle se présente».
Dans son élan pour cerner la réalité de cette société, Djeghloul s'intéresse effectivement à toutes les productions littéraires et intellectuelles. Cet intérêt apparaît notamment dans les articles qu'il a publiés dans l'hebdomadaire Algérie Actualité. Les 42 articles parus entre 1978 et 1996 ont attiré l'attention de Bernard Janicot du CDES d'Oran qui a tenté une classification, mais surtout une conclusion sur le souci pédagogique d'abord, puis sur le message qui peut être tiré de sa pensée : «Le problème de la modernisation des sociétés maghrébines peut être posé autrement que dans les termes habituels du couple Islam-occident que la modernité n'est pas un extérieur de l'Islam, mais peut être pensée comme une dynamique assumée de l'intérieur (…)».


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.