Le plan national de lutte intégrée contre les facteurs de risque élaboré par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, en collaboration avec l'Union européenne tarde à être mis en branle. Tous les indicateurs sont au rouge concernant les maladies non transmissibles. Pourtant, la lutte contre les facteurs de risque connus et identifiés a été déjà recommandée depuis la fin des années 90'. Le tabagisme, l'obésité et la non-activité physique sont autant de facteurs incriminés dans l'apparition des maladies non transmissibles, qui constituent aujourd'hui un lourd fardeau. L'alerte a déjà été donnée par les résultats de l'enquête Tahina, réalisée en 2005 par l'Institut national de santé publique (INSP) dirigée par feu le Dr Madjid Atek, qui avait appelé à l'époque à la mise en place d'un plan national de lutte contre les facteurs de risque. «L'obésité avait déjà pointé du nez en Algérie et elle expose des centaines d'individus à des maladies graves», avait alerté le Dr Atek. Un fait confirmé par les résultats de l'enquête Tahina, qui ont montré que le taux de l'obésité en Algérie est de 21,24% chez la population âgée entre 35 et 70 ans et de 16% selon l'enquête de Step-OMS réalisée en 2003. Selon l'étude Tahina, 12,29% des obèses sont diabétiques et 24,96% souffrent d'hypertension artérielle. La prévalence du diabète est de l'ordre de 12% de la population adulte, selon Tahina, et de 40% pour l'hypertension artérielle, alors que la prévalence de la dysplidémie atteint 62% de personnes en Algérie. Par ailleurs, la prévalence du diabète sucré est de 25% et celle du tabagisme actif est de 10%. En interprétant les chiffres, le Dr Atek avait signalé que l'obésité augmente avec l'élévation du niveau de vie, avec un taux de 74,49%, et elle est estimée à 57,4% lorsque le niveau de vie est bas. L'étude a montré aussi que l'obésité abdominale qui semble être fréquente en Algérie et qui est importante chez les femmes est estimée à 36,56%. Un fléau qui touche de plein fouet les enfants également. Une étude en milieu scolaire a confirmé cet état de fait, avec une prévalence qui varie entre 5 à 7%. Cette étude est réalisée par le service de médecine préventive de l'établissement de santé publique PSP de Bouzaréah. Elle concerne des élèves du collège âgés entre 11 et 16 ans qui présentent des indicateurs d'obésité. D'autres études sont aussi menées dans les établissements à l'Est et à l'Ouest dans le cadre du projet national de recherche en santé initié par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et coordonnée par l'Agence nationale de recherche de santé (ANDS). D'autres études ont été également menées dans d'autres régions du pays, où il est révélé que le fléau prend des proportions alarmantes. Ainsi, selon la même étude, plus de 58% de l'ensemble des décès relèvent des maladies non transmissibles.