Tous les matins, Omar a du mal à cacher son bonheur d'accueillir sa fidèle clientèle. L'œil toujours pétillant, cet enfant de la balle a de qui tenir. En effet, en matière de joie de vivre, son défunt père en savait quelque chose. Lui, que tout « Mosta » appelait par le sobriquet de « 10 » par allusion au numéro du taxi qu'il possédait, n'avait pas son pareil pour répandre la bonne humeur. Au milieu de sa famille mais également pour toute sa clientèle qui se pressait pour l'attendre, alors que ses collègues bronzaient au soleil. Supporter infatigable de l'ESM, il était de tous les déplacements, de toutes les joies, mais également de toutes les défaites. Avec toujours ce petit mot pour adoucir les jours sombres. C'est à ses côtés que le jeune Omar allait apprendre ce que bonne humeur veut dire. Sur les stades, dans la vie de tous les jours, Omar s'éclatait sans retenue. A la mort de son père que toute la ville aura pleuré, Omar devra prendre la relève. C'est non sans peine qu'il se frayera son petit bout de chemin, là où personne ne l'attendait. Lui, le fringant footballeur, allait dribler tout son entourage. Une ancienne maison, fruit d'un héritage, sera transformée en un café. Suffisamment à l'écart pour ne pas déranger. Car il fallait vraiment avoir du flair pour monter un café dans cette ruelle tellement exsangue que les automobilistes préfèrent l'éviter. Après quelques années de galère, le café commençait à attirer du beau monde. On y va surtout parce que quelqu'un qui vous veut du bien vous y emmène. Ensuite, c'est l'effet boule de neige. Comme au Lion's Club, il faut un double parrainage pour accéder au Cappucino. Un café qui n'a pas son pareil dans toute l'Oranie et peut être au-delà ; qui sait ? L'endroit se singularise par une propreté irréprochable. L'exiguïté des lieux est mise à mal par un judicieux jeu de miroir. Partout où ce sera possible, des photos en « NB » des vedettes les plus en vue donnent une touche intimiste. Si vous êtes amateur de thé évitez d'en demander le matin. Car c'est la spécialité de la maman qui le prépare à la maison. Rien que ça ! Seulement tous les après midi. N'insistez pas. Il n'y aura aucune dérogation. Le café y est toujours servi dans une tasse en porcelaine et les croissants sont d'un croustillant ! Au premier étage, un salon cuir et un billard attendent les amateurs de raffinement. Le service est assuré avec attention et affabilités. Un large sourire franc et amical illumine le visage angélique du jeune garçon de café. Un véritable moment d'évasion, loin du brouhaha du centre ville. Rien d'égal pour déguster un jus en décompressant. Ça vaut vraiment le détour d'autant que l'endroit est plus champêtre. A découvrir et à apprécier uniquement entre amis. Un grand bravo à Omar et à sa sympathique équipe. Prendre la ruelle derrière la mosquée de St Jules. Cela mérite tous les détours.