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Un hymne à l'innocence
Promotion - « Enfance confisquée » de Rachid Belhabib
Publié dans Horizons le 09 - 04 - 2012

La guerre de Libération nationale a tellement marqué les esprits et meurtri les âmes, qu'elle continue des années après l'indépendance, à être la source d'inspiration pour beaucoup d'auteurs qui lui consacrent romans et mémoires. Rachid Belhabib, diplômé de médecine légale et d'études approfondies de pharmacologie et toxicologie clinique et de criminologie appliquée à l'expertise mentale, a publié récemment un témoignage romancé émouvant dans lequel il raconte sa vie d'enfant durant cette période. Dans un style simple, mais attachant, il relate les mémoires d'enfants qui ont vécu le drame de la guerre dans une petite bourgade algérienne. Plus d'un demi-siècle après les faits, l'écrivain revisite son enfance, à travers le vécu de ses camarades, qui évoquent des souvenirs à la fois inassouvis, évanescents et irréductibles d'une vie à jamais gravée dans la mémoire collective, tant les atrocités sont inoubliables. A la manière d'un chroniqueur, l'auteur raconte avec justesse et humour les élucubrations spontanément comiques de Chouka, le héros du roman, qui catalysent, traduisent en mots les bouleversements et les humeurs chagrines de la guerre de libération nationale. La guerre — et son lot de morts et de traumatismes — n'angoisse pas que les adultes. Parfois — si ce n'est souvent — elle torture également les enfants. Ces derniers, à l'instar de leurs parents, en secret, espéraient voir poindre à l'horizon une aube nouvelle de vérité, de justice et de liberté. Ils nourrissaient le fol espoir d'être un jour libres comme le vent qui pourlèche de ses flammèches invisibles la terre sans être arrêté. Confisquée, spoliée, cette liberté — l'enfance- les bambins l'avaient au fond de leur conscience, seul territoire qui tient à distance les gardes-chiourmes. « On rêvait alors de voir surgir les trois couleurs irisées et immaculées de notre étendard, balançant indéfiniment au gré du vent », écrit-il. Des souvenirs douloureux, l'écrivain en garde toujours, qui hantent son âme. Qui peut, explique-t-il, annihiler dans sa mémoire d'enfant l'image indélébile de la tête ensanglantée d'un soldat majestueux, enchaîné, les mains derrière un buste amaigri mais droit, lié par du fil barbelé à un poteau de la grande place ? Ces moments vécus dans la douleur ne s'estompent jamais. Ils sont peut-être la source de l'inspiration de ce livre. L'écrivain relate, presque pieusement, des moments pesants et enfouis dans des souvenirs inachevés de l'innocence de son enfance spoliée de son enchantement naturel. Chouka résume à lui seul un seul brimé, lésé dans ses droits par le colon. « Chouka, c'est l'âme d'un peuple de moutards dépouillés de la magie de leur enfance, voire un substrat à la fois réel et irréel de pensées innocentes, hélas sciemment falsifiées par l'occupant français », précise-t-il. Le lecteur aura l'impression que l'auteur lui tend la main pour le promener à travers les méandres de mémoires d'enfants qui ont vécu les affres de la guerre de libération nationale, dans une ville algérienne. Il montre aussi comment les enfants ont pu, avec leur innocence, échapper à un quotidien pas du tout facile, car meublé de tueries, d'angoisse et de privations. Les discours du jeune héros ainsi que ses simagrées et ses jeux soignaient un peu l'amertume et le chagrin de ses camarades, qui, même s'ils grandissaient dans la guerre, sa colère, ses bouleversements et ses mauvais jours, avaient l'espoir d'être un jour libres. D'ailleurs, ils croyaient dur comme fer à cette liberté, longtemps confisquée. « Au milieu de tant de deuils et de peines, le cours des évènements déviait notre propre destinée, en la défiant, et on évitait de perdre notre confiance, nos repères », soutient-il. L'auteur souligne aussi l'œuvre destructrice entreprise par le colon afin de diviser les Algériens pour mieux les assujettir et les exploiter. « Entre indigènes, on n'avait aucun problème de souche, ni d'ethnie régionale, mais les Français savaient y faire, en nous dissociant subtilement. Diviser pour régner, puis nous émanciper avec un nerf de bœuf dans une main et un abécédaire dans l'autre », explique-t-il. Ce roman est aussi, et surtout, un clin d'œil aux petites gens qui ont participé, chacun comme il pouvait, à soustraire notre pays du joug colonial. Un livre à lire pour entretenir la mémoire.
Djamel O.
« Enfance confisquée » de Rachid Belhabib, Editions Art-Kange, prix public : 500 DA


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