Farida Saboundji, célèbre actrice algérienne, relève que la femme s'investit plus dans la production de téléfilms et feuilletons ou bien dans la réalisation de films documentaires que dans le long métrage. Reconnaissant qu'il y a peu de femmes cinéastes, Farida Saboundji souligne toutefois leur forte présence dans l'assistanat, le montage et la production, affirmant, par ailleurs, qu'elles ont les mêmes possibilités que les hommes pour réaliser de longs métrages. « Il est vrai que le nombre de femmes réalisatrices est réduit, mais elles sont très présentes dans les autres domaines du 7e art », a-t-elle dit, estimant qu'il n'existait pas de difficultés spécifiques à la femme dans la réalisation et que les exigences étaient identiques. Pour elle, l'essentiel « c'est qu'il y ait de bons scénarios, une grande énergie et une vraie industrie cinématographique. Ce n'est pas en réalisant un seul film que nous pouvons marquer notre passage dans la galaxie cinéma. Le vrai défi, c'est de réaliser d'autres films afin de pouvoir s'affirmer dans ce monde », a-t-elle ajouté. De son côté, la réalisatrice du film « Rachida »,Yamina Bachir Chouikh, estime que le manque de femmes réalisatrices « n'est pas forcément lié aux mentalités ou éventuels comportements machistes, mais concerne en premier lieu, la formation dans les métiers de cinéma ». « Cet art ne se limite pas uniquement à la comédie ou à la réalisation. Mis à part le montage, le script ou le maquillage, la femme n'exerce pas les autres métiers de cinéma, comme la réalisation, la prise de vue, le son ou encore le bruitage », a-t-elle dit tout en estimant que cela est dû à l'absence d'établissements de formation spécialisés. Elle souligne que « les spécialités cinématographiques ne s'improvisent pas », appelant à la création d'écoles de cinéma et d'un baccalauréat « cinéma », pour permettre aux personnes intéressées, hommes ou femmes, de se former dans ce domaine. Yamina Bachir Chouikh, qui s'est mise à la réalisation après une trentaine d'années passées dans le montage de films, pense aussi que s'il n'y a encore que peu de réalisatrices de cinéma en Algérie, c'est que les femmes « n'osent pas encore se lancer dans cette aventure ».