Une étude effectuée dans le cadre d'un mémoire de fin d'études a établi clairement que « la ville de Tizi Ouzou a très vite acquis le statut de pôle urbain par ses extensions et la diversité de ses équipements ». Elle est devenue un centre gravitationnel en concentrant l'essentiel des richesses commerciales de la wilaya. Avec une densité démographique de 1500 habitants au km2, la plus élevée de la wilaya, et son statut de chef-lieu de wilaya, elle a conforté sa fonction urbaine de coordination et de commandement en concentrant l'essentiel des sièges des entreprises industrielles, de banque, de services, d'administration. Mieux ou pire, elle connait une croissance physique avec des extensions. La ville étouffe et sa gestion devient plus complexe. La ville est aujourd'hui confrontée surtout à un gros problème de circulation routière. Tous les instruments urbanistiques mis en place semblent dépassés par la complexité du trafic routier. La déconcentration des services de la wilaya et la délocalisation des gares de voyageurs qui faisaient du centre- ville une sorte d'embouchure où tous les « flots » se déversent, ont permis certes à la ville de respirer. Sans plus. Chaque jour que Dieu fait, les Tizi-Ouzéens souffrent le martyre de la circulation routière, notamment durant les heures de pointe. Incivilités Le parc roulant de la wilaya a, tout simplement, explosé passant de 93.264 véhicules en 2000 (chiffres ONS) à 373.417 (fin 1er trimestre 2014 selon la DAL) soit plus de 400% d'augmentation. Le réseau routier est,par contre, resté le même, 605 km en routes nationales, 652 en chemins de wilayas et 3458 en chemins vicinaux. La ville, en 15 ans, n'a pas vu son schéma urbanistique tenir compte de son extension. Une moyenne de 200.000 véhicules circulent encore à l'intérieur de la ville quotidiennement. En l'absence d'un moyen de locomotion plus adapté et plus confortable comme le métro ou le tramway, on continue pour le moindre déplacement à utiliser son véhicule. Ni les minibus en intra-muros, ni les bus en extra-muros n'ont apporté le confort et surtout la rapidité nécessaire aux citadins. Censés régler et réguler la circulation routière, ils n'ont fait qu'aggraver les choses. La conduite incohérente et parfois risquée des jeunes fous du volant font qu'emprunter les boulevards sont devenus depuis peu un enfer pour les automobilistes. N'aient été les trois trémies en ville et la rocade sud, circuler aujourd'hui à Tizi-Ouzou relèverait pratiquement de l'impossible. Outre l'importance du parc roulant qui a explosé à la faveur des différents crédits à la consommation et les dispositifs d'insertion, l'incivilité des piétons et des conducteurs est pour beaucoup dans ces problèmes de circulation routière. On stationne comme on veut sans se dire que cela pourrait gêner et on traverse là où bon nous semble. Un automobiliste sur une distance de 10 mètres est contraint de freiner au moins trois ou quatre fois pour céder le passage à un piéton. Même au niveau des rond-points, les piétons se hasardent à marcher au milieu du flot de véhicules. L'effet de la mauvaise planification l'asymétrie des carrefours ne permet pas l'utilisation et efficace des feux tricolores. Les seuls feux qui fonctionnent convenablement et qui régulent de manière drastique cette circulation se trouvent au niveau du carrefour dit du Fleuriste à la nouvelle ville. Lorsqu‘ils sont en panne, une véritable cohue se produit. Cela se produit pratiquement au niveau de tous les carrefours et rond-points lorsque les agents en charge de la circulation routière disparaissent. Un nouveau plan de circulation pour la ville a été certes annoncé mais à chaque fois renvoyé aux calendes grecques. Des plans souvent établis sans une vision réaliste des besoins de la ville tant les bureaux d'études en charge de ce plan se contentent souvent de la cartographie copiée sur Google Earth. La Direction des transports, d'ailleurs, a du mal à canaliser cette circulation. « Nous attendons la finalisation d'un nouveau plan de circulation », dit on. Le énième plan depuis maintenant plus de 30 ans. « Toutes les études sont basées sur des constats sans analyse approfondie sur les attentes de la commune et ses territoires. Aucune proposition valorisant une spécificité particulière de la région n'est mise en avant. Plus grave, aucune recherche portant sur la ville ou la région n'a été entreprise », estiment les rédacteurs de l'étude. La multiplicité des quartiers et des lotissements reproduit les effets condamnés par la planification urbaine moderne. La ville retrouve sa quiétude une fois la nuit tombée et ses rues et avenues désertées par le flux de véhicules.