Appelées Sabbat, rihya, kontré, chebrila ou harkous, les paires de chaussures de la mariée doivent être de la couleur des tenues qu'elle portera pour dévoiler sa garde-robe lors de la cérémonie de présentation. En velours ou en satin elles sont réalisées, dans les villes, par un artisan spécialiste auquel on apportait des morceaux du tissu prélevés du coupon qui allait être confectionné en vêtement. La chaussure offerte par le fiancé à sa promise dans la corbeille de mariage est travaillée, ornée en motifs réalisés en fil d'or ou d'argent. Plus les familles sont riches et plus le nombre de paires de souliers est important. Dans les campagnes, elles sont en cuir. Outre chausser sa promise, le futur gendre devait offrir à sa belle-mère une paire de souliers en signe de respect et une autre à la sœur aînée si sa fiancée est la cadette de la famille. Pour ce dernier présent, il permettait d'adoucir la peine de la plus âgée pour ne pas avoir été demandée en mariage. Quant aux mesures destinées au cordonnier, du fait que les femmes ne franchissaient pas le seuil de la maison, elles se calibraient par, soit un morceau de laine représentant la longueur du pied de la jeune fille, soit par l'empreinte du pied de la future, dessinée sur un morceau de carton ou de papier. A supposer que la fiancée chaussait une pointure 40 et que le cordonnier ignorait ce que c'est le secret professionnel, c'est tout le village qui était mis au courant «de cette tare». Un détail, dans les zones rurales : la couleur rouge était privilégiée par les mariées. Tant pis si elles portaient une djebba verte.