Rompu le mois dernier, le dialogue politique entre le pouvoir et l'opposition pourrait reprendre aujourd'hui. Une source proche du ministre en charge du Dialogue politique et des Relations avec les institutions, Jeannot Ahoussou Kouadio, indique que les présidents de parti envisagent une reprise du dialogue politique. Ahoussou Kouadio indique avoir déjà rencontré le président du Front populaire ivoirien (FPI, de Laurent Gbagbo), Pascal Affi N'guessan, par ailleurs président de l'Alliance des forces démocratiques (AFD), un regroupement de 23 partis. Il a fait cette annonce après une rencontre lundi dernier avec la responsable de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci), Aichatou Mindaoudou. Selon certains diplomates, la médiation de la représentante du secrétaire général de l'Onu a permis de « lever les incompréhensions ». Plusieurs rencontres ont déjà eu lieu entre la responsable onusienne et les représentants des partis politiques. La première avait eu lieu vendredi dernier avec Pascal Affi N'guessan, en présence des premiers responsables du secrétariat exécutif du FPI et des dirigeants des partis membres de l'AFD. Le FPI et l'AFD avaient exprimé leur disponibilité, s'ils étaient appelés, à reprendre le dialogue politique avec le gouvernement. Ces différentes missions avaient pour principal objectif, selon Mme Mindaoudou, de trouver les possibilités de renouer le dialogue, rompu unilatéralement le 11 août par l'AFD. « Les discussions ont avancé et permettent une reprise du dialogue », a-t-elle affirmé. Le 11 août, l'AFD avait annoncé la rupture avec le pouvoir pour dénoncer le projet de la nouvelle Constitution et la situation politique nationale. Le gouvernement a accepté de faire un geste pour montrer sa bonne disposition à reprendre le dialogue en décidant de dégeler les avoirs de certains proches de l'ex-président Laurent Gbagbo et de libérer d'autres partisans, détenus depuis la crise postélectorale de 2010. Certains partis indiquent qu'il y a plus de 250 prisonniers depuis la fin de la crise postélectorale et il s'agit pour la plupart de partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo. Le gouvernement estime, pour sa part, qu'« il n'y a plus de détenus de la crise postélectorale en attente de jugement dans les prisons, à l'exception de trois ou quatre personnes impliquées dans des crimes graves ».