L'Association de protection et d'orientation du consommateur et de son environnement (APOCE) n'a pas tardé à réagir à l'annonce faite, mardi dernier, par le président de l'Association des constructeurs et concessionnaires algériens (AC2A) relative au projet d'augmentation des prix des véhicules de 20% à partir de 2017. « Cette projection n'est pas conforme à la réglementation », a répliqué le président des cette association, Mustapha Zebdi, qui soutient que le Conseil de la concurrence devra réagir et prendre les dispositions nécessaires. Il s'explique en disant qu'aucune organisation ne devra décider d'une augmentation de prix sans avoir saisi le Conseil de la concurrence, lequel devra statuer sur la question. L'annonce de l'AC2A constitue pour l'Apoce « une infraction grave qui appelle l'intervention du Conseil de la concurrence », a insisté Zebdi. Il enchaînera pour dire que la hausse des prix n'est pas justifiée. Seul le consommateur, notamment à faibles revenus, aura à pâtir d'une telle augmentation. Zebdi réfute, dans ce sens, l'argument avancé par l'AC2A relatif à la déprécation du dinar. C'est un « prétexte » pour revoir à la hausse le prix des véhicules. Il dira pour appuyer ses propos que les augmentations enregistrées durant les deux dernières années des prix de l'automobile n'ont jamais été proportionnelles à la dépréciation du dinar. Zebdi estime que si réellement les concessionnaires membres de l'AC2A se sont entendus sur cette hausse, « cela veut dire qu'il n'y aura plus de concurrence et qu'ils imposeront leur diktat sur le marché ». Le président de l'Apoce est convaincu que les concessionnaires recherchent par cette mesure à « compenser leur manque à gagner » enregistré suite à la restriction imposée par le gouvernement pour réguler le marché de l'automobile. Cependant, Zebdi apprécie l'annonce faite à l'avance de ce projet de hausse des prix, laquelle est qualifiée de « marque de respect envers le consommateur ». Chose qui ne se faisait pas avant. L'Apoce a réitéré sa position favorable au rétablissement de l'autorisation d'importation des véhicules d'occasion de moins de trois ans, estimant que cela peut constituer une solution pour réajuster les prix et répondre à la demande.