Résumé de la 68e partie n Geraldine raconte à Colin au détail près, tout ce qu'elle a observé ce jour-là, Hardcastle se rend chez Mrs Rival… Oui, derrière son oreille gauche, fit Mrs Rival désignant la sienne du geste.. — Et quand s'est-il fait cette coupure de rasoir ? Mrs Rival réfléchissait. — Oh !... six mois... six mois après notre mariage. — En octobre ou novembre 1946, à peu près? C'est cela ? — Tout juste. — Curieux, très curieux, fit Hardcastle. Aux dires de notre médecin légiste et d'un chirurgien que nous avons consultés, le tissu cicatriciel tendrait à prouver que cette blessure date de cinq à six ans au plus. — Quelle idiotie ! Je n'en crois rien, moi... Personne ne peut le savoir. Et puis de toute façon... — Et vous ne l'avez pas revu depuis 1950, n'est-ce pas ? Alors, comment pouviez-vous être au courant de cette cicatrice, beaucoup plus récente ? — Harry avait cette cicatrice, je le sais, moi, fit Mrs Rival. L'inspecteur se levait. — Je crois, Mrs Rival que vous feriez mieux de réfléchir très sérieusement à votre déposition. Vous ne voulez pas vous attirer des ennuis, n'est-ce pas ? — Des ennuis ? Que voulez-vous dire ? — Eh bien, fit l'inspecteur d'un ton navré, un faux témoignage aux yeux de la loi, c'est très grave. Vous risquez la prison. — C'est la première fois que j'entends de telles imbécillités, fit Mrs Rival en se redressant, les yeux fulgurants, puis ajouta : j'essaie de faire mon devoir, de vous aider. Je vous raconte tout ce que je me rappelle. Si j'ai fait une erreur, quoi de plus naturel ? Depuis toutes ces années. Avec le nombre de... bons amis masculins que j'ai eus, il y a de quoi faire une drôle de salade. — Bonsoir, Mrs Rival, dit l'inspecteur. Un bon conseil : réfléchissez, c'est tout. A peine eut-il tourné les talons que la physionomie de Mrs Rival s'altéra. Terrifiée, elle était terrifiée. Une demi-heure plus tard, on la retrouvait au téléphone, dans une cabine publique. — Allô !... Ah ! c'est vous ? Eh bien, vous m'avez drôlement possédée. Vous ne m'aviez pas dit ce que je risquais. Pas un instant je ne me suis doutée que j'allais tremper dans une histoire de meurtre. Je suis affolée, je vous le répète... Il paraît que cette cicatrice, il ne l'a que depuis un ou deux ans, et moi qui étais là, à affirmer qu'il se l'était faite avant de me plaquer... Non. «Rendre service, c'est autre chose... Oui, je sais.. : je sais bien que vous m'avez payée... Bon, je vous obéirai, mais je ne veux pas... Bon, bon, je me tairai... Quoi ? A quelle heure ?... Entendu, j'y serai. Souriante, elle ressortit de la cabine. Pour une telle somme, ça valait la peine d'avoir de petits ennuis avec la police. Et déjà elle calculait ce qu'elle pourrait acheter avec tout cet argent. Je descendais Charing Cross Road, tout en songeant à Sheila qui me paraissait dans de bien mauvais draps. (à suivre...)