Résumé de la 37e partie n Le prince Mohammed a exigé qu'on libère une partie de Touggourt pour lui et sa garde. c'est sa condition pour pardonner à son cousin qui a enlevé sa fille. Tandis qu'on envoie des messagers auprès du prince Mohammed, on commence à évacuer les habitants des quartiers de la cité où il résidera. Quand tout est terminé, Ahmed y conduit Aïchounèche et lui montre les lieux ; — Ton père et ses hommes seront comme chez eux ici ! — Mon père te sera reconnaissant d'avoir satisfait ses désirs. — Je veux seulement qu'il me pardonne ! Faut-il envoyer le faire chercher ? — Pas encore, dit Aïchounèche, je dois rouler du couscous pour lui et ses hommes. — Alors, presse-toi, dit le prince, j'ai hâte que tout cela finisse ! C'était sa condition pour pardonner à son cousin Ahmed d'avoir enlevé sa fille et de l'autoriser à l'épouser. Ce matin Ahmed est intrigué par le va-et-vient des domestiques, chargés de lourds couffins. Il va les voir et leur demande ce qu'ils transportent ainsi : — Le couscous que la princesse Aïchounèche a préparé pour son père et ses hommes. Nous le transportons dans la partie de la ville où ils résideront. Il fait ouvrir les couffins et les inspecte ; c'est bien du couscous qu'ils contiennent. — Allez-y, dit-il, disposez le couscous dans les appartements de mon cousin, le prince… Il ne sait pas que si les couffins contiennent, effectivement, à la surface du couscous, ils sont pleins, à l'intérieur, de poudre. Lentement mais sûrement, Aïchounèche a vidé la poudrière de son cousin ! Quand il n' y a plus un seul grain de poudre, elle envoie un espion avertir son père qu'il est temps qu'il vienne à Touggourt. C'est la nuit et Ahmed rend visite à sa cousine. — Demain, lui dit-il, j'enverrai un message à ton père…J'ai hâte qu'il vienne et que nous réglions cette affaire. — Ne crains rien, lui dit la jeune femme, tu obtiendras le pardon de mon père ! — Nos deux royaumes vivront dans la paix et la prospérité ! Il prend congé d'elle, en lui souhaitant une bonne nuit. Mais la jeune femme ne va pas dormir. Elle restera à la fenêtre, guettant l'arrivée de son père et de ses hommes. Ceux-ci arrivent à l'aube. Ils parviennent à entrer dans la ville et se rendent aussitôt au palais ; Ahmed saute de son lit. Ses hommes qui se sont déjà rendus à la poudrière pour armer leurs fusils, découvrent avec stupéfaction qu'il n'y a plus de poudre. On vient en informer Ahmed qui s'écrie aussitôt : — C'est Aïchounèche qui l'a vidée ! Les couffins de couscous contenaient la poudre ! Il l'a compris, mais trop tard. Pour se défendre contre les hommes de son cousin, armés jusqu'aux dents, il ne reste plus que les poignards. Ahmed et ses soldats vont se battre comme des lions, mais ils ne peuvent rien contre les fusils de Mohammed et de ses soldats. Le prince est tué et ses hommes, pour ne pas subir le même sort, se rendent. — Je vous gracie, dit le prince Mohammed. Il fait venir sa fille et la montre aux habitants de Touggourt et la leur donne comme reine. Quelque temps après, il retourne chez lui, laissant Aïchounèche présider les destinées de Touggourt pendant dix-huit ans. (A suivre ...)