Désagréments n Les coupures d'électricité successives empêchent les commerçants de travailler normalement. «C'est une situation catastrophique !», s'alarment-ils. A Alger-Centre, comme dans le reste des communes, le manque d'électricité n'est pas nouveau. De nombreux quartiers ont subi des délestages qui ont duré des heures, de jour comme de nuit. Pis, ces durées vont en augmentant. Cette situation a énormément énervé les commerçants qui ont demandé à être remboursés. Le même constat a été observé dans plusieurs communes, à savoir Birkhadem, Saoula, Tixeraïne et bien d'autres localités sans pour autant aboutir à un changement. «C'est devenu une habitude. Avoir de l'électricité tous les jours, c'est devenu anormal…», déclare un commerçant. «Mon frigo ne fonctionne plus depuis deux jours à cause d'une forte tension d'électricité», se lamente un autre commerçant. Nombreux sont ceux qui parlent de la souffrance qu'ils ont vécue, il y a quelques jours, à cause de la canicule et du délestage. Les habitants de Saoula ont été dépassés. Ils ont vécu des moments cauchemardesques, sans eau ni électricité pendant trois jours. «C'est l'enfer, nous avons été privés d'eau et d'électricité», se lamente une mère de quatre enfants résidente de cette petite ville. Et la situation ne semble pas près de s'améliorer vu qu'aucune solution n'est, pour le moment, envisagée par les autorités concernées pour arrêter ce phénomène, devenu récurrent. Les responsables du secteur en sont encore au stade de l'analyse... se contentant d'expliquer que durant la période la plus chaude, juillet et août, la demande en électricité augmente et sa consommation atteint un niveau record. En un mot, tout le monde s'accorde à dire que durant cette période «la demande en électricité est beaucoup plus élevée que l'offre, c'est tout !» Ces coupures, cependant, ont non seulement des conséquences graves sur le quotidien des habitants mais cela influe négativement aussi sur l'économie du pays. Si certaines entreprises se dotent de groupes électrogènes pour éviter de subir des pertes, les petits commerces, qui représentent une partie extrêmement importante de l'économie locale, peuvent passer, à défaut de ce genre d'appareillage, de la prospérité à la faillite. «Ma voisine qui a marié son fils récemment a failli annuler la cérémonie. Elle s'est retrouvée à la maison sans aucune goutte d'eau fraîche et sans climatisation. Elle ne savait plus où donner de la tête. Elle était complètement désemparée et même les citernes d'eau ne suffisaient pas pour le monde qu'elle a reçu», témoigne Razika de Saoula. «Les frigos ne fonctionnent plus normalement, encore moins les congélateurs. Les aliments peuvent dégivrer et ils n'ont même pas le temps de se congeler à nouveau avant la prochaine coupure», constate Amel, femme au foyer à Birkhadem. «A la maison, nous vivons dans le noir et nous nous couchons très tôt», ajoute Ali de Tixeraïne. Lors des fortes chaleurs, le manque d'électricité peut même perturber notre sommeil. «Il suffit que mon ventilateur s'arrête pour que je me réveille», déplore un père de famille.