Vérité On ne peut ignorer les efforts énormes fournis par l?Etat algérien en matière d?infrastructures touristiques, qui, hélas, n?ont pas eu le résultat escompté. Des complexes entiers ont été voués à l?abandon après avoir connu la période faste des années 1970 et 1980. De Annaba à Oran, notre littoral regorgeait de stations où se donnaient rendez-vous les touristes de tout horizon le temps d?un été. Ceux qui avaient la chance d?y résider se pavanaient devant leurs voisins durant des mois après leur retour à la maison arborant un beau bronzage et des photos souvenirs. Cependant, le rêve n?a pas duré longtemps, puisque, aujourd?hui personne n?a envie de passer des vacances dans des hôtels où les draps sentent mauvais, le mobilier pourri et où des personnes aux m?urs légères circulent toute la nuit dans les couloirs. Notre Sud, pour sa part, n?est pas mieux loti. Hôtels et autres résidences de vacances sont devenus déserts après avoir hébergé tant de gens fascinés par la beauté et la richesse du paysage algérien. La cause de cette décadence ? On peut citer, bien sûr, la décennie noire durant laquelle les Algériens restaient terrés chez eux et où le touriste étranger avait barré la destination Algérie de son calepin. Néanmoins, les choses commencent à s?améliorer sur le plan sécuritaire sans que le secteur du tourisme suive cette embellie. Il y a donc d?autres raisons à cette autarcie. En effet, le tourisme n?est plus un vain mot, c?est toute une industrie mobilisant des secteurs entiers comme les transports, l?industrie, les PME-PMI, la publicité, les médias et bien d?autres encore. Ailleurs, on parle carrément de culture touristique où l?on étudie les habitudes du client, ses caprices et ses moindres envies pour le satisfaire. Le but : fidéliser le client puisque la concurrence fait rage. Chez nous malheureusement, on se contente de peu : une chambre austère, des plats infects et un service qui laisse à désirer. Pour se faire choyer, il reste les hôtels 5 étoiles, mais à quel prix ? Un mois dans un de ces endroits et le simple salarié est réduit à vendre sa maison pour payer ses dettes. De ce fait, le citoyen se contente d?aller tôt le matin à la plage la plus proche de chez lui avant de revenir le soir exténué après avoir pris un bus bondé, le dos brûlé au deuxième degré. Quant aux sites historiques dont regorge notre pays, à l?image des ruines romaines de Tipasa, Cherchell, Timgad et bien d?autres villes, ils se meurent dans la solitude après avoir été la destination préférée des familles. Aujourd?hui, seuls quelques couples en mal d?intimité s?y rendent étant sûrs de ne pas être dérangés.