Infosoir / Faut-il s'inquiéter de la forte baisse des prix du pétrole ? M. Hamidouche : Il n'y a pas lieu de s'inquiéter car les cours du pétrole sont justifiés sur la base de toute l'année et non pas sur une période. Les ventes oscillent entre 100 et 110 dollars le baril entre le mois de juin et juillet. Ainsi le cours moyen du pétrole du 1er janvier jusqu'au début décembre (11 mois) est comptabilisé à plus de 102 dollars le baril, alors que durant la même pé-riode en 2013, il était établi à 108 dollars le baril. Par conséquent, nous avons perdu 6 dollars par baril pour une année, soit une quantité de 1,1 million barils / jour exporté en 2014 et donc une moins-value par rapport à l'année dernière de 2,4 milliards de dollars. Cette chute des prix du pé-trole entraînera une baisse des recettes en gaz et autres produits dérivés du gaz et pétrole autour de 800 millions de dollars. Le montant total de la baisse des exportations qu'encourt l'Algérie pour 2014 est estimé à 3,2 milliards de dollars. Ce chiffre est insignifiant par rapport à une exportation qui tourne autour de 65 milliards de dollars. D'autant plus que les importations, y compris la croissance des importations, laisseront une marge presque nulle dans la balance commerciale entre l'importation et l'exportation des marchandises. Le déficit sera autour des services qui torcheront entre 4 et 5 milliards de dollars et dont les réserves de la Banque centrale qui avoisine les 190 milliards de dollars pourront faire face à cette éventualité. Ce qui nous laisse dire qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter. La solution ? Il s'agit de puiser dans le fonds de régulation dans le cas où l'Etat réalise des dépenses. Ce qui laisse une grande marge de manœuvre au gouvernement pour maintenir le rythme de la dépense sans qu'il soit augmenté dans le très court terme, sachant que les réserves détenues au niveau de la Banque centrale permettent à l'économie de fonctionner au moins pendant 3 ans sans aucune recette. Les soldes au niveau du fonds de régulation permettent aussi d'équilibrer le budget sur une période au moins de quatre ans. A qui profite la baisse du baril ? Les premiers qui vont bénéficier de cette chute sont les intervenants financiers au niveau du marché du pétrole. Ce marché représente pour l'année 2014 plus de 3 200 milliards de dollars. Les interventions en matière de prix de risques dans les produits dérivés représentent 15 milliards de dollars. Si on fait le total de ces interventions, on peut encaisser dans cette chute du pé-trole plus de 2 000 milliards de dollars. Ce qui laisse entendre qu'il y a une inteligencia qui influe sur les cours des prix et utilise un lobbying pour maintenir cette tendance et pour preuve l'oléoduc allant des Etats-Unis pour raffinage au Canada qui est toujours bloqué par les républicains. D'autant plus que les Etats-Unis, à ce jour, interdisent l'exportation du pétrole à cause d'un lobbying financier. S. L. * Expert en économie «Ce n'est pas la crise de 2006 !» L'expert, M'hamed Hamidouche, a expliqué qu'«en 2008, le baril a atteint un prix de 36 dollars à cause du risque systématique enclenché par la faillite des grandes banques aux Etats- Unis, qui devaient entraîner des grandes pertes à d'autres banques à l'échelle mondiale». Ce qui a nécessité une intervention de la Banque Centrale américaine et du Trésor américain durant la période Kennedy. Aujourd'hui ce n'est pas le cas, a-t-il conclu !